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Mahmoud Baroudi : « Baroud » d’honneur ?

Par Ridha Ben Kacem

En politique, plus qu'en n'importe quelle autre activité humaine, ce n'est pas celui qui crée l'événement qui en profite, forcément. Mi-figue, mi-raisin, Mongi Rahoui vient d'en faire l'expérience. C'est, en effet, lui qui a levé le lièvre du gargantuesque appétit de nos élus, à l'ANC, mais c'est Mahmoudi Baroudi qui en a tiré bénéfice, en transformant, magistralement, l'essai. Bravo à l'un et à l'autre, surtout au premier dont l'action d'éclat nous a fait « découvrir » (en s'en doutait, déjà), que l'hémicycle, à défaut d'abriter des Saints-maritains et des samaritaines, est peuplé de sangsues ou de chauves souris, si elles viennent à tire d'aile, de l'étranger, qui prospèrent en sirotant le sang ponctionné d'un peuple déjà exsangue.

Dans une déclaration faite à la radio Mosaïque FM, Mahmoud Baroudi, l'inventeur du fil à couper le beurre des élus, a affirmé avoir décidé, en son âme et conscience, de renoncer, définitivement, à tout salaire, prime ou rémunération de la Constituante. Il a déclaré, texto, à ce propos : « En effet, il y a eu des dépassements et le citoyen se sent opprimé »,doux euphémisme pour évoquer le ras-le-bol généralisé. Il a ajouté: «Sans chercher le populisme, (ah bon ! C'est, donc, de l'intellectualisme que de renoncer à de l'argent si peu mérité et, si facilement bradé, par les uns et autant facilement gagné par les autres ?),réellement, la rue commence à se poser plein de questions! On me demande comment, nous les élus, à l’ANC, qui sommes déjà bien payés, pouvons réclamer des augmentations, alors que le peuple souffre de précarité? ».Remarquez que moi, je ne lui ai jamais posé cette question, car j'en ai une autre, et, même, plusieurs, à lui soumettre. J'y reviendrai, un jour ou l'autre. Probablement, l'autre, tout bien réfléchi.

C'est un parcours philosophique bien commun et balisé, qu'en constatant la misère des autres, on en vient à découvrir la Morale. Mahmoud Baroudi n'échappe pas à cette logique, puisqu'il affirme : « Il s’agit d’une question de moralité et de confiance! C'est pourquoi j’ai décidé de ne plus accepter aucune rémunération, ni primes et ce, jusqu’à la fin des travaux de l’ANC. Je suis, désormais, bénévole et je continue mon travail, tout en espérant ne pas décevoir le peuple. J’estime ne plus pouvoir me permettre d’être indifférent »,s'il est, désormais, bénévole, Mahmoud Baroudi, n'en continue pas moins d'être membre de l'ANC dont l'appellation changera, sitôt que le quorum des deux tiers d'élus, bénévoles, sera atteint. La nouvelle appellation est d'ores et, déjà, connue : Association Nationale des Cons.

Sur sa page facebook, Mahmoud Baroudi a précisé sa pensée. Il indique qu'il reversera, intégralement, ses primes et salaire, de député, au profit des familles des martyrs de la Révolution. Une décision qui sera appliquée dès ce lundi 22 avril. On ne sait ce que cache cette date du 22 avril. S'agit-il de se faire sucrer, jusqu'à cette date, ce qui suppose que seul l'équivalent d'une semaine de son salaire du mois d'avril qui ira à cette cause perdue de vue, depuis le 14 janvier 2011, ou si c'est l''intégralité. Mahmoud Baroudi sera, donc, le premier député bénévole de l'ANC actuelle et future appellation, ce qui risque de gêner ses collègues, actuelle appellation. En effet, et c'est là que cela devient croustillant, les élus, Mongi Rahoui et Salma Mabrouk suivront, sans doute, facilement. Le premier, pour avoir été le premier à dénoncer la voracité de l'ogre ANC et la seconde pour l'avoir, ouvertement, soutenu, sur sa page facebook, en publiant un communiqué, reproduit, intégralement, ici-bas. La réaction des 214 autres élus, on est curieux de la connaitre, enfin. Ça doit cogiter sec, sous leur plafond d'araignée et ça va jacasser encore plus haut et plus fort, sous la détestable coupole du Bardot, cet animal, à la fois, hybride et stérile.

