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Affrontements au Caire entre opposants et partisans de Morsi

Au moins 82 personnes ont été blessées , vendredi 19 avril , lors de violents affrontements au Caire entre opposants et partisans du président islamiste Mohamed Morsi qui réclamaient une refonte du système judiciaire, à couteaux tirés avec le pouvoir. Ces affrontements ont éclaté quand des manifestants anti-Morsi se sont dirigés vers la Cour suprême où des milliers de Frères musulmans s'étaient rassemblés aux cris de : « Le peuple veut l'assainissement de la justice ». Ces manifestants ont brûlé un bus affrété par les Frères Musulmans.

Ces affrontements ont éclaté quand des manifestants anti-Morsi se sont dirigés vers la Cour suprême où des milliers de Frères musulmans s’étaient rassemblés pour réclamer une refonte du système judiciaire, brûlant un bus.

Des heurts violents se sont déroulés sur la place Abdel Moneim Riad, proche de l’emblématique place Tahrir. Des islamistes postés sur le pont du 6 octobre qui surplombe la place ont jeté des pierres sur les manifestants de l’opposition en contrebas, notamment des hommes portant des masques noirs appartenant au mouvement des « Black Bloc ».

Les deux parties se sont lancés des pierres tandis que les opposants aux islamistes jetaient des cocktails molotov.

Une heure après le début des affrontements, trois véhicules blindés de la police sont arrivés dans les rangs des Frères musulmans en direction de la place Abdel Moneim Riad puis de la place Tahrir, tirant des gaz lacrymogènes.

Le chef des services de secours égyptiens, Mohammad Sultan, a affirmé à des télévisions locales qu’au moins 39 personnes avaient été blessées et transportées à l’hôpital.

« Le peuple veut l’assainissement de la justice », avaient auparavant crié des milliers de partisans du président Morsi qui, depuis son accession au pouvoir en juin, entretient des rapports tendus avec le pouvoir judiciaire.

Cette manifestation avait été organisé à l’appel des Frères musulmans alors que le parlement dominé par les islamistes s’apprête à discuter des amendements à la loi judiciaire prévoyant notamment de ramener l’âge de la retraite des juges de 70 à 60 ans. Des juges ont accusé les islamistes d’essayer de se débarrasser ainsi de juges hostiles.

Le mois dernier, la justice avait rejeté un décret du président Morsi limogeant le procureur général Abdel Meguid Mahmoud. Nommé par le président déchu Hosni Moubarak, Mahmoud avait été remplacé par Talâat Abdallah.

La nomination de ce dernier, accusé d’être pro-Frères musulmans, avait provoqué une levée de boucliers chez les magistrats, qui avaient dénoncé une ingérence de l’exécutif dans les affaires de la justice.

Ce nouveau bras de fer entre les Frères musulmans et l’oppositon intervient alors que le pays vit dans l’instabilité depuis la révolte populaire de début 2011 ayant provoqué la chute de M. Moubarak.

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