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Grandes funérailles de Dioulasso-bâ : Les masques, les enfants et bien sûr, le « dolo »…

Le vieux quartier de Bobo-Dioulasso est investi par les masques, qui célèbrent du vendredi 19 au jeudi 25 avril 2013 les grandes funérailles de Dioulasso-bâ. Récit d'un non-initié.

Pour un non-initié, étranger qui plus est, la sortie des masques est un événement à ne pas manquer. Ce dimanche 21 avril, c'est tout le vieux quartier qui en est transformé. Dès que l'on entre à Dioulasso-bâ, on a l'impression que la ville toute entière est en fête. Dans chaque maison, tout le monde s'affaire, tandis que les enfants courent dans tous les sens. Coiffés de chapeaux traditionnels, de jeunes hommes marchent résolument vers le lieu des danses, près de la maison de l'ancêtre Bobo. Les plus âgés sont vêtus de vestes tissées à la main et armés de cannes ouvragées ou de fouets en cuir. Certains arborent de fines croix noires sur les joues.

A mesure que l'on s'approche de la rue principale, la foule se fait plus dense. Des deux côtés de la petite rue boueuse, les commerçants ont tôt fait de proposer beignets, frites de patates douces, bière de mil et autres douceurs. Les bancs sont déjà surchargées, donnant au quartier une atmosphère populaire et conviviale.

Il n'est pas difficile de savoir où les masques danseront, car la « scène » est encerclée par les habitants et les visiteurs, de plus en plus nombreux. Les plus matinaux - ou les plus téméraires - sont perchés dans un arbre ou sur un balcon. Plus le moindre muret disponible. Au fond, face aux musiciens, une tribune a été montée en travers de la rue. Deux « gros bras » contrôlent l'accès aux gradins. Les privilégiés sont peu nombreux, une vingtaine, tout au plus. Des dignitaires locaux, traditionnels et une poignée d'Européens, leurs invités, sans doute. Les tambours des griots battent la cadence. Soudain, le premier masque fait son apparition, couvert de longues herbes vertes. Personne ne semble lui prêter attention, mais bientôt d'autres danseurs entrent en scène. Ils sont vêtus de costumes en fibre colorée, parés de masques de bois représentant oiseaux, coqs, buffles et autres animaux. Un ½il non-averti peut certes imaginer l'organisation rituelle et les codes qui régissent la cérémonie, mais l'heure est au spectacle, à l'émerveillement.

La tension qui s'installe progressivement entre le public et les initiés ressemble à un jeu. On repousse sans arrêt les spectateurs trop proches, qui tentent de résister. Ce rapport de force, cette sorte de « petite guerre » semble être habituels, presque souhaitables pour la réussite de la cérémonie. Dans la foule, la sueur perle sur les fronts. Certains visiteurs, venus d'autres quartiers ou d'autres villes, n'avaient encore jamais mis les pieds à Dioulasso-bâ.

On se retire pour siroter une bière à l'ombre des grands arbres. Là, les masques paradent dans les ruelles par dizaines. Beaucoup d'entre eux dissimulent de jeunes enfants. Ils arrivent de tous côtés, traversent le marigot Houet, portés sur les épaules des adultes. Les habitants s'amusent de ces « petits masques ». Un enfant est frappé par l'un des masques, qui le met au sol. Fort heureusement, il est secouru par son père. Le petit a eu la frayeur de sa vie, son visage est transi de peur. A chaque nouveau masque qui passe, il détourne les yeux et cherche à se cacher...

On demande bientôt la route, mais seulement après avoir dégusté un délicieux (et brûlant) tô de maïs. Dans tout le vieux quartier, la fête bat son plein. Les griots et les danseurs masqués font le tour du quartier pour rendre hommage aux défunts. Ils visitent chaque foyer ayant connu un décès dans l'année. Les cours débordent de calebasses pleines à ras-bord de dolo.

Près de « l'hôtel de ville » (mairie), le goudron marque la séparation entre les rites traditionnels et la prière musulmane. Quelques fidèles s'agenouillent à l'ombre de la vieille mosquée, tandis que les porteurs de fouets s'assurent qu'aucun masque ne sortira du secteur. Dans les rues adjacentes, rien ne permet de deviner l'ambiance qui règne à Dioulasso-bâ. Tout est calme. Un dimanche comme les autres à Bobo-Dioulasso.

Henri LE ROUX/Stagiaire

L'Express du Faso

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