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Un colonel français dénonce la grande misère de l’armée malienne

Soldats maliens à Kadji

PARIS (Reuters) – Gangrénée par la corruption, privée des fonds promis par la communauté internationale, incapable de s’entraîner faute de moyens, l’armée malienne n’est pas en mesure de remplir son rôle, dit le colonel français qui est chargé de sa formation.

 

Bruno Heluin, de la 9e brigade d’infanterie de marine (BIMa), qui dirige le détachement de liaison de la mission européenne de formation de l’armée malienne (UETM), dresse un tableau très sombre de sa mission dans Le Monde de mardi.

 

« C’est une armée qui vit au jour le jour », explique-t-il en décrivant l’absence d’école militaire, le nombre extrêmement élevé de généraux et le sous-équipement aggravé par le fait que les dons en vieux matériel russe, chinois, américain et français de ces dernières années cohabitent.

 

« Sous couvert de bonne volonté, nous avons donc aggravé les dysfonctionnements », souligne-t-il dans une interview diffusée avant le feu vert attendu ce lundi de l’Assemblée nationale à la prolongation de l’opération Serval au Mali. « Les militaires ne s’entraînent pas, faute de moyens. »

 

Il juge la corruption « évidente », donnant pour exemple les 800 pick-ups commandés par l’armée malienne depuis 2006 et qui ont presque tous été volés. « Et l’exemple n’est pas donné par le haut. Le clientélisme est le mode de promotion. »

 

Bruno Heluin se montre très méfiant à l’égard du Comité de réforme de l’armée malienne dirigé par le capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes responsables du coup d’Etat de mars 2012, avec lequel l’UE lui a interdit d’avoir des contacts.

 

« Ce comité est sans doute informé de nos travaux », dit-il.

Enfin, il souligne que « pas un centime d’euro » n’a été remis à l’armée malienne, malgré la promesse faite en janvier lors de la conférence des donateurs d’Addis-Abeba de fournir 8 millions d’euros pour la reconstruire.

 

Tous les financements sont selon lui absorbés par la Mission internationale de soutien au Mali (Misma).

« Or, l’armée malienne en a davantage besoin. Parce qu’elle doit retrouver, vite, les moyens de défendre son territoire national et de faire face à la menace. »

 

Yves Clarisse, édité par Sophie Louet

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