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Les ex-otages Français enlevés au Cameroun de retour en France

Sept Français d'une même famille, dont quatre enfants, libérés vendredi sains et saufs après deux mois de captivité aux mains du groupe islamiste Boko Haram au Nigeria, sont arrivés samedi matin en provenance de Yaoundé à l'aéroport d'Orly, au sud de Paris, où le président François Hollande est venu les accueillir.

La famille Moulin-Fournier a voyagé à bord du Falcon du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a fait un aller-retour au Cameroun pour aller les chercher. L'appareil s'est posé à 06H00 (04H00 GMT) sur le tarmac où attendaient aussi une dizaine de membres de la famille des ex-otages et une soixantaine de journalistes.

"Aujourd'hui, c'est la vie qui a gagné", a déclaré président François Hollande, faisant part de "l'émotion" du pays avec la libération des sept membres de cette famille. "C'est la famille de la France qui est soulagée et heureuse", "c'est la joie qui nous saisit", a dit le président français en accueillant à l'aéroport la famille enlevée mi février au Cameroun.

Les sept anciens otages, souriants, des couvertures sur les épaules pour se protéger du froid vif du petit matin, sont descendus de l'avion et tombés immédiatement dans les bras de leurs proches, avant de s'acheminer vers le pavillon d'honneur.

Les trois adultes et quatre enfants âgés de 5 à 12 ans avaient été enlevés le 19 février alors qu'ils étaient en vacances dans un parc national de l'extrême-nord du Cameroun. Paris a attribué l'enlèvement à la secte Boko Haram, très active dans le nord-est du Nigeria.

"Une joie immense"

Libérés vendredi, ils avaient quitté dans la soirée Yaoundé pour Paris où les autorités se montrent très discrètes sur les conditions de leur libération deux mois jour pour jour après leur enlèvement.

"On commence à réaliser que c'est fini et c'est une joie immense. L'émotion est très forte d'être enfin revenus dans le monde, d'être enfin libérés. C'était très dur. C'est la fin de la saison sèche en ce moment. Il fait une chaleur terrible", avait déclaré le père de famille Tanguy Moulin-Fournier à la presse, lors de sa rencontre avec M. Fabius à la résidence de l'ambassadeur de France à Yaoundé.

"Les enfants vont bien", avait-il ajouté, évoquant ses quatre garçons âgés de 5 à 12 ans.

"Le désir des enfants a été exaucé à midi, grâce à la femme de monsieur l'ambassadeur qui a fait des frites. Cela fait deux mois qu'on en rêvait", s'est même amusé le père de famille.

M. Moulin-Fournier est apparu très amaigri, tout comme son frère et son épouse, mais les enfants ont été maintenus à l'écart des médias. Il n'a fait aucun commentaire sur les conditions de la libération et les autorités françaises et camerounaises sont également restés très évasives.

 Dans la nuit de jeudi à vendredi, "la famille a été libérée à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria près de Kolofata", commune de l'extrême nord du Cameroun, a simplement indiqué un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La famille a également été reçue par le président camerounais Paul Biya.

"J'exprime le voeu que ce séjour (en France) soit de courte durée et que vous reveniez très vite chez nous, chez vous aussi, au Cameroun, pour reprendre vos activités", a déclaré le président peu avant leur départ, félicitant les membres de la famille pour "leur courage" et leur "sang froid".

A Yaoundé, la présidence camerounaise avait annoncé dès vendredi matin la libération de la famille, par un communiqué lu à la télévision nationale.

M. Hollande a remercié "les autorités camerounaises et nigérianes qui ont travaillé à cette issue heureuse, et notamment le président (camerounais Paul) Biya, en étroite collaboration avec la France". "C'est en étant le plus discret possible que nous pouvons être les plus efficaces", a fait valoir le chef de l'Etat.

"L'heureux dénouement de cette affaire est incontestablement le fruit d'une coopération exemplaire entre les gouvernements français, nigérian, et camerounais", a souligné M. Biya, appelant à un "renforcement" de la coopération internationale pour faire face à l'insécurité sur le continent africain.

Pas de versement de rançons, assure Paris

Le père, la mère et leurs quatre garçons résidaient depuis 2011 à Yaoundé où Tanguy Moulin-Fournier est employé comme expatrié par GDF Suez. Cyril Moulin-Fournier, le frère de Tanguy, qui vit en Espagne, les avait rejoints pour des vacances. Ils avaient été enlevés dans l'extrême nord du Cameroun où ils allaient visiter un parc national.

Leurs ravisseurs se réclamaient du groupe islamiste Boko Haram, actif dans le nord du Nigeria, une zone troublée depuis plusieurs années par des attentats et des assassinats, réprimés dans le sang par les forces de sécurité nigérianes. Ils demandaient notamment la libération de membres de leurs familles "emprisonnées au Nigeria et au Cameroun".

Ces revendications avaient été jugée "hors de portée de la France", par Laurent Fabius, qui avait toutefois effectué un voyage au Cameroun à la mi-mars, et avait rencontré le président Paul Biya ainsi que la communauté française.

Interrogé sur le versement de rançons, M. Hollande a tranché : "Nous ne changeons pas notre principe, qui est le non versement par la France de rançons".

L'Elysée a affirmé que la libération des otages n'était pas "une action de force" mais le fruit de "contacts multiples que nous avons pu établir" avec le concours des autorités nigérianes et camerounaises, ces dernières ayant noué en particulier des "contacts locaux".

La France compte encore au moins sept de ses ressortissants otages en Afrique. Des rapts revendiqués par des groupes islamistes dont six par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel.

AFP

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