Pour une fois que l'ANC nous offre un spectacle qui sort de l'ordinaire, l'on ne va pas se plaindre ou se priver de faire des conjectures, n'est-ce pas ? Alors allons-y. D'abord, la bonne question. Que vont faire nos « amis »,les élus d'Ennahdha ? S'ils font mine de suivre le mouvement, ils passeront pour des opportunistes et c'est tant mieux. S'ils résistent et que tous les autres basculent dans le camp des bénévoles, ils perdront le peu de popularité qui leur reste, surtout, que, maintenant, tout le monde est édifié, quant à leurs mesquines man½uvres, pour pomper le maximum de fric, et ce ne sont pas les gesticulations de Sahbi Atig qui y changeront quelque chose ni les insultes, de quelque députée, habituée, probablement, à fréquenter les charretiers, dont on s'interrogera, jusqu'à la fin des temps, sur son appartenance au sexe féminin. Nul doute que, à Londres, chez les bookmakers, les paris doivent chauffer à blanc. Donc, « let us wait and see ».

En attendant, je vous invite à mieux faire connaissance avec celui par qui le bon saint-maritain arrive, enfin. Mahoud Baroudi est jeune, puisque, né le 13 janvier 1981, à Nabeul, il n'a que de 32 ans. Lorsqu'il était plus jeune, il découvre que son père était fan invétéré de Rached Ghannouchi (tiens ?), et militant d'Ennahdha. Après des études, en France, en éco-gestion, finances et sociologie politique, il rentre en Tunisie où il travaille comme analyste financier, avant d’être limogé, pour raisons politiques. Il reste trois ans, sans emploi et sans passeport. Sur le plan politique il est très précoce. Il commence à militer en fréquentant l'UNEF et le PCF, à Paris, puis le Congrès pour la République, de Marzouki, auquel il adhère entre 2002 et 2005, avant de rejoindre le Parti démocrate progressiste (PDP) Il est élu le 23 octobre 2011, en tant que constituant représentant la circonscription de Nabeul 2 du PDP.

A l'ANC, Mahmoud Baroudi devient président de la commission des secteurs de services et membre de la commission des martyrs et blessés de la révolution et de l’amnistie, ce qui explique, sans doute, sa décision de faire bénéficier les familles des martyrs de la révolution de ses émoluments. Suite à la création du Parti républicain résultant de la fusion du PDP et d’Afek Tounes, certains militants, dont il fait partie, accusent Ahmed Néjib Chebbi et ses alliés, d’avoir accaparé une grande partie des places des comités central et exécutif, attribuées aux représentants du PDP, dont une douzaine, à la famille Chebbi. Ne vous étonnez pas, cette pratique est fort répandue, en Tunisie, depuis ZABA. Ainsi, neuf constituants, lui inclus, décident de suspendre leurs activités, dans le parti, et lancent le mouvement réformateur. Il y a, juste, un an, le 29 avril 2012, ce courant réformateur, issu du PDP, décide, lors d’un meeting, tenu à Sousse, de créer son propre parti : l’Alliance démocratique. Retenons, donc, que l'Alliance démocratique est formée de 9 dissidents du PDP, et un dissident d’Ettakatol puis du Parti républicain.

Ayant pris de l'assurance et de l'ascendant, Mahmoud Baroudi ne tardera pas à montrer de quel bois il se chauffe. Déjà, le 19 juillet 2012, il compare la Tunisie à une république bananière, après la nomination par « le président » Moncef Marzouki de Chedly Ayari, en tant que nouveau gouverneur à la tête de la Banque centrale de Tunisie, une semaine avant que le limogeage du titulaire, Mustapha Kamel Nabli, ne soit entériné par l’assemblée constituante. Mahmoud Baroudi a déclaré, à ce propos, « Il s’agit d’un décret d’un président provisoire d’une République bananière ».

Autre haut fait de Baroudi. Après la démission de Hamadi Jebali, Ali Larayedh propose à l’Alliance démocratique de rejoindre son gouvernement, en prenant en charge, les ministères du Commerce et du Tourisme. Mahmoud Baroudi décline, cependant, la proposition. Peut-être qu'il ne voulait pas percevoir une double rémunération ce qui aurait rendu, encore, plus difficile, à postériori, la décision de devenir bénévole, à vie ? Mahmoud Baroudi, explique, ainsi, son refus : « Nous avons décidé de ne pas participer, au nouveau gouvernement, vu l'existence de plusieurs points de discorde, entre l'Alliance démocratique et le président du gouvernement désigné, Ali Larayedh. L'Alliance démocratique a des réserves sur les personnes proposées à la tête des ministères de la Justice et de l'Intérieur, supposées proches du mouvement Ennahdha ».Mahmoud Baroudi a ajouté que, parmi les autres points litigieux, figure le refus de dissoudre les Ligues de Protection de la Révolution qui, a-t-il estimé, sont au service de l'agenda politique du mouvement Ennahdha et du Congrès pour la République: « Il est nécessaire de ne pas refaire les mêmes erreurs qui ont contribué à l'échec du précédent gouvernement et d'assurer la neutralité du ministère des Affaires religieuses ».Et d'ajouter : « Nous appelons le président du gouvernement désigné à assumer sa responsabilité en admettant son échec à former un gouvernement de consensus de nature à adresser un message positif aux Tunisiens ».Il a, ensuite, appelé le président provisoire de la République, à désigner une personnalité indépendante, pour former une nouvelle équipe ministérielle, conformément à l'article 19 de la loi organisant, provisoirement, les pouvoirs publics. Le président de la République ne l'entend pas, cependant, de cette oreille, ni de l'autre, d'ailleurs.

