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Boumediene Ouazzani, l’enseignant au pied en bois

Il claudique le long du boulevard du 1er Novembre de Maghnia, avant de s'attabler à son café habituel, Le Widad, quasiment tous les soirs, à la même heure. Enseignant retraité, âgé de 66 ans, père d'une famille de six personnes, Boumediene Ouazzani est de ceux qui en veulent à la France. A 17 ans, il perdit son pied droit, alors qu'il se rendait chez son oncle, près de M'sirda Fouaga, dans la daïra de Marsat Ben M'hidi. «C'était au mois d'octobre 1962, je m'en souviens comme si c'était hier. J'ai été projeté à plus de trois mètres de haut», dit-il, une amertume dans son regard. Issu d'une famille pauvre, Boumediene sera hospitalisé pendant de longues semaines, avant d'essayer de reprendre le cours de sa vie. La tristesse et la colère l'ont poussé à être studieux dans ses études jusqu'à devenir enseignant dans l'éducation nationale. «Nous, les victimes de ces mines, nous sommes marginalisés. Cette pension (8000 DA/ mois) suffit à peine à acheter du lait et du pain. Je ne parle pas uniquement pour moi, mais il y a ceux qui n'ont que cette misère pour survivre», se plaint-il. Et de renchérir : «Nous revendiquons la revalorisation de cette pension, la diminution de 5% pour l'achat d'un logement et obtenir une carte d'invalide reconnue.» En dépit de leur statut de victime ½uvrant sous la «bénédiction» du ministère des Moudjahidine, M. Ouazzani et ses pairs se considèrent comme les «mendiants de la Révolution», et de proposer : «Pourquoi ne pas nous octroyer des licences, comme les moudjahidine ?» Boumediene nous apprend qu'il existe quinze associations de ce type à l'échelle nationale. «Certaines sont dans le centre du pays et ce n'est pas normal, puisque ces mines ont été posées sur les lignes Challe et Morice, sur nos frontières entre le Maroc et l'Algérie.» Y aurait-il de fausses victimes, de faux responsables d'association ? Ce n'est pas la question, cela est une autre histoire. L'enseignant au pied en bois estime tout simplement qu'il est une victime de la Révolution algérienne et donc «pourquoi deux poids, deux mesures entre les blessés algériens ?», avant ou après l'indépendance, puisque les armes sont celles de l'armée coloniale...                                                    

El Watan

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