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Affaire MINURSO : Tout reprendre à zéro !!!

Le boulet du canon est passé bien près de nos têtes, cette fois-ci et il faut, dès à présent, déterminer les causes et évaluer les conséquences de la « grosse frayeur » infligée à tous les Marocains par la volonté américaine, aujourd'hui avortée certes, d'étendre au domaine des Droits de l'homme le mandat de la MINURSO au Sahara occidental marocain. 

Washington a renoncé in extremis à cette idée, largement inspirée par les rapports de l'ONG dirigée de Boston par Mme Kerry Kennedy et qu'on présentait comme ouvertement soutenue par l'ambassadeure américaine à l'ONU, Susan Rice et le nouveau boss du State Department, John Kerry.

Il aura fallu, outre la réticence avérée de la France, de l'Espagne, de la Russie et la médiation d'autres « amis » plus discrets (…), que l'affaire remonte à Obama lui-même pour arrêter net cette offensive anti-marocaine initiée par certains cercles proches des milieux dirigeants chez l'Oncle Sam.

Pourtant, on savait pertinemment à Rabat que l'Administration démocrate était largement sollicitée depuis de longs mois sur cette question par l'Algérie et les nombreux et efficaces lobbies qu'elle actionne aussi bien sur les rives du Potomac que celles de l'Hudson River !

D'ailleurs, c'est beaucoup plus du fait d'interventions aussi discrètes qu'efficaces que du battage politico-médiatique organisé au Maroc, sur fond d'unanimité nationale, que le projet de motion américain a été retiré le jour même du début de la discussion devant le Conseil de Sécurité de l'ONU du renouvellement du mandat de la MINURSO.

Un compromis aurait été trouvé entre le représentant du Royaume, M. Louchliki, et son homologue, Mme Rice, confiant au Haut Commissariat aux Réfugiés, HCR, la responsabilité de la gestion des Droits de l'Homme, aussi bien dans les provinces du Wadi Eddahab et de Sakiat Al Hamra que dans les camps de Tindouf.

 

Finie la stratégie de papa !

 

Ce que l'on doit donc se dire, désormais, c'est que le Maroc dispose de quelques mois pour mettre en place, avec diligence et célérité, une nouvelle approche de notre politique « saharienne », non seulement en termes de communication sur les immenses efforts et investissements consentis depuis 1975 dans les provinces du Sud, mais aussi en termes de gouvernance publique, de valorisation des ressources et potentialités humaines, de relation entre l'Administration et nos concitoyens sahraouis.

C'est ainsi que des vérités doivent être reconnues et affirmées haut et fort, afin que les ONG, les lobbies, les milieux qui tentent depuis des décennies, avec parfois quelque succès, de projeter une image négative sur le quotidien au Sahara occidental marocain, soient démentis dans les faits, en toute transparence et en plein respect des libertés, publiques et individuelles.

Le Maroc, autorités, classe politique, société civile, doivent comprendre et accepter que les vieilles méthodes, les perceptions essentiellement sécuritaires (la politique Basri), voire l'utilisation chaque fois renouvelée de la recette « unanimité nationale » appliquée depuis le lancement de la Marche Verte en 1975, ne sont plus vraiment de mise aujourd'hui. Désormais, la stratégie marocaine doit être offensive, délibérée, décomplexée, orientée vers les milieux internationaux qui, dans un contexte où les armes de la persuasion sont faites essentiellement de communication intelligente, ciblée, crédible et mûrement élaborée, sont « travaillés au corps », par les agents (grassement rétribués) de l'Algérie, ces lobbies que la Loi américaine reconnaît et encourage, et qui oeuvrent aussi bien dans les couloirs du Congrès américain qu'aux environs de la First Avenue à New York…

Mieux encore, la démarche du Royaume, qui s'appuie certes sur un dossier irréfutable aux plans historique et juridique, doit s'articuler à partir d'une évidence qui est cardinale pour les politiciens et diplomates US, celle du parti pris délibéré et affirmé pour les «grandes causes liées à la décolonisation» parce que les Etats-Unis d'Amérique furent la première expérience d'affranchissement du colonialisme (envers la Couronne britannique en 1776). Elle doit également prendre en compte qu'avant même l'entrée en guerre de l'Amérique, fut édictée la Charte de l'Atlantique en août 1941 par le Président Franklin Roosevelt, qui établissait le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et à choisir librement la forme de leur gouvernement.

