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USFP : Une énième scission menace !

Le constat a été, quelque part, prévisible. En effet, depuis l'arrivée de Driss Lachgar à la tête de l'USFP en Décembre dernier, les Ittihadis vivent dans la polémique. L'élection d'un nouveau BP et celle des 300 membres de la Commission Administrative n'a pas non plus été en mesure de calmer les esprits. Les absences des instances dirigeantes, des cadres les plus brillants et les plus dynamiques de l'USFP, notamment Ahmed Réda Chami, Ahmed Zaidi, Abdelhadi Kheirat, Mohamed Ameur, Jamal Rhmani, Hassan Tareq, Abdelali Doumou, et Mohamed Azzouz (SG du FDT, l'aile syndicale de l'USFP), et de la parlementaire Rachida Benmassoud, n'ont pas manqué de compliquer la situation d'une formation appelée à redorer le blason ittihadi dans un contexte socio-économique et politique difficile. L'absence également des vétérans et autres ténors du parti, en l'occurrence Oualalou, El Yazghi, Abdelwahed Radi, Larbi Ajjoul, Mohamed Achâari, Latifa J'babdi et consorts, pourrait, selon certains analystes, affecter la combativité du parti face à ses rivaux nombreux et expérimentés. Et ce n'est pas fini ! Au Parlement cette fois-ci, les députés pro-Zaidi, candidat malheureux au poste de Premier Secrétaire, ne cessent de rappeler à leur premier secrétaire qu'ils ne sont en aucun cas prêts à jouer son jeu au niveau du Parlement. Sans équivoque, ils avancent qu'ils n'accepteront jamais d'être instrumentalisés pour le compte de quiconque, particulièrement à travers le soutien du Premier Secrétaire au PAM et à Hamid Chabat dans leur bataille contre le gouvernement conduit par le PJD. Ces derniers, en majorité des pro-Zaidi, président du groupe parlementaire socialiste, ne cessent d'exprimer leur grand attachement à leur groupe parlementaire présidé par Ahmed Zaidi, alors que d'autres députés ittihadis, peu nombreux tout de même, continuent de pointer du doigt ce qu'ils qualifient de mainmise des pro-Zaidi sur l'action parlementaire socialiste.

Réunis vendredi dernier à Casablanca, les Ittihadis pro-Zaidi se sont constitués en mouvement de redressement. Supervisé par Ahmed Réda Chami, ce mouvement ambitionne de corriger ce qu’il considère comme étant “une confiscation du droit des IItihadis de choisir leurs instances décisionnelles et exécutives, en conformité avec la démocratie interne pour laquelle ils ont tant milité”. Et de souligner “la nécessité d’½uvrer de l’intérieur de l’USFP pour construire un courant clair au sein de cette formation, à l’instar de ce qui se passe dans de nombreux partis, courant qui est porteur d’un projet clair dont les esquisses ont été tracées avant la tenue du dernier congrès”.

Dans sa réponse, le Premier Secrétaire Driss Lachgar a affirmé que la légitimité démocratique émanant de la volonté de la base est l’unique moyen de prendre des décisions et d'accéder à des responsabilités au sein du parti. “Cette légitimité démocratique n’est pas seulement un slogan, mais plutôt une approche, une attitude et un engagement”, insiste-t-il, précisant que cette approche “exige également l’adhésion individuelle et collective aux décisions des partis qui se prévalent de leur légitimité et le recours en appel devant les institutions compétentes en cas de différend”. Il a incité les membres du parti à s’imprégner des valeurs de tolérance, de respect de la différence des avis et de la vie privée, de la dignité et du dialogue, appelant dans ce sens à l’élaboration d’une charte d’éthique qui sera pour tout militant une référence en matière de comportement et de professionnalisme. Il a conclu en avançant que le “diagnostic” de la situation actuelle de l’organisation de l’USFP a conduit à la redéfinition des principes fondateurs de l’organisation du parti à plusieurs niveaux, notamment la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la décentralisation, l’institutionnalisation et la réglementation, la légitimité démocratique, la reddition des comptes, la gestion démocratique du quota, la moralisation, la formation et la solidarité.

Autrement dit, le fossé se creuse entre les pro-Zaidi et Driss Lachgar. Dès lors on peut en déduire sans risque de se tromper que l'USFP ne manquera certainement pas de s'affaiblir davantage en la matière, annonçant ainsi les prémices d'une crise profonde en mesure de déboucher sur énième scission de la principale force politique de gauche, peut-être cette fois-ci fatale pour le parti d'Abderrahim Bouâbid. A suivre.

H.Z

 

La Nouvelle Tribune

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