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Mines mouvantes à Ouled Driss et Taoura

Le relief accidenté de la région de Ouled Driss, les éboulements dans certaines zones rocailleuses et la nature du sol ont favorisé le déplacement de plusieurs mines vers des endroits non suspectés par la population locale. Il y a cinq ans, des enfants y ont trouvé la mort, à quelques dizaines de mètres de leur maison. Le même phénomène a été signalé dans la région de Taoura et ses zones périphériques, après une découverte, il y a quelques années, de 13 mines non loin d'un établissement scolaire. La fermeture, immédiate, de ce dernier et l'arrivée des artificiers de l'ANP ont évité le pire à l'école. Cette situation a été à l'origine de beaucoup de drames aux premières années de l'indépendance, même en milieu urbain. Ammar Djabourabi, témoin oculaire, a rapporté à El Watan des détails contenus dans cette déclaration : «Souk Ahras, qui était considérée comme zone interdite, avait des limites, durant la Révolution, qui séparaient la ville du reste de la région au niveau de l'actuelle cité Bendada. De l'autre côté des fils barbelés, les habitants d'une agglomération naissante, l'actuelle cité Ahmed Loulou, les cas d'explosion de ces engins étaient fréquents. Je me souviens de deux jeunes gens sortis se promener de ce côté de la ville. L'un fut tué par une bombe et son frère perdit la raison (...). Depuis le temps, plusieurs autres victimes y ont été signalées et c'est, présume-t-on, les mines qui étaient emportées par les pluies qui tuaient le plus.» Notre interlocuteur a parlé aussi de cette période de grande disette, où des dizaines de jeunes organisaient des sorties à la recherche de ces engins mortels, non pas pour assainir la région, mais pour démembrer les mines et récupérer le cuivre qu'ils revendaient ou troquaient contre des produits alimentaires. Le président du comité de wilaya du Croissant rouge algérien, Mohamed Laïd Agouni, a étalé toute l'histoire du drame précolonial et post-colonial de la population de Souk Ahras. Des témoignages inédits sur des enregistrements chocs disent toute la férocité d'une machine de guerre mise en marche pour l'extermination des Algériens. L'adhésion de plusieurs militants humanitaires européens, dont l'emblématique Fischer de la Croix-Rouge et la condamnation explicite des crimes de guerre commis par l'armée française en terre algérienne, illustraient leur prise de position par des photos de personnes mutilées ou déchiquetées par les mines. Le crime était parfait, sa reconnaissance par l'Etat auteur ne l'est pas.

El Watan

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