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«Les subventions profitent à tout le monde sauf au boulanger»

  - Le Comité national des boulangers a opté pour une grève d'une journée. L'action pourrait-elle se radicaliser s'il n'y a pas de réponse satisfaisante du gouvernement ?   Nous avons effectivement annoncé une grève pour demain, à l'issue des assemblées générales tenues le 20 mars à Oran et le 14 avril à Alger. Les adhérents du comité ont exprimé leur intention d'aller en premier lieu vers une grève d'une journée et menacé de recourir à trois autres journées de grève une semaine après si rien n'est fait pour améliorer la situation. Notre mouvement de protestation risque de se radicaliser si le ministère du Commerce continue à ignorer nos revendications qui sont légitimes et claires. Sans la garantie de la marge bénéficiaire, notre activité est menacée.   - A combien estimez-vous la baguette de pain, dont le prix est fixé actuellement à 7,50 DA ?   Nous avons réalisé une étude sur le coût réel de la baguette de 250 grammes. En prenant en compte le prix subventionné de la farine, les tarifs de tous les autres ingrédients et autres coûts, nous sommes parvenus à un coût de 11,72 DA, sans compter la marge bénéficiaire. Nous avons soumis cette étude au ministère du Commerce le 26 mars dernier afin qu'il prenne ces chiffres comme référence, mais aucune réaction ne nous est encore parvenue. Si changement de prix il y aura, nous estimons que le gouvernement devrait prendre en compte ce coût de référence, qu'il peut d'ailleurs réétudier. Pour nous, la baguette de pain devrait être cédée à 14,50 DA, ce qui nous garantirait une marge bénéficiaire d'environ 20%.   - Une révision de la politique des subventions peut-elle constituer une solution alternative à l'augmentation du prix du pain ?   Nous avons proposé d'autres solutions, comme la réorganisation du métier. Il y a une anarchie totale entravant toute démarche d'amélioration de la visibilité. Nous revendiquons, depuis quelque temps, la révision du décret de 1996 qui régit le métier en fixant de nouvelles règles pour réguler le marché. L'Etat algérien est en train de se pencher sur la question des subventions. Concernant celle de la farine, tout le monde en tire profit sauf le boulanger. Les industriels transformateurs des produits dérivés de la farine, les étrangers qui ont notamment investi dans le créneau du pain de mie et des biscuiteries et autres dérivés du blé tirent profit des subventions de l'Etat qui ne devraient inclure que la farine destinée à la production du pain. Il y a aussi un trafic au niveau des frontières, des quantités que nous ne pouvons estimer s'en vont chez nos voisins de l'est et de l'ouest, où la farine coûte plus cher. C'est tout un préjudice que le consommateur est en train de payer. Comme solution, nous préconisons aussi à ce que la convention soit dirigée vers le prix de la vente. Ainsi, il n'y aura que le produit visé qui sera touché par la subvention. Une autre mesure pourrait également être envisagée, celle de ne subventionner que la farine panifiable. Ce type de farine ne peut être utilisé que pour la fabrication du pain complet, donc impossible à utiliser dans la fabrication des gâteaux ou autres dérivés.

El Watan

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