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Vote des Burkinabè de l'étranger en 2015 : Ils ne se font plus d'illusions

Le vote des Burkinabè de l'étranger en 2015 figurait en bonne place sur la liste des réformes politiques phares préconisées en juillet 2011 par le CCRP (Conseil consultatif sur les réformes politiques) et confirmées quelques mois plus tard aux Assises nationales. Près de deux ans après son adoption, la mesure, s'elle n'est pas abandonnée, a encore du mal à être mise en route, alors que 2015 avance à grand pas. Mais, qu'en pensent les premiers concernés, nos compatriotes vivant à l'extérieur ? Nous avons posé la question à quelques-uns d'entre eux, dans le cadre d'un micro-trottoir via Internet sur la question. Le moins que l'on puisse dire de leurs réactions, c'est qu'ils ne se font plus d'illusions quant au respect de l'échéance de 2015.

Igor L. Bado, Burkinabè des Etats-Unis d'Amérique : « Cela n'est pas possible en 2015 »

Pour moi, permettre à la diaspora burkinabè de voter est faisable mais cela n'est pas possible en 2015. Bien qu'il y ait eu beaucoup d'amélioration dans l'organisation des élections avec la biométrie, le taux de fraude électorale semble toujours considérable. Il serait donc plus sage de résoudre ces problèmes internes avant de s'aventurer sur d'autres horizons. Voter est un droit pour tout burkinabè, mais les moyens logistiques et techniques doivent être pris en compte afin de l'appliquer de manière saine.

B. Ahmed, Burkinabè de France : « 2015 n'est pas une échéance raisonnable »

C'est un devoir de citoyen et ce type de vote est déjà une réalité pour un certain nombre de pays. Néanmoins, je me demande (dans le cas où cela ferait basculer un scrutin) si ce n'est pas un peu ingrat, car ceux qui résident à l'étranger ne vivent pas les mêmes réalités politiques, économiques et sociales que ceux qui sont au pays. C'est vrai qu'on peut aussi avoir l'effet contraire car nous connaissons d'autres réalités et d'autres démocraties. Tout le problème, à mon sens, c'est de savoir si les Burkinabé de l'étranger voteront "utile". Pour une question de sécurité, de transparence et de fiabilité, je pense que 2015 n'est pas une échéance raisonnable. Parce qu'il y a beaucoup de travail en amont avant d'arriver à la phase du vote. Les esprits machiavéliques pourraient profiter de cette opportunité pour "bourrer" les urnes. N'oublions pas que 2015 est une élection présidentielle (et le changement d'un régime), nous ne pouvons pas nous permettre que cette phase de notre histoire soit entachée d'irrégularités. Tirons des leçons de ce qui s'est passé ailleurs. Nous dévons prendre l'exemple sur certains pays pionniers dans ce domaine. Il faut tester le vote des Burkinabé de l'étranger dans d'autres types de scrutins, corriger les éventuelles lacunes et arriver à chiffrer le nombre d'électeurs par pays. Il faut de la sécurité, de la transparence de la fiabilité pour que ce vote soit crédible. La CENI ne doit en aucun cas mettre la charrue avant les b½ufs.

Basile Bodjon, Burkinabè de l'Ile Maurice : « Si la CENI n'est pas prête, il vaudrait mieux attendre »

Je trouve que la prise en compte des voix des Burkinabè de l'Etranger est une excellente idée qui tarde à se concrétiser. C'est un élément très important qui permet à ces burkinabè de se sentir pris en compte dans le choix des différents élus de la nation. Etant loin de mon pays, j'ignore vraiment le travail abattu sur le terrain par la CENI pour que ce vote soit une réalité en 2015. Il peut être effectif si la CENI est prête. J'imagine bien qu'il ne peut dans un premier temps concerner tous les Burkinabè de l'Etranger dans tous les pays ; mais au moins ce sera un bon début et un motif de satisfaction. S'il n'y a pas eu de travail préparatoire, alors il vaudrait mieux attendre et mieux se préparer afin que ce vote soit vraiment une réussite et que nous ne soyons pas la risée du monde.

Mamounatou Batoé, Burkinabè de France : « Je ne suis pas pessimiste mais bon... on verra »

Le vote des Burkinabé de l'étranger est une bonne initiative du gouvernement. Vouloir nous intégrer dans la vie du pays est super. Mais, réaliser ce projet du vote des Burkinabè de l'extérieur en 2015 est un sacré défi. Car, les dirigeants, généralement, tiennent des propos, prennent des décisions et après ils ont tendance à oublier leurs engagements. Je ne suis pas pessimiste mais bon.... on verra.

Propos recueillis par Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

Le Faso

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