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Le Soudan du Sud doit retourner à la terre

Vue du ciel, l’agriculture sud-soudanaise ne pèse pas lourd. Une campagne de photographies aériennes réalisées par la L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) révèle que moins de 5% de la superficie du pays est actuellement consacrée à l’exploitation agricole.

Dans un pays de plus de 644.329 km², cette observation, relayée par le magazine How We Made It in Africa, met en avant un potentiel économique encore inexploité:

«L’agriculture doit être le principal moteur de la croissance économique», affirme William Hammink, de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid) au journal britannique The New Agriculturist.

«Le Soudan du Sud est prodigieusement riche en ressources naturelles. Avec 95% de la population dépendant d’elles pour leur survie, il y a un gros potentiel de croissance durable lié à l’agriculture», rappelle George Okech, directeur du bureau de la FAO au Soudan du Sud.

Le pays est en effet traversé du Nord au Sud par la vallée du Nil Blanc, dont les sols sont fertiles et la ressource en eau adaptée à l’agriculture.

Seulement, le dernier-né des Etats a souffert d’un conflit qui l’a opposé au Nord de 1983 et 2005. Une guerre civile qui n’a pas été sans conséquence sur l’agriculture du pays, essentiellement vivrière: les paysans ont dû fuir leurs terres et abandonner leurs récoltes.

Aujourd’hui, plus que la remise en état d’une agriculture de subsistance (à même de nourrir ses 8.260.000 habitants et plus), le climat apaisé qui règne dans le pays fait germer l’idée d’un agrobusiness:

«En développant son secteur agricole, le Soudan du Sud pourrait être en position de réduire sa dépendance au pétrole (qui représente 98% actuellement des revenus du gouvernement)», estime The New Agriculturist.

La ministre de l’Agriculture du pays Anne Itto espère en effet produire 2 millions de tonnes de céréales sur les trois prochaines années. Elle souhaite ainsi consacrer, à côté de l’alimentation des habitants du pays (qui représente 840.000 tonnes), une part non négligeable à l’exportation. Très optimiste, elle enjoint même les autres pays d’Afrique à privilégier dans leurs importations les céréales du Soudan du Sud à celles provenant de Russie ou des Etats-unis.

Lu sur How We Made It in Africa, The New Agriculturist, FAO