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Tunisie: 23 membres du clan Ben Ali devant la justice


Ben Ali, le 13 décembre 2010 à Tunis AFP/Archives Fethi Belaid

Ving-trois membres du clan de l'ex-président Ben Ali, dont Imed Trabelsi, l'un des hommes les plus détestés de Tunisie, ont commencé à comparaître mardi devant un tribunal de Tunis pour tentative de fuite du pays en janvier et détention illégale de devises.

Le procès, "l'un des premiers d'une longue série", selon les mots du président du tribunal, concerne au total 35 accusés, mais seuls les membres du clan en état d'arrestation ont comparu mardi.

Ils sont poursuivis pour avoir tenté de fuir le pays depuis l'aéroport de Carthage à Tunis avec des sommes importantes en devises le 14 janvier, le jour du départ du président Zine el Abidine Ben Ali chassé par une révolte populaire.

Les 14 hommes, arrivés menottés au tribunal, et neuf femmes, toutes dissimulées sous des abbayas blanches, ont pénétré dans une salle exigüe du tribunal, bondé de journalistes et d'avocats. Les prévenus sont tous incarcérés à la base militaire de l'Aouina à Tunis.

"Vous avez tenté de fuir le pays à 15H00 le 14 janvier 2011, en possession de devises et de bijoux", a commencé le président du tribunal Faouzi Jbelli, avant de signifier à chaque accusé les charges pesant individuellement.

Déjà condamné en juin à 4 ans de prison pour détention de stupéfiants, Imed Trabelsi était le neveu préféré de Leïla Trabelsi, l'épouse honnie de Ben Ali.

Il a contesté les charges à la barre. Polo blanc, cheveux ras, il a affirmé n'avoir "jamais voulu s'enfuir" et "ne disposer que de ressources provenant de ses activités légales".

Imed, était notamment en possession de 36 montres et quelque 5 kilos de bijoux lors de son arrestation à l'aéroport, selon l'accusation.

Un de ses coaccusés, Moncef Trabelsi, a été interpellé avec 2.400 dollars US et 17.500 euros.

Ali Seriati, l'ex-chef de la sécurité du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, a comparu mardi, a constaté l'AFP.

Cet ancien homme clé du régime était un proche de Leila Trabelsi, l'épouse de Ben Ali, détestée par les Tunisiens. Il est poursuivi pour complicité de tentative de sortie illégale de devises du territoire.

A la barre, Ali Seriati a raconté que de faux passeports avaient été fabriqués au palais présidentiel spécialement pour la famille restreinte de Ben Ali, qui s'est enfui en Arabie Saoudite chassée par le mouvement populaire le 14 janvier.

M. Seriati avait été arrêté le même jour à l'Aouina, l'aéroport militaire de Tunis d'où est parti Ben Ali. Le corps de la sécurité présidentielle qu'il dirigeait avait la haute main sur les autres forces de sécurité et était particulièrement redouté par la population.

Avant lui, plusieurs membres de la famille Ben Ali/Trabelsi ont comparu devant le tribunal, notamment Imed Trabelsi, l'un des membres du clan les plus détestés dans le pays. 23 personnes, hommes et femmes membres de la famille présidentielle sont poursuivis pour tentative de fuite du pays et détention illégale de devises.

Ils avaient été arrêtés le 14 janvier à l'aéroport civil de Carthage Tunis et sont actuellement détenus à la base militaire de l'Aouina.

Selon une des avocates de la défense, le procès pourrait être reporté à l'issue de la lecture des chefs d'inculpation.