Lors de l'émission « Klam ennas » du 10 mars dernier sur Attounissia TV, Mahmoud Baroudi, a affirmé, que lorsqu'il fut invité à Dar el Dhiafa, dans le cadre des consultations, pour la composition du nouveau gouvernement, le Chef du gouvernement désigné, Ali Larayedh, était en retrait et Noureddine Bhiri, le ministre délégué, chargé des Affaires Politiques, donnait l'impression de mener le débat. A la question de savoir si Noureddine Bhiri était le ministre délégué ou le Chef du Gouvernement bis, Mahmoud Baroudi a répondu, « Probablement les deux », avant d'ajouter que Majless Echoura, l'instance suprême du mouvement Ennahdha, avait proposé Noureddine Bhiri, pour le poste du chef du gouvernement, mais qu'Ali Larayedh fut choisi, in fine, car il est« plus présentable » aux yeux des citoyens. Pauvres dupes de citoyens !

En réalité, le refus de Mahmoud Baroudi d'intégrer le gouvernement Larayedh, s'explique par le fait qu'il ne voulait pas se déjuger. En effet, en pleine crise du gouvernement Djebali, Mahmoud Baroudi a pris position en faveur de ce dernier, allant, même, jusqu'à déclarer, mardi 26 février 2013, sur les ondes de radio Shems FM, que l'Alliance démocratique sera la première, à s'allier à Hamadi Jebali, s'il crée son propre parti. Mahmoud Baroudi a estimé que Hammadi Jebali, le chef du Gouvernement sortant, pourrait réaliser un retour en force sur la scène politique, s'il quitte le Mouvement Ennahdha où il occupe le poste de secrétaire général.

Un peu avant cela, dans la matinée du 14 mars 2013, l'Assemblée nationale constituante, a connu une vraie polémique et des protestations, au démarrage de la séance plénière consacrée aux discussions autour des amendements du règlement intérieur de l'ANC. En effet, le refus de Mahmoud Baroudi de se lever, pour saluer l'hymne national, à l'issue du vote de confiance, au gouvernement d'Ali Larayedh, a été condamné par plusieurs élus, à l'ANC. Certains élus sont, même, allés, jusqu'à comparer ce geste, à l'incident du retrait du drapeau national, du haut de l’édifice de la faculté de la Manouba, en mars 2012. Ahmed Mechergui a déclaré, en effet, que « le fait de ne pas se lever lors de l'hymne national est tout aussi dangereux et inacceptable que de baisser le drapeau de la Tunisie ». Ah ces élus ! Mahmoud Baroudi a bien pris soin de préciser que son geste n'a été dénoncé que par des élus qu'il a qualifié de traitres, pour avoir voté la confiance au gouvernement de Larayedh. Finalement, un nombre très important de députés ont demandé la destitution de Mahmoud Baroudi. Pourquoi pas, son bannissement, loin de la Tunisie, dans un paradis fiscal, par exemple, ou aux Seychelles. J'espère qu'ils seront, quand même, les premiers, à suivre son exemple de bénévolat.

En conséquence de quoi, on croit savoir qu'au sein de l'Alliance Démocratique, les agissements de Mahmoud Baroudi, qui n'arrête pas de multiplier les frasques, commencent à bien faire et à agacer, et un sentiment général, de ras le bol, est devenu palpable. Maintenant que Mahmoud Baroudi est passé à l'exécution de l'ultime ( ?) étape de son PLAN EN N POINTS pour faire de lui un Héros national de premier plan, ses amis et élus de l'Alliance Démocratique, qui l'on installé, depuis longtemps, déjà, sur un siège éjectable, vont probablement, appuyer sur le bouton. Lorsqu'il sera en l'air, et avant que s'ouvre son parachute, il devra réfléchir et vite pour savoir dans quel camp il va atterrir, cette fois-ci, s'il ne veut pas devenir un terne indépendant. En attendant, je vais m'adresser, directement à lui. Savez-vous, M. Mahmoud Baroudi, que l’expression « un baroud d’honneur » signifie qu’un combat est perdu, d'avance, mais qu'on le mène, quand même pour sauver l’honneur et aller jusqu’au bout d’une cause, à laquelle, on croit. Mahmoud Baroudi, levez-vous et répondez à la question : « Croyez-vous, réellement, à la cause que vous défendez ? Et, d'abord, laquelle, car j'avoue que je ne vois pas, précisément ? »

