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Mali: l’Assemblée autorise le gouvernement à prolonger l’opération militaire

Troupes françaises venues en renfort pour l’opération Serval (AFP)

L’Assemblée nationale a autorisé lundi soir le gouvernement à prolonger l’opération militaire française au Mali, que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a qualifiée de « réussite » sur les plans politique et militaire.

 

Les députés se sont prononcés par 342 en faveur de la prolongation de l’intervention française et zéro voix contre, seuls les élus du Front de gauche ayant choisi de s’abstenir. Le Sénat devait se prononcer à son tour dans la soirée.

 

L’opération Serval est une « réussite politique », selon le premier ministre, parce que la décision du président François Hollande d’engager la France a profondément changé la donne du combat contre les groupes terroristes », a déclaré le chef du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Une « réussite militaire » également, a-t-il souligné, en rendant hommage au courage et au professionnalisme des soldats français.

 

Le Parlement était appelé à se prononcer sur la suite de l’opération en application de l’article 35 de la Constitution, qui prévoit que toute intervention militaire extérieure est soumise au vote des parlementaires au-delà d’une durée de quatre mois.

 

Après le Premier ministre, les principaux orateurs se sont félicités du consensus politique qui s’est fait dès le début sur l’intervention au Mali. Lancée dans l’urgence le 11 janvier, l’opération a permis de démanteler les réseaux jihadistes qui contrôlaient le nord du pays.

 

Plus de 500 militaires français, sur un total de près de 4.500, ont déjà été désengagés. Il y a à ce jour 3.850 soldats français au Mali et leur nombre doit être ramené à 2.000 en juillet, a précisé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Au-delà, un millier d’hommes devraient rester au Mali pour « lutter contre le terrorisme » en soutien d’une force de l’ONU.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait en effet adopter dans les prochains jours une résolution permettant la transformation de la force africaine au Mali, la Misma, en mission de stabilisation de l’ONU, qui pourra alors prendre le relais des forces françaises. « Nous devrions avoir mercredi ou jeudi à l’ONU une adoption à l’unanimité » d’une résolution française en ce sens, s’est félicité le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

 

« Autre rendez-vous majeur » pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, il est selon lui essentiel qu’une élection présidentielle se tienne en juillet au Mali pour permettre au pays de se doter d’autorités « à la légitimité renouvelée ».

 

Tout en saluant l’engagement des forces françaises, l’opposition s’est inquiétée des difficultés à établir le dialogue entre les autorités maliennes et les populations du nord du pays, sans lequel il ne peut y avoir de sortie de crise. « A qui allons-nous rendre les clés? », s’est interrogé l’UMP Pierre Lellouche, en soulignant qu’il était « hors de question » pour son groupe « de considérer que la France a vocation à rester indéfiniment au Mali ».

 

Pour l’ancien ministre de la Défense Hervé Morin (UDI) « partir maintenant serait irresponsable », mais « les forces africaines ne sont pas prêtes à prendre le relais, si tant est qu’elles le soient un jour ».

 

Les députés socialistes se sont félicités pour leur part du soutien de la communauté internationale à l’intervention française. Evoquant le coût de l’opération – d’environ 200 millions d’euros -, leur chef de file, Bruno Le Roux, s’est déclaré favorable à ce que ce type d’efforts militaires soit « pris en compte dans le calcul des déficits » des Etats autorisés dans le cadre de l’Union européenne.

 

Plusieurs orateurs ont souligné qu’aucune solution politique ne pouvait être trouvée au Mali sans un dialogue entre Bamako et les touaregs du nord du pays, notamment les partisans du MNLA. « Il faudra que tous les groupes, y compris le MNLA, renoncent à leurs armes » pour restaurer l’intégrité du Mali, a prévenu à ce propos Jean-Marc Ayrault.

 

Tirant les leçons de l’opération, Laurent Fabius a affirmé que « tous les pays d’Afrique ont compris qu’il n’y aurait pas de développement possible si les questions du terrorisme et du narco-terrorisme n’étaient pas maîtrisées ». Cette intervention au Mali a renforcé, selon lui, « de façon singulière la puissance d’influence de la France ».

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