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Hichem Aboud : La presse a été envahie par les maquignons

Hichem Aboud, directeur du quotidien Mon Journal, a indiqué, lors de son passage aux Rencontres d'El Watan, qu'il avait été victime de plusieurs intimidations durant sa carrière avant d'opter pour un exil en France qui a duré 18 ans. «Mon ton libre les gênait, ma manière d'écrire, ma manière de voir les choses. Je garde aujourd'hui le même ton, le même style, je ne peux pas changer. J'ai été contraint à l'exil, car on a menacé mon intégrité physique. Le système s'est ligué contre moi. Mais moi, je ne me laisse pas faire, je suis Chaoui», a-t-il déclaré. Hichem Aboud a fondé, il y a une année, le quotidien Mon Journal. Il indique que «cela n'a pas été facile» pour lui. «Aujourd'hui, on donne de agréments à des maquignons. Je prépare un dossier sur la presse algérienne. Des journalistes se baladent avec des statuts d'entreprises. Pour obtenir l'agrément, j'ai déposé ma demande en février 2012, par l'intermédiaire de mon avocat, au tribunal de Hussein Dey. Mais on nous a dit qu'il fallait passer par l'autorité de régulation de la presse écrite, qui n'existe pas encore. Je suis allé voir le ministre de l'époque, Nacer Mehal. Il m'a très bien reçu. Un ministre journaliste, ça fait plaisir ! J'ai expliqué à Mehal qu'il y avait un vide, d'autant plus que les textes d'application sont également inexistants. On m'a donc donné un agrément provisoire pour une année, daté du 5 juin 2012.» Hichem Aboud pense que «le problème n'est pas dans l'obtention d'un agrément. Il faut se faire une place dans cette jungle de titres qui viennent fausser le jeu par leur nombre. Les pouvoirs publics font tout pour que la presse soit entre les mains de maquignons, pour que la presse ne puisse pas exercer le travail qui lui sied. C'est plus qu'une pollution médiatique. Un autre problème réside au niveau de la diffusion, car les distributeurs se sont habitués à ne pas rendre de comptes aux patrons de journaux. Les maquignons ne s'intéressent qu'aux pages délivrées par l'ANEP». Dans la foulée, il explique que «les autorités demandent de déposer un cautionnement de 250 millions par titre dans les quatre régions, soit un milliard de centimes». «Si un journaliste veut créer un quotidien, le premier obstacle est l'argent. Vous êtes obligés d'aller voir un maquignon. Moi je ne l'ai pas fait. Mon entreprise porte mon nom : Aboud Info. Je n'ai aucun associé. Je ne suis redevable à personne. J'ai dû batailler pour avoir l'agrément. Pourquoi les gens me posent la question, alors que j'ai 38 ans d'expérience dans la presse. Il faudrait interroger les maquignons. Pourquoi Hichem n'a pas droit à une page de pub ? Je l'ai obtenue et je vais arracher la deuxième. Je n'ai pas quatre chats, le monteur de pages gagne à lui seul 80 000 DA. Mes journalistes ont tous un contrat de travail. Je n'ai pas créé une entreprise de presse à 100 000 DA. Mon journal a été crée à 2 millions de dinars», poursuit-il. Et d'ajouter : «En tant que journaliste, il donne l'info seulement pour protéger l'outil de travail.» «J'emploie 160 salariés dans les deux éditons. Mais je ne veux pas être prisonnier d'un annonceur, quitte à fermer», précise-t-il. Hichem Aboud pense que «la presse algérienne manque de courage» et affirme qu'«hormis les premiers quotidiens créés par les gens du métier, les autres sont tous des beggara». Il répond à ses détracteurs : «Des gens qui n'ont pas parlé toute leur vie, pour eux, je ne dois pas rentrer en Algérie. Après 15 ans d'exil, je n'ai pas pu assister à l'enterrement de mon père, alors que je suis fils unique. Ni moi, ni ma femme, ni mes enfants n'ont demandé la nationalité française, alors qu'eux courent derrière. Pour ces gens, je dois aller en prison. Ils n'ont pas le courage. Ce sont des poltrons. Des petites fripouilles. Ils n'ont pas le courage d'écrire sous leurs noms pour m'insulter.» Concernant les pratiques du système contre la presse, Aboud pense que «les pressions ne sont plus vulgaires. Auparavant, des inspecteurs enlevaient des pans entiers du journal. Avant, on mettait des journalistes en cellule rien que pour une information. Les réflexes ont changé présentement. Il y a une évolution, mais pas dans le sens que nous souhaitons. Ce n'est pas au nom de la liberté de la presse qu'il faut donner des agréments à tout le monde».

El Watan

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Hichem

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