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Mali : Alger étudie toujours la demande de Paris d’entrer en territoire algérien

Paris a demandé, au mois de février dernier, à l'Algérie d'autoriser les forces terrestres et aériennes françaises à pénétrer sur son territoire. Même si au lendemain de l'attaque de Tinguentourine, le président algérien avait relancé la coopération sécuritaire avec Paris, Alger a refusé à tout pays intervenant au Mali le droit de franchir ses frontières. La demande française faisait référence au droit de «poursuite à chaud» des groupes terroristes armés dans le nord du Mali. Ce droit est accordé dans le cadre des conventions d'entraide et de coordination sécuritaire entre l'Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger. Ces textes prévoient que dans une zone de 1956 km de long et de 400 à 933 km de large, englobant le sud de l'Algérie, le nord du Mali, de la Mauritanie et du Niger, les armées étrangères puissent intervenir en cas de fuite d'un groupe armé à travers leurs frontières. La Mauritanie avait notamment usé de ce droit au nord du Mali en 2011. Mais depuis le début du conflit malien, en février 2012, Alger a cessé d'appliquer ces conventions d'entraide. Non-alignement Les autorités ont d'ailleurs gelé certains articles pour éviter l'utilisation de tout moyen militaire algérien contre les combattants touareg, qui revendiquaient l'indépendance de l'Azawad. Car Alger veut faire respecter son principe de non-alignement dans le conflit malien. Aujourd'hui, les Maliens souhaitent que l'Algérie applique à nouveau ces conventions. D'ailleurs une commission militaire et sécuritaire a été installée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour étudier cette demande. Avant le début du conflit, Bamako bénéficiait d'un soutien pour la maintenance et l'approvisionnement en carburant de ses avions militaires en Algérie. La coopération entre Alger et Bamako se traduisait aussi par des contrats d'achat de véhicules militaires, de pièces détachées, de munitions et de moyens de communication. Les accords sécuritaires de Tamanrasset signés en 2010 entre les responsables militaires et sécuritaires algériens, nigériens, maliens et mauritaniens prévoyaient déjà une coopération, notamment à propos de la création d'un état-major commun et d'une base de données sécuritaires unifiée sur les personnes recherchées dans les affaires de terrorisme et de crime organisé.

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