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«J’ai vu de la chair humaine déchiquetée et accrochée à des branches d’arbres»

- Dans quel contexte peut-on évoquer les mines antipersonnel en Algérie et particulièrement à Souk Ahras ?   La Révolution algérienne plaçait d'un côté un peuple qui refusait le joug du colonialisme et aspirait à son indépendance et d'un autre une autorité conservatrice et expansionniste qui sentait approcher l'heure de la répudiation. Le nombre impressionnant de mines antipersonnel s'inscrivait dans une logique de politique répressive, adoptée par les fanatiques de l'Algérie française. Soit. Nous devons aussi ajouter aux centaines de victimes des explosions de ces engins destructeurs, ces dizaines de personnes mobilisées par la force pour les besoins des lignes Challe et Morice. Plusieurs d'entre eux y ont perdu la vie.   - Au lendemain de l'indépendance, les gens parlaient de séquelles de la guerre de libération pour désigner, entre autres, les personnes mutilées. Qu'en était-il ?   Je voudrais d'abord vous mettre dans l'ambiance des premières années de l'indépendance, pour vous dire que nous étions face à une crise humanitaire et un flux inattendu de réfugiés. Tous dans un besoin de prise en charge immédiate. Nous avions des malades, des SDF, des orphelins, des victimes de bombardements, en plus des personnes mutilées par les mines antipersonnel. Les scènes de ces handicapés moteurs, sans prothèse et qui marchaient sur leurs mains nous affligeaient, et c'est grâce aux efforts des organisations humanitaires, dont le Croissant rouge algérien et la Croix-Rouge, que nous avons pu dépasser cette étape. Les séquelles, nous en sommes encore victimes. Si les efforts consentis par nos braves artificiers de l'ANP, qui ont réussi au péril de leur vie à déminer environ 60% des zones affectées, où sont les 40% qui restent ?   - Un détachement militaire a été affecté en 2010 à Souk Ahras pour le déminage des zones à haut risque, notamment dans la zone de Oued Echouk...   Un bataillon du Génie militaire est resté plus de 40 ans à Souk Ahras. C'est dire toute l'ampleur du phénomène et le risque permanent dans lequel vit notre population depuis les années 1950. En 1989, j'ai été moi-même témoin d'une scène que je n'arrive pas à effacer de ma mémoire. J'ai vu de mes propres yeux de la chair humaine déchiquetée et accrochée à des branches d'arbres. C'était une bombe antipersonnel qui a fait 5 victimes, tous des enfants.

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