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Tahar Belabès. Porte-parole de la CNDDC : nous ne céderons pas

-Quelle est votre évaluation du rassemblement du 18 avril ? Le principal acquis est que les citoyens n'ont pas perdu leur volonté de manifester pour revendiquer leurs droits. Ils sont sortis pour dire qu'ils n'ont rien à voir avec les émeutes de la semaine dernière. Notre base réelle, celle sur laquelle on peut compter était bien présente et même les slogans étaient radicaux. Nous avons menacé d'internationaliser notre cause par le recours à la justice internationale ; les juges sont en effet devenus la main de fer du pouvoir, laissant de côté leur éthique et leur professionnalisme, l'administration n'a plus qu'un rôle négatif envers le citoyen. L'utilisation excessive de la force et de la violence policières ainsi que le recours systématique à la justice vont nous pousser à nous radicaliser et durcir notre position envers les pouvoirs publics en les dénonçant à l'extérieur des frontières par rapport au non-respect des conventions que l'Algérie a ratifiées et qui garantissent une justice équitable pour tous, y compris le droit de poursuivre un commis de l'Etat, un policier ou un gendarme qui a manqué à ses obligations ou outrepassé ses limites. -Quels sont les principaux messages que vous vouliez transmettre ? Nous avions trois choses importantes à dire ce jeudi, premièrement que le recours à la justice internationale est un remède possible si nous n'arivons pas à avoir nos droits civiques et juridiques. Plus d'une centaine de chômeurs sont actuellement poursuivis en justice. Certains ont été emprisonnés, d'autres ont écopé de lourdes amendes en plus de la maltraitance des forces de l'ordre qui n'ont aucune ligne rouge. Ils utilisent des gaz lacrymogènes périmés (2008-2009). Le recours excessif au matraquage et la présence policière, on est d'ailleurs tout le temps fliqués, nous gênent de plus en plus. Notre deuxième message concerne les droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment la liberté d'expression, la liberté de s'organiser et de manifester, ce sont des droits sur lesquels nous ne céderons pas. Nous les joignons à notre revendication de base qui est l'emploi, à force de communiquer avec le peuple. -Certains critiquent votre solidarité avec les familles des émeutiers détenus, que répondez-vous ? Il n'y a pas de contradiction, tout a été manipulé, le logement n'est qu'un prétexte. En vérité, les autorités locales visaient les chômeurs pour faire oublier les acquis moraux du 14 mars. Le pouvoir nous ment, il n'y a ni poste ni logement pour tout le monde. Notre solidarité a pour objectif de discréditer un des députés de Ouargla dont les enquêtes ont confirmé son implication dans ces émeutes. Les listes ont été photocopiées et distribuées avant l'affichage, ainsi que de l'essence et des chèches. Nous demandons à ce que les vrais commanditaires soient poursuivis en justice. Ce sont toujours les plus démunis, la plèbe, qui paient les pots cassés. Les enfants ont été manipulés. Nous sommes désolés pour les policiers blessés, ce sont les enfants du peuple, on l'a bien dit, nous n'avons rien à leur reprocher, ils frappent quand on le leur demande. -Quelle suite comptez-vous donner à votre combat après six grands rassemblements? Quelle est votre position envers l'administration locale ? Nous avons constitué une coordination de wilaya dont les bases prennent racine dans tous les quartiers. Une dizaine, à leur tête Khouildat Salah, un homme de consensus. Nous espérons que l'administration ouvre un dialogue avec ces personnes crédibles. Que ces citoyens soient considérés comme partenaires dans toute action concernant l'emploi, la gestion des offres, etc. Cette procédure peut absorber la colère et rétablir la confiance entre les chômeurs et l'administration locale, celle qui gère l'ANEM. Dans toutes les willayas, cela se passe ainsi, pourquoi pas ici. -Vous traitez le pouvoir de menteur, et Bouteflika dans tout ça ? Le chef de l'Etat est le responsable légal et moral. C'est à lui de prendre à bras-le-corps les problèmes de la jeunesse et reconnaître les insuffisances. Oui, nous le tenons pour responsable de cette situation et nous lui demandons de nous faciliter l'accès à nos droits et que le mensonge et le clientélisme cessent. Soit il prend lui-même les décisions, soit il nomme des personnes capables d'en finir avec tout ça.    

El Watan

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