mis à jour le

Idrissa Seck à Paris : ''Je n'ai pas voté pour Macky Sall, c'est ma parole que j'ai honorée''

''Quand j'ai été invité par Macky Sall à rejoindre cette coalition (Benno Bokk Yaakar), je lui ai dit des choses très claires, simples et très véridiques. Un, le soutien que je t'ai apporté au deuxième tour de l'élection présidentiel ne génère de ta part vis-à-vis de moi ni dette ni obligation. Tu ne me dois rien puisque ce n'est pas toi que j'ai soutenu, c'est la parole que j'ai honorée. J'avais dit que je soutiendrai le candidat de l'opposition le mieux placé pour faire partir Wade. C'est ça que j'ai fait. Point final. Ce candidat se serait appelé Tanor Dieng, je l'aurais fait, qu'il se serait appelé Niasse, je l'aurais fait. Il se trouve qu'il s'est appelé Maky Sall, je l'ai fais.
Une fois élu, il m'a invité à travailler avec lui au gouvernement, à l'Assemblée nationale, etc. Je lui ai dit : « je vais venir dans la coalition pour deux raisons. D'abord parce que nous sortons d'un traumatisme assez grave à l'occasion du combat pour le départ de Wade. Il y a eu même des morts dans ce combat. Donc le Sénégal a besoin de repos par rapport à ce traumatisme-là. Deuxièmement, la sous-région n'est pas tranquille, n'est pas calme. Il y a des terroristes par là, des narco-trafiquants par ci. Il y a des conflits au Mali, en Guinée-Bissau. La réconciliation en Côte d'Ivoire n'est pas parachevée. Donc la classe politique sénégalaise a une responsabilité particulière de préserver un climat de sérénité et de tranquillité qui permette à la nouvelle équipe au pouvoir de s'attaquer aux vrais sujets : trouver des emplois aux jeunes, mettre fin aux délestages, résoudre les inondations, etc. Mais cela nécessite un climat de tranquillité et de paix. On ne peut pas s'attaquer à ces vrais chantiers en passant son temps à se quereller.
Je lui ai dit que personnellement, je ne peux pas être dans ton gouvernement. Je ne peux être ni ton ministre, ni ton ministre d'Etat, ni ton premier ministre pour une raison personnelle : il faut que je tire quand même enseignement de ce qui m'est arrivé avec Wade auprès de qui j'ai tout investi. Ça ne l'a pas empêché de me faire tout ce qu'il m'a fait. Ce que j'en tire, c'est que j'accepterai en politique comme patron que le peuple sénégalais. Ce qui limite les stations que je puisse occuper à quatre : conseiller municipal, conseiller régional, député ou président de la république. Je n'ai pas dit encore laquelle je préfère.
En tout cas, pour 2014, je me prépare à occuper le poste de conseiller municipal au niveau de ma ville de Thiès et de conseiller régional au niveau de ma région de Thiès. Je lui ai dit que le président de la république n'est pas une fonction collégiale. C'est une fonction qu'un individu exerce : il assume ; malgré les consultations et les avis qu'il reçoit, il décide seul. Donc vous avez la latitude de me consulter ou pas. Une fois que vous avez consulté et que je vous ai donné mon avis, d'en tenir compte ou pas. Dans les quatre cas, je ne m'en offusque pas. Mais vous n'obtiendrez pas de moi que des avis de ce que je pense, moi. Je ne vais pas essayer de rêver à ce qui vous ferez plaisir, non. Je vous dirai ce que je pense, moi. Si ça vous enchante, c'est ce que vous entendrez, si ça ne vous enchante pas, ce sera pareil, c'est ce que vous entendrez de moi. C'est comme ça que j'ai vécu avec Wade, c'est comme ça que je vais faire avec vous parce qu'aucun d'entre vous n'est plus digne de mon respect et de ma crainte que mon propre créateur qui me prescrit de ne pas mêler le faux à la vérité, de ne pas cacher sciemment la vérité alors que je sais. C'est une démarche simple, calme. Il n'y a pas de conflit dedans, il n'y a pas de tensions (...)'''.

''BBY ne marche pas, la faute à son président''

''La coalition ne marche pas parce qu'elle ne se réunit pas. La faute à son président (Macky Sall, Ndlr). Peut-être que le jour où on réunira les instances, les questions seront abordées et dépassées. Bien évidemment certains se sont dit que je devrais dire tout ce que j'ai dit dans le secret du bureau, etc. Mais encore faudrait-il qu'il y ait une instance pour le faire. Il n'y avait que deux endroits : soit la réunion des conférences des leaders, il n'y en a pas. Soit l'accès au président, c'est fermé depuis que son directeur de cabinet s'est autorisé de nous traiter presque de n'importe quoi, disant « moutt mba mott », une expression d'une discourtoisie inqualifiable, en tout cas qu'un libéral ne saurait tolérer. Alors j'ai pris mon téléphone pour dire au président : « est-ce que ce Monsieur là a dit vous engage ou pas ? ». Il n'a pas répondu à cet appel là. Et je n'ai pas rappelé. Voilà cet accès-là n'est pas disponible.
Alors arrive l'anniversaire de l'accession au pouvoir, la coalition ne s'est pas réunie, même pour dire à la coalition : merci, nous venons de faire un an, venez prendre un café, organisons-nous pour voir comment gérer cet anniversaire qui a fait quand même un an. Tout cela n'a pas eu lieu. Mais est-ce qu'on peut s'imaginer qu'un moment de grande écoute soit ratée par un politique comme moi ? Jamais ! S'imaginer ça, c'est manquer singulièrement de sens politique. Donc bien évidemment, comme c'est un moment de très grande écoute, j'en ai profité pour délivrer le message qui était d'abord destiner à me réconcilier avec le peuple sénégalais (...)''.
REWMI.COM/Boubacar Sidy DIALLO, Correspondant à Paris

Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye 

Paris

AFP

COP22: négociations sur l'application de l'accord de Paris

COP22: négociations sur l'application de l'accord de Paris

AFP

COP22: une nouvelle marche pour le climat à gravir à Marrakech

COP22: une nouvelle marche pour le climat à gravir à Marrakech

AFP

RD Congo: Kinshasa accuse Paris d'"encourager les extrémistes"

RD Congo: Kinshasa accuse Paris d'"encourager les extrémistes"

vote

AFP

Présidentielle au Gabon: polémique autour du vote des forces de sécurité

Présidentielle au Gabon: polémique autour du vote des forces de sécurité

AFP

Tunisie: avant le vote du Parlement, le gouvernement d'union appelle

Tunisie: avant le vote du Parlement, le gouvernement d'union appelle

AFP

Angola: vote d'une nouvelle loi controversée sur les médias

Angola: vote d'une nouvelle loi controversée sur les médias

parole

AFP

Tunisie: la parole de nouveau aux victimes de la dictature

Tunisie: la parole de nouveau aux victimes de la dictature

AFP

A Cannes, un documentaire poignant donne la parole aux victimes d'Hissène Habré

A Cannes, un documentaire poignant donne la parole aux victimes d'Hissène Habré

AFP

CPI: la parole est

CPI: la parole est