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Guinée : au moins 25 blessés lors de nouvelles violences

CONAKRY (AFP) - (AFP)

Une manifestation d'opposants a de nouveau dégénéré en violences jeudi à Conakry avec au moins 25 blessés parmi les manifestants qui protestaient contre la tenue d'élections législatives le 30 juin, une date contestée par l'opposition guinéenne.

Ces heurts éloignent encore un peu plus la perspective d'un scrutin législatif apaisé, attendu depuis 2011 mais sans cesse repoussé, dans un pays à l'histoire marquée par les violences politico-militaires et où les manifestations de l'opposition sont souvent durement réprimées.Les dernières législatives y ont eu lieu il y a plus de dix ans.

Selon un journaliste de l'AFP, les heurts ont commencé avant le début d'une marche qui, d'après l'itinéraire annoncé par l'opposition, devait conduire de la banlieue jusqu'au centre-ville.

Cet itinéraire n'a pas été autorisé, selon les forces de l'ordre qui ont dispersé les premiers manifestants arrivés sur le lieu de rassemblement.

Les affrontements ont pris de l'ampleur à l'arrivée des leaders de l'opposition et c'est à ce moment-là qu'au moins vingt-cinq personnes ont été blessées, selon le journaliste de l'AFP et des témoins.

Le gouvernement a confirmé des violences et annoncé l'interpellation du porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla, et d'un ex-ministre devenu opposant, Charles Pascal Tolno, "pour avoir "violé le cordon sécuritaire de la manifestation et entraîné des risques de débordement".

Ils "doivent être entendus (...) puis libérés dans les prochaines heures", a précisé le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara.

Selon lui , 4.000 policiers et gendarmes avaient été déployés "pour assurer la protection" des civils et les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de pierres "en utilisant les moyens conventionnels de maintien d'ordre (gaz lacrymogène)".

"Le combat continue"

La marche de l'opposition n'était pas interdite, mais elle devait se dérouler en banlieue, trajet non respecté par les manifestants, selon M. Camara.

Le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, a accusé le régime du président Alpha Condé d'avoir volontairement empêché la manifestation.

"Le pouvoir savait que l'opposition allait encore mobiliser tout Conakry, c'est pourquoi Alpha Condé a préféré utiliser la méthode forte pour nous empêcher de nous rassembler", a dit M. Diallo, ajoutant : "Nous allons continuer le combat pour obtenir ce que nous voulons, des élections libres et transparentes".

L'opposition avait appelé à cette marche pour protester contre la tenue d'élections législatives le 30 juin, estimant que cette date a été décrétée de manière "unilatérale" par le président Condé.

Les législatives auraient dû se tenir dans les six mois suivant l'investiture en décembre 2010 du président Condé qui, un mois auparavant, était devenu le premier chef de l'Etat démocratiquement élu de Guinée.

Faute de consensus avec l'opposition sur l'organisation d'un scrutin "libre et transparent", les législatives ont été maintes fois repoussées.

La dernière date fixée au 12 mai n'a pu être être tenue en raison de violentes manifestations d'opposants : fin février et début mars, elles avaient fait au moins neuf morts, dont un policier, et quelque 200 blessés.

Les dernières législatives en Guinée remontent à juin 2002, sous la présidence du général Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans au pouvoir.C'est actuellement un Conseil national de transition (CNT, non élu) qui fait office de Parlement.

Pour permettre sortir de la crise, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a désigné son représentant en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, comme "facilitateur international" du dialogue politique en Guinée.

M. Djinnit, qui avait appelé au calme jeudi, doit retourner à Conakry "en début de semaine prochaine pour poursuivre ses consultations".

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