mis à jour le

Ces corrupteurs qui décrochent des contrats en Algérie

SNC-Lavalin, Siemens, Alstom ou encore CSCEC, des entreprises aux noms bien connus en Algérie et qui ont largement profité de la commande publique. Des entreprises qui partagent également un autre point commun. Celles-ci, ou du moins leurs filiales, ont toutes eu maille à partir avec la Banque mondiale qui les a black-listées pour fait avéré de corruption. L'affaire la plus récente et qui a sans le plus marqué les esprits est sans doute celle liée au groupe canadien SNC-Lavalin. Impliquée dans des affaires de corruption en Algérie, en Tunisie et en Libye, la firme serait aussi mêlée à une tentative d'introduction du fils du dictateur libyen déchu, Saâd El Gueddafi, au Mexique. C'est dire le genre de firmes qui ont bénéficié des largesses du programme d'investissement public. L'augmentation des cours du pétrole, la constitution de réserves de change importantes et l'injection de plusieurs centaines milliards de dollars dans le circuit aura sans doute aiguisé les appétits. Cependant, l'Algérie a, au final, attiré des firmes sans scrupules, qui ne lésinent pas sur les pots-de-vin afin de parvenir à leurs fins. Un rapport de Transparency International publié il y a quelques mois met à l'index les entreprises et les pays les plus corrupteurs au monde. A la lecture du rapport, on se rend vite compte que l'Algérie travaille avec ces grands corrupteurs. Le cas SNC-Lavalin est donc loin d'être une exception ou un simple accident de parcours. D'autres entreprises, et non des moindres, marquées du sceau de la corruption, ont une présence active en Algérie. Aujourd'hui au c½ur de la polémique en raisons des coûts de réalisation de la centrale électrique de Terga, jugés trop élevés, la firme française Alstom a elle aussi été épinglée par la Banque mondiale en 2012. Deux filiales du groupe ont ainsi reconnu avoir commis des actes illicites dans un projet en Zambie. Alstom, qui est présent en Algérie dans les infrastructures, l'énergie et vient de lancer en partenariat une ligne de fabrication de tramway, a été radiée par la BM pour 3 ans. En 2009 c'était Siemens, présente dans le secteur algérien des télécoms ainsi que dans les transports ferroviaires notamment, a aussi été black-listée par l'institution de Bretton Woods non seulement pour un projet financé par la BM en Russie, mais aussi pour des «fautes commises par le passé dans ses activités à travers le monde» ! Le cas le plus édifiant reste néanmoins celui des entreprises chinoises. Considérées par Transparency International comme les plus corruptrices, celles-ci ont obtenu les marchés pour la réalisation de deux tronçons de l'autoroute Est-Ouest ainsi que la construction de milliers de logements depuis 2000. Déclaration de probité... pour quoi faire ? A titre d'exemple, la société chinoise publique China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) a été, en 2009, sur la liste noire de la Banque mondiale pour cause de corruption et de fraude ; elle a écopé de la «non-éligibilité pour 6 ans» aux contrats financés par l'institution. Cela n'a pourtant pas empêché l'entreprise chinoise de décrocher, deux ans plus tard, d'importants marchés de construction en Algérie. En 2011, la CSCEC avait obtenu pour près de deux milliards de dollars de contrats en Algérie. La réalisation de la Grande mosquée d'Alger permettra ainsi aux Chinois de faire un milliard de dollars de chiffre d'affaires, tandis la construction du centre international de conférences leur permettra d'engranger 688 millions de dollars. Un fait d'autant plus gravissime que la loi sur la lutte contre la corruption, entrée en vigueur en 2006, écarte de tout appel d'offres les entreprises dont la probité est mise en doute, leur fermant l'accès à la commande publique. Ainsi, une «déclaration de probité» a été intégrée aux dossiers de soumission des opérateurs désirant participer à un appel d'offres. Une déclaration qui trouve son ancrage juridique dans la loi de 2006 sur la lutte contre la corruption et par laquelle le soumissionnaire s'engage à «ne pas avoir fait l'objet, ni lui-même, ni ses employés, ni ses représentants, ni ses sous-traitants, de poursuites pour corruption ou tentative de corruption d'agents publics». Une déclaration qui l'engage aussi ne pas s'adonner à des actes de corruption, auquel cas cela conduirait à l'annulation du marché, à l'inscription sur liste noire, en plus de l'exposer à des poursuites judiciaires. Une fausse déclaration de probité exposerait également son auteur, selon les textes en vigueur, à des poursuites. Or, le cas CSCEC reflète le fait que ce genre de mesure n'est, au final, prise que pour meubler les discours se voulant fermes quant à la lutte contre la corruption...

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien 

contrats

AFP

Baisse des contrats aidés

Baisse des contrats aidés

AFP

RD Congo: Greenpeace "salue" l'annulation de contrats forestiers illégaux

RD Congo: Greenpeace "salue" l'annulation de contrats forestiers illégaux

AFP

En Egypte, le président chinois Xi Jinping signe pour 15 milliards de dollars de contrats

En Egypte, le président chinois Xi Jinping signe pour 15 milliards de dollars de contrats

Algérie

AFP

Journalistes de RFI tués au Mali: des suspects "a priori" en Algérie selon des proches

Journalistes de RFI tués au Mali: des suspects "a priori" en Algérie selon des proches

AFP

Maroc et "argent du haschich": Rabat rappelle son ambassadeur en Algérie

Maroc et "argent du haschich": Rabat rappelle son ambassadeur en Algérie

AFP

En Algérie et dans le reste du Maghreb, des tabous freinent le don d'organes

En Algérie et dans le reste du Maghreb, des tabous freinent le don d'organes