Vous ne trouvez pas que, compte tenu de la platitude du moment, le feuilleton ANC, commence à devenir passionnant ? Si vous êtes d'accord, rejoignez-moi, pour demander que l'on abatte les murs de l'hémicycle, pour ne garder que la coupole sur piliers. L'on bâtira, dans la foulée, des gradins, façon stade olympique de Radès, tout autour du bâtiment de l'ANC et, plus loin, des guichets pour la vente des billets. Et pour corser le tout, on mettra un grillage à la place des murs abattus. Les citoyens auront, ainsi, l'occasion d'aller voir de visu, les élus affairés à leur préparer le meilleur des avenirs. Un avenir éternellement, en devenir. Je pense qu'ils paieront cher pour assister, jour après jour, aux repas pantagruéliques des élus, qui n'hésiteront pas à donner le meilleur et surtout, le pire d'eux-mêmes, si on leur assure le partage, entre eux, des recettes de la vente des billets ! Même Hollywood donnerait cher, pour venir faire son cinéma, au Bardot. Pardon, au Bardo.

Voici le texte du communiqué publié par l'élue, Salma Mabrouk, sur sa page facebook :

( Salma Hédia Mabrouk Saada, ophtalmologue, est élue ETTAKATOL, dans la circonscription de Ben Arous. Elle démissionne de son parti, le 9 octobre 2012, pour rejoindre la Voie démocratique et sociale le 25 mars 2013. )

