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Conséquence de l’explosion du Web 2.0 : la cause berbère se met en réseau

Le combat identitaire amazigh a évolué considérablement depuis le Printemps berbère du 20 avril 1980. Fidèles à leur esprit avant-gardiste et chevauchant leur époque, les militants de la cause berbère, notamment en Afrique du Nord, envahissent depuis quelques années les différentes plateformes internet. Le réseau des réseaux, comme on l'appelle, offre divers moyens et techniques pour s'exprimer et défendre ce genre de cause communautaire. Avec l'avènement du web collaboratif, dit Web 2.0, les interfaces virtuelles remplacent de plus en plus les espaces publics traditionnels. Depuis le début des années 2000, les sites internet, les blogs, les forums et les mini-journaux en ligne se sont multipliés pour atteindre des centaines de liens traitant de la cause amazighe. Ils expriment, sans frontières géographiques, l'aspiration des Amazighs à une reconnaissance de leur ancestralité, langue et culture, dans les pays constituant historiquement l'ancienne Numidie, c'est-à-dire toute l'Afrique du Nord, à partir des frontières pharaoniques, une grande partie des pays du Sahel et les îles Canaries. Ces portails électroniques, cependant, ne sont pas tous sur la même longueur d'onde. A chacun ses idées politico-idéologiques et donc des lignes éditoriales différentes. On peut trouver un site extrêmement radicaliste, comme tamazgha.fr qui prône la satire, la caricature, la violence du texte et parfois même la vulgarité pour défendre ses idées. Dans ce sens, il mène une campagne de soutien à la libération de l'Azawad. On y trouve aussi des sites beaucoup plus soft, comme tamazghapress.com, un annuaire d'informations arabophone qui réclame l'officialisation de tamazight dans tous les pays du Maghreb. La vertu de «la révolution électronique» est confirmée avec le Printemps arabe. Plusieurs spécialistes en sociologie et en communication affirment que les révolutions tunisienne et égyptienne n'ont été possibles que grâce au pouvoir d'influence des réseaux sociaux sur les manifestants, particulièrement Facebook qui a dépassé la barre du milliard d'abonnés en octobre 2012. Voilà un outil dont les militants berbères ne pouvaient pas se passer. Des centaines de pages communautaires, de groupes et d'événements se créent quotidiennement autour du thème «Tamazight». Il en ressort trois constats principaux : la demande de son officialisation en Algérie, la recherche d'affirmation au Maroc ainsi que sa promotion en Tunisie et en Libye. La Kabylie en 7001 livres En plus de facebook et un peu moins Twitter, les sites de partage vidéos comme YouTube et Dailymotion rencontrent un grand succès. Les vidéos les plus vues et partagées sont celles des chansons engagées, des passages télévisés et des vidéos amateurs de débats politiques ou universitaires sur la question berbère. Aussi, on fait appel à une procédure militante très en vogue sur internet : lancer des pétitions en ligne, souvent pour protéger «les prénoms berbères», et actuellement une pétition circule pour réclamer «l'officialisation de tamazight». Parmi les idées innovantes, cette fois-ci, on cite avec satisfaction la création d'un catalogue bibliographique en ligne qui référencie plus de 7000 titres d'ouvrages. Cette base de données, accessible sur gelambre.fr, est intitulée «La Kabylie en 7001 livres». C'est un hommage de son fondateur, Gérard Lambert, à la région qui l'a accueilli en tant qu'instituteur en 1971. «Puisse ce travail contribuer à une meilleure connaissance de la Kabylie et de la Berbérie en général. J'espère aussi aider les chercheurs dans leur travail d'historiens, de linguistes, de sociologues. Tous les titres essentiels y sont, des écrits de Salluste vers l'an 50 avant J-C jusqu'aux parutions de 2012», s'est-il réjoui. Toujours dans ce cadre numérique novateur, avec la création des caractères berbères informatisés, le système d'exploitation Windows 8 répond à une exigence qui était pressante du côté académique. Désormais, on trouve aussi des claviers amazighs en ligne avec les trois transcriptions possibles : tifinagh, latin et arabe. Les conséquences de ce passage au numérique peuvent s'avérer très fructueuses. D'ores et déjà, des e-dictionnaires sont créés. Par exemple, le dictionnaire amazigh-français tutlayt.net propose des traductions interactives avec un jeu et une prononciation audio, en berbère, du mot traduit.

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