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Des armes en nombre traversent tranquillement la Tunisie

Par Ridha Ben Kacem :

Le journal algérien « Al Khabar » a rapporté, dans son édition du jeudi 18 avril, que le juge d'instruction relevant de la 1ère chambre d'accusation du tribunal d'Annaba a ordonné la mise en garde à vue de deux Tunisiens et de quatre Algériens accusés de constitution d'un réseau international de trafic et de vente d'armes. Les trafiquants ont été arrêtés, en flagrant délit, à la frontière commune entre Souk Ahras (Algérie et Sakiet Sidi Youssef ( Tunisie ).

L'instruction a révélé que les armes de guerre, objet du trafic, proviennent de libye et qu'elles transitent par le territoire tunisien, vers l'Algérie. Le rôle des deux Tunisiens consiste à faciliter le franchissement de la frontière, en des points qui leur sont familiers. Ces deux tunisiens ont, en effet, l'habitude de franchir illégalement la frontière entre les deux pays, grâce aux connaissances algériennes qu'ils ont réussi à tisser dans la région.

La garde nationale algérienne a réussi, mercredi 17 avril 2013, à appréhender les trafiquants en possession de 30 pièces de guerre, de 19 jumelles et de 4 jumelles à infrarouge de fabrication allemande. Lors de leur interrogatoire, les accusés ont déclaré remplir une mission commanditée par un donneur d'ordre tunisien très riche et influent. Cet homme est Un salafiste radical qui répond au surnom de « Haj Abda » et qui subit, actuellement, un interrogatoire sécuritaire, en Tunisie.

Selon le journal algérien, l'arrestation de cette bande de trafiquants survient après l'échec d'une opération de ratissage, de la région, menée aux fins de découvrir un lot de 200 armes à feu, cachées en un point frontalier révélé par les deux Tunisiens qui déclarent avoir oublié le lieu exact de la cachette. Des trafiquants d'armes à la courte mémoire, cela ne s'était jamais vu nulle part dans le monde. C'est, donc, une première mondiale que l'on enregistre ici. Le journal algérien précise que l'arrestation de « Haj Abda » est un rude coup porté à ce réseau trans-maghrébin de trafic d'armes qui est sur le point d'être démantelé, après l'arrestation de deux éléments, encore, en fuite. Oui, on peut, toujours, rêver !

Selon l'édition de jeudi 18 avril du quotidien francophone algérien El Watan, ce sont cinq personnes et non six, dont deux Tunisiens, qui ont été placées sous mandat de dépôt, à Annaba, dans l’est de l’Algérie, pour avoir introduit, en Algérie, 30 kalachnikovs et des jumelles à infrarouge, en provenance de Libye, via la Tunisie. Les 30 armes automatiques devaient être vendues à 600.000 dinars algériens, l’unité, selon le journal. C’est grâce à un gendarme algérien infiltré qui s’était fait passer pour un acheteur que ce groupe de trafiquants d'armes a été arrêté, il y a quelques jours, à la frontière tuniso-algérienne. Lors de leur audition, les Tunisiens ont déclaré, selon le journal, que « les armes proviennent de Libye et transitent par la Tunisie avant d’être écoulées en Algérie ».

L'on se rappelle, à ce propos, que les Premiers ministres libyen, algérien et tunisien, réunis le 12 janvier dernier, à Ghadamès, dans le sud-ouest de la Libye, avaient décidé de « créer des points de contrôle, communs, et d’intensifier la coordination et la coopération dans le domaine sécuritaire, entre les trois pays», notamment, pour lutter contre le trafic d’armes. En proie à une insécurité croissante, la Libye peine à former une armée et des forces de sécurité pour surveiller ses 4.000 km de frontières, au sud, et ses 2.000 km de littoral, au nord.

L'on retient, donc, que des quantités énormes d'armes traversent notre pays, du sud au nord, parcourant, ainsi, des centaines de kilomètres, sans que les forces tunisiennes de sécurité tunisiennes ne parviennent à les intercepter. Brrr. Rien que d'y penser, on perd le sommeil. La Tunisie serait devenu, ainsi, un territoire de transit des armes de trafic et dieu sait de quoi encore. Où sont les autorités ? Où est l'ETAT ? Contrairement à la Libye et l'Algérie, la Tunisie est un petit pays où tout se sait. Il est difficile de croire qu'une telle quantité d'armes traverse, aussi, tranquillement, le pays sans bénéficier de complicités. Ces trafiquants d'armes ont été piégés de la manière la plus élémentaire qui soit par les forces de sécurité algériennes. D'abord félicitons ces professionnels algériens et interrogeons-nous sur le pourquoi de la faillite de nos forces de sécurité. Le fait même que ces trafiquants d'armes aient été piégés de la sorte, prouve que ce ne sont pas des pros. Alors, encore une fois, que faisaient nos services de sécurité, au moment où cet arsenal de guerre, cheminait à travers le pays ?

RidhaBenKacem 19 avril 2013

Tunisie Focus

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