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Quatre blogueurs français dans l'enfer de Misrata

Misrata, en Libye, est actuellement une ville très dangereuse. Les combats y sont quotidiens entre rebelles et forces pro-Kadhafi. Le 20 avril 2011 deux photo-reporters, Tim Hetherington, collaborateur britannique de Vanity Fair et l'Américain Chris Hondros, de l'agence Getty sont décédés, touchés par des tirs de mortiers.

Fin mars, quatre blogueurs militants français sont partis pour Misrata afin d'observer et d'analyser l’insurrection en Libye. Se définissant comme des «reporters freelance», ils collaborent notamment à En route !, un blog collectif sur les révolutions arabes, avec une dizaine de personnes réparties entre la Tunisie, l’Egypte et Libye. Certaines à Benghazi, d'autres à Misrata. 

«Ils ont eu l'occasion de s'y rendre à un moment où la ville ne faisait pas l'objet de combats aussi intensifs», explique à Libération la personne chargée d'éditer les textes, et qui réside en France.

Sur la page de présentation d'En route ! on peut lire que le blog a pour ambition de «prendre au sérieux une insurrection» pour ainsi «tenter de déceler ce qui partout résonne avec elle». Pour cela, il faut «l'appréhender politiquement: tout autant affectivement, que matériellement ou techniquement». L’éditeur contacté par Libération affirme qu'«excepté l'un d'entre eux»les auteurs «ne s'intéressent pas à l'aspect militaire, mais (aux aspects) sociétaux».

«C'est un moment en suspension dans l'ordre normal des choses. Tout s'organise autrement. On a par exemple voulu voir si la situation entraînait des changements dans le rôle des femmes, et on a pu constater que pas tellement.»

Les blogueurs veulent ainsi essayer de répondre à certaines interrogations: 

«Comment s’organise le soulèvement? Comment s’habite le vide de pouvoir? Comment s’organisent les solidarités matérielles? Comment mange-t-on? Comment se bat-on? Comment se rencontre-t-on? Comment luttent les femmes? Comment se suspendent et se maintiennent les rapports sociaux préexistants? Comment se pense, se dit et se vit l’insurrection? Qu’est-ce qu’elle nous enseigne?»

Après un mois dans la ville assiégée, l’un d’entre eux a été grièvement blessé à la gorge samedi 23 avril. Il a été évacué vers Benghazi.

Lu sur Libération