« Je suis confuse, mal à l'aise, nauséeuse depuis trois jours, suite au scandale déclenché au sein de l'assemblée suite aux déclarations de Mongi Rahoui. Ce matin là, je n'avais pas encore eu connaissance du projet de loi qui avait été proposé à l'étude dans la commission de législation générale. J'ai donc entendu Sahbi Atig dés le début de la plénière protester contre l'article publié sur le Maghreb à propos des salaires des députés et j'étais surprise de voir ressurgir dans les médias cette question qui a déjà fait couler beaucoup d'encre auparavant.
Après avoir pris connaissance des faits, je ne peux que soutenir mon collègue Mongi et pour cause...
En effet, notre salaire depuis notre investiture le 15 novembre 2011 et qui s'élève à 2360 dinars a été augmenté suite à un arrêté du président de l'assemblée en juillet 2012, à 3500 dinars. Cette « prime de logement et de déplacements » de 1200 dinars a été justifiée par les économies réalisées sur le budget de l'assemblée par rapport aux frais d'hôtellerie des 106 députés des régions qui en bénéficiaient (qui s'élevaient à priori à 3000 dinars par mois pour chaque député !) et par les frais de déplacement pendant la semaine réservée aux régions.
Nous étions quelques députés de la région du Grand Tunis à avoir demandé à ce que cette augmentation ne nous soit pas versée. Il nous a été répondu que ce n'était pas possible de faire des exceptions.
J'ai donc reçu à l'instar de mes collègues un rappel de 8000 dinars environ (1200 dinars multiplié par 7) puis 3500 dinars par mois pendant 4 mois.
En octobre, suite à une plainte déposée par un citoyen, une décision du tribunal administratif a annulé l'arrêté en question et notre salaire est revenu à 2360 dinars depuis novembre 2012.
Cet épisode a suscité beaucoup de colère de la part des citoyens et une véritable crise de confiance envers les députés et l'institution de l'assemblée nationale.
J'ai publié alors et à l'instar d'autres députés, ma fiche de salaire dans un souci de transparence.
Nous pensions que la question était définitivement réglée...
Malheureusement, d'autres épisodes sont venus attiser de nouveau la colère et l'incompréhension de l'opinion publique.
En décembre 2012, un amendement visant à détourner cette décision de justice a été proposé de façon « peu orthodoxe » en plénière lors de l'adoption de la loi de finance. En effet cet amendement n'était pas dans la liste retenue par la commission des finances. Il a été « glissé » en fin de séance, vers minuit, après une « cour » fervente du rapporteur général auprès des députés présents. Le rapporteur de la commission Mongi Rahoui et la vice présidente du groupe démocrate ont protesté sur la non régularité de la procédure en vain. Cet article a été adopté.
Voici ce qu'a écrit Si Fadhel Moussa à ce sujet :
« Explication publiée par Fadhel Moussa élu Al Massar
La loi de finances et la rémunération des membres de l’ANC
Vendredi soir à la clôture des discussions de la loi de finances pour 2013 une proposition d’article, habilitant le président de l’ANC à accorder les salaires et les indemnités des députés dans le cadre du budget de l’ANC….a été votée. Elle a été présentée par le rapporteur général.
Cet article peut permettre la régularisation des décisions de rémunération des députés qui ont fait l’objet d’un sursis à exécution du tribunal administratif (art 40)… suivi d’une décision en référé (art 81) déboutant une seconde demande du gel des indemnités des députés qui n’annule pas l’effet de la première mais la fragilise quant au fond dans l’affaire qui est en cours.. Le moyen principal étant que le président de l’ANC n’est pas habilité à prendre de telles décisions, le règlement intérieur n’étant pas une base légale, mais il y a aussi d’autres moyens substantiels…(en résumé)
L’auteur de la proposition a expliqué que ce projet ne vise nullement une quelconque augmentation mais une régularisation procédurale accordant une base légale aux décisions du président de l’ANC en matière de rémunération des députés.
C’est ce qu’on appelle une validation législative qui peut permettre de reprendre les décisions suspendues par le TA...
Afin d'éviter toute ambiguïté 13 députés ont voté contre dont moi même pour éviter que cela ne soit compris comme un moyen qui permettra une augmentation de la rémunération.
Selma Baccar vice présidente de la kotla dimocratiya est intervenue pour expliquer ce vote et confirmer notre position de principe à ce sujet...
Il faut maintenant attendre quel effet sera donné à ce nouvel article. »
Il s'est avéré par la suite que la « validation législative » n'a pas opéré car l'article n'obéissait pas aux critères nécessaires pour cela.
Qu'à cela ne tienne ! Nous avons des « magiciens » au sein de cette assemblée qui ont plusieurs « tours de passe passe » dans leur manches.
Un article sur l'autonomie administrative et financière (à laquelle Ennahdha était opposée en début de mandat !) a de nouveau été intégré à la liste des amendements à apporter au règlement intérieur.
Il a été adopté mais il a eu le même destin que celui de décembre car le règlement intérieur n'a pas eu valeur de base juridique (suite à un amendement refusé par ...le groupe Ennahdha !).
Je rappelle qu'un autre amendement bien plus important est devenu caduc suite à cette double man½uvre. C'est celui qui devait donner à la commission du 9 avril ses prérogatives d'enquête.
Le troisième épisode de ce mauvais feuilleton n'a pas tardé à être joué.
Jeudi dernier, la commission législative générale a examiné le projet de loi « prioritaire » concernant «l'autonomie financière et administrative » de l'assemblée qui fait de MBJ l'ordonnateur des dépenses et ouvre la voie à des augmentations et des rappels.
C'est ce qui a provoqué l'indignation de Mongi Rahoui. Et sa déclaration à la presse a déclenché une avalanche de vociférations et d'insultes entre les députés...Quelle honte !
Depuis des mois (depuis la rentrée en septembre) la semaine pour les régions a été retirée de l'agenda afin d'optimiser notre rendement dans la rédaction de la constitution et les autres projets directement liés à la transition démocratique. Il n'ya plus lieu donc de prime de déplacements. Par ailleurs le salaire touché est plus que suffisant pour loger correctement pour les quelques mois qui restent, en sachant que ceux qui logeaient à l'hôtel durant la première période ont aussi bénéficié du rappel de la prime de logement. Les raisons apportées pour justifier ces primes sont finalement peu convaincantes et laissent l'esprit vagabonder vers d'autres suppositions dans cette période pré électorale...
Trop d'empressement donc pour un projet de loi alors que d'autres bien plus urgents attendent dans les tiroirs leur tour de passer en commission. Il suffit de réaliser que le projet de loi concernant les prérogatives de la commission du 9 avril prêt depuis juillet 2012, n'a été déposé que le 5 avril 2013, le jour même de notre démission de cette commission « alibi ». Ce projet là, n'a toujours pas été jugé « prioritaire » et n'a pas encore été sélectionné pour un examen en commission législative...
C'est extrêmement dur de continuer face à un comportement pareil en totale rupture avec ce que vit notre pays de souffrances et d'attentes».