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DECLARATION DE L'OPPOSITION SUR LE BLOCAGE DE L'INSTALLATION DE CERTAINS CONSEILS MUNICIPAUX

La fin du mandat des conseils municipaux sortants (2006-2012) a été marquée par des remous dans plusieurs localités de notre pays pour des raisons de mauvaise gestion du foncier, des promesses non tenues, de corruption et de règlements de compte tous azimuts. Suite aux dernières élections municipales, le peuple Burkinabè était fondé à espérer enfin le début d'une saine gouvernance locale. Malheureusement, cette espérance sera vite éteinte du fait de l'ambiance délétère qui sévit dans de nombreuses communes où plusieurs maires élus attendent toujours d'être installés.

Ainsi, pendant que les uns sont en activité, d'autres sont empêchés de travailler à raison de boycott organisé ou parce qu'ils ne peuvent pas accéder à leur lieu de travail. Ces derniers font face à de multiples manipulations malsaines du Congrès pour la Démocratie et le progrès (CDP) qui bloquent le démarrage effectif de la vie de leur conseil municipal.

L'opposition politique constate que la plupart des agissements antidémocratiques caractérisés par des menaces et des défiances de l'autorité de l'Etat sont légions dans les localités où le CDP tient à asseoir des hommes de main vomis à la base. En s'illustrant de cette manière, le parti au pouvoir démontre son incapacité à respecter les règles élémentaires de la décentralisation et partant de la démocratie locale qui souffre des manipulations provenant du sommet.

L'opposition politique ne saurait cautionner le recul que veulent imposer quelques individus supposés influents du CDP, fut-il le parti au pouvoir qui, confondent la vie de la république à leurs sentiments personnels.

C'est pourquoi, l'ensemble des partis politiques de l'opposition dénoncent et condamnent fermement l'attitude des premiers responsables du CDP qui, au lieu de gérer leurs divergences à l'interne, semblent trouver la formule peu respectable d'utiliser les plus forts et des réseaux claniques pour mettre en difficulté l'administration dans la mise en ½uvre de la volonté du peuple.

Les exemples de ces blocages commencent à devenir très nombreux.

Dans l'Arrondissement 4 de la commune de Ouagadougou où le maire démocratiquement élu rencontre toutes les difficultés pour s'installer, l'opposition exige que les dispositions idoines soient prises le plus tôt possible afin de lui permettre, ainsi qu'au Conseil municipal, d'exercer librement leur mandat.

Dans d'autres communes, des conseillers municipaux commencent à avoir de sérieux ennuis face à des groupuscules montés de toutes pièces pour perturber le fonctionnement de l'administration au motif fallacieux que les maires élus sont de l'opposition (le cas de Diguel dans le Soum, Yamba dans le Gourma) ou qu'ils auraient rejoint l'opposition (Boussé dans le Kourwéogo) ou encore qu'ils n'ont pas été désignés par la direction du CDP (arrondissement 4 de Ouagadougou), etc.

Au lieu de sacrifier nos communes aux intérêts égoïstes de quelques individus, il est plus qu'impérieux que le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Sécurité prenne les mesures pertinentes et utiles pour permettre aux maires et aux conseillers municipaux d'exercer leur fonction immédiatement. Les populations sauront les juger à l'½uvre. En tout état de cause, l'opposition politique tient l'ensemble du gouvernement pour responsable de toute détérioration du climat social qui pourrait survenir du fait de son manque de réaction appropriée face aux velléités de remise en cause de la volonté populaire.

Ouagadougou, le 19 avril 2013

Pour les partis politiques de l'opposition,

Le Chef de file de l'opposition politique

Le Faso

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