Enfin, dernier élément, la puissance au Congrès et à la Maison Blanche d'un groupe de sénateurs, de représentants et de hauts fonctionnaires d'origine afro-américaine, le    « Black Caucus » qui développe une sensibilité particulière aux questions de décolonisation en Afrique.

KERRY-KENNEDY-30-aout-2012

Mme Kerry Kennedy 

Si ces éléments avaient été intégrés dès la première élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis en novembre 2007, si on avait dès lors réfléchi à une stratégie propre à l'information et la sensibilisation de l'Administration démocrate, ni Mme Kerry Kennedy dont la famille a largement contribué à la victoire d'Obama, ni la cinquième colonne du Polisario présente à Laayoune, n'auraient pu agir aussi activement contre le Maroc, son peuple et nos droits inaliénables à l'unité nationale et au respect de notre intégrité territoriale.

Aminatou Haïdar et sa fameuse grève de la faim bidon à Las Palmas, la tragédie de Gdim Izzik, les visites impromptues et non souhaitées de parlementaires, de journalistes ou d'ONG par principe hostiles à notre juste cause n'auraient jamais eu les effets médiatiques que l'on connait si, face à ces desseins et manoeuvres, le Maroc avait eu une contre stratégie faite d'anticipation et d'information exhaustive, appuyée par les réalisations incontestables opérées dans les champs éducationnel, sanitaire, infrastructurel, humain, social et autres depuis quatre décennies.

 

Errare humanum est, sed…

 

En comptant sur des soi-disant élites locales passablement décrédibilisées par leur soif de richesses, de prébendes, d'avantages et de passe-droits, en magnifiant le seul aspect sécuritaire, en « éloignant dans le Sud » des fonctionnaires peu motivés ou peu performants, on a ainsi favorisé au sein des populations locale la désillusion, la frustration, la rage envers les nantis, que les cellules clandestines du Polisario ont pu exploiter à leur avantage.

United Nations Security Council Meets To Discuss North Korea's Recent Rocket Launch Attempt

Madame Susan Rice

En confiant la responsabilité de la réflexion sur les stratégies extérieures du Royaume à des think tanks juvéniles, inexpérimentés, mais « pistonnés » au plus haut niveau, en dormant sur nos lauriers, forts de certitude pourtant dépassées, on en est ainsi arrivé à cette crise qui aurait pu avoir des conséquences majeures sur l'avenir de nos provinces du Sud, alors que le projet de motion présenté par les Etats-Unis aurait eu pour origine, selon certaines informations dignes de foi, la démarche conjointe de Kerry Kennedy et d'une assistante de Mme Susan Rice, profitant d'un congé de l'ambassadeure américaine à l'ONU !

Depuis février 2011, le Conseil Economique Social et Environnemental, CESE, produit des études, des rapports et des propositions aussi honnêtes que positifs, comme son récent travail sur les Provinces du Sud.

La société civile regorge de compétences intellectuelles (universitaires notamment) aptes à participer à une réflexion stratégique sur la conduite de la politique extérieure du Royaume en liaison avec la Cause nationale.

La presse nationale et la représentation parlementaire disposent également de quelques individualités à même d'offrir leur savoir-faire et leur expérience…

Mais tout ce gisement de potentialités est inexploité, délaissé, ignoré, sans que l'on comprenne vraiment pourquoi.

La politique de défense des acquis inaliénables du peuple marocain a besoin d'être revue et corrigée, en profondeur. Cela ne saurait se faire sans une autocritique aussi nécessaire que courageuse.

En comprenant qu'il ne suffit pas de s'affubler du prénom d'un virtuose de la « Grande Musique » occidentale pour en avoir le génie, on mesurera certainement mieux les enjeux et les défis qui se présentent au Royaume et à la défense de ses intérêts légitimes.

 

Fahd YATA

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