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Aciérie : Sonasid diversifie ses sources d’approvisionnement en ferraille

La filiale sidérurgie de la SNI, Sonasid, part en quête de nouvelles sources d'approvisionnement en ferraille, particulièrement par le démantèlement de navires industriels en fin de vie. 

 

En la matière, la Sonasid vient de réussir une première expérience qualifiée de pilote, avec le Remora, un bateau long de 150 mètres immobilisé au port de Dakhla depuis 2008. Cette situation a bloqué la moitié du quai portuaire depuis plus de cinq ans.

Après toutes ces années, il fallait s'en débarrasser. Sonasid, leader sidérurgique national, s'est alors présentée pour le racheter aux enchères en mai 2012 et le remorquer jusqu’au port de Jorf Lasfar à El Jadida. Après une semaine de navigation, et pour un coût d'1 million de dirhams, le navire est passé à l'étape du découpage pour recycler l'acier qu'il contenait. Une équipe de près de 30 personnes à temps plein a été mobilisée durant toute la période de découpage au port de Jorf Lasfar. Trois mois d'efforts ont été nécessaires pour démonter un géant d'acier par blocs de 15 tonnes. Ces blocs d'aciers ont été ensuite acheminés jusqu'au site de Sonasid à Jorf Lasfar pour être redimensionnés par oxycoupage, puis transportés dans le parc à ferraille et introduits dans le four de l'aciérie pour fusion. Près de 1700 tonnes de ferrailles de bonne qualité ont pu être recyclées pour produire son équivalent en acier liquide. Mais avant son remorquage, le Remora a été dans un premier temps vidé de tout son fuel, qui a été recyclé dans le four du laminoir de Jorf Lasfar. Toutes les ouvertures du bateau ont été ensuite colmatées pour éviter toute entrée d'eau et les éléments mobiles fixés pour stabiliser et sécuriser le navire pendant son remorquage. Et le Remora a pris le large après une opération dite de toilettage qui a été auditée par un cabinet de contrôle spécialisé.

Au Maroc, de nombreux ports du Royaume souhaitent se débarrasser des bateaux saisis ou mis hors d'activité. Auprès des professionnels, tous ces navires peuvent présenter une source alternative de ferraille à coûts optimisés. Cette même source est également en mesure d'assurer un approvisionnement sur le marché local permettant ainsi de limiter le recours à l'import : ''De plus, la sidérurgie est une industrie qui présente l'avantage de produire un matériau qui se recycle indéfiniment, et l'acier récupéré des épaves de bateaux est directement réintroduit dans le cycle de production, ce qui contribue à nettoyer les côtes marocaines, sécuriser la navigation maritime et préserver l'environnement marin'', dit-on auprès de la Sonasid.

Au Maroc, 35% de l'apport en ferraille est assuré localement alors que 65% est importé. Pour Sonasid, la ferraille locale est légère et nécessite ainsi une préparation pour un meilleur rendement de l'aciérie. La société a donc décidé d'investir dans un broyeur de ferraille pour une enveloppe budgétaire de 125 millions de dhs, une capacité nominale de 300 000 t/an et un débit de broyage de 80 à 100 t/h.

H.Z

 

La Nouvelle Tribune

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