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De la base 100 à Boston : De l’espoir d’unité retrouvée à la barbarie surannée

Il y a des images qui marquent à jamais. Soit qu'elles sont violentes, soit qu'elles symbolisent des convictions solides ou les contredisent. Les obsèques des 5 militaires morts dans un crash d'hélicoptère et les effroyables attentats qui ont endeuillé le marathon de Boston (Etats-Unis) nous ont beaucoup ébranlés ce 15 avril !

 Cinq cercueils tragiquement alignés devant lesquels les autorités politiques et militaires sont venus pieusement et humblement s'inclinés. Cinq corps sans vie ! Cinq patriotes qui ont pris ce vol ce vendredi matin pour une mission nationale sans savoir que le destin avait déjà scellé leur sort. Et de façon tragique avec cet accident du vendredi 12 avril 2013 à Ouro-Modi, un village situé à 50  km au sud-ouest de Sévaré.  Ils avaient en commun la passion du pilotage, du métier des armes, l'amour de la patrie pour qui ils ont pris tous les risques en connaissance de cause, du péril de leur boulot.

Cette passion de servir les a unis aussi bien dans la vie que dan la mort. Ces deux officiers (Colonel Abdoulaye Diallo et Capitaine Malamine Sangaré), l'élève-officier (Ibrahim B. Mariko) et les deux sous-officiers (Adjudants Oumar M. Traoré et Cheick Oumar Diarra) sont morts pour la nation sur le terrain, en mission commandée. Ils incarnaient pourtant le futur de l'armée malienne que nous sommes en train de rebâtir en ce moment parce qu'ils avaient la passion et la connaissance de leur boulot, de leur spécialisation. Des valeureux soldats arrachés à la nation à l'apogée de leur expérience ou à la fleur de l'âge. Que Dire sinon rendre gloire à Dieu qui a rappelé à lui ces cinq dignes fils, ces piliers de leurs familles, de toute une armée et de toute une nation éplorées.

Même dans la mort, les victimes du crash d'hélicoptère ont tenu à envoyer à la nation de derniers signaux et des symboles forts : l'unité et la cohésion d'un corps sur lequel repose en partie la stabilité, la quiétude et surtout l'intégrité territoriale d'une nation !

Ce 15 avril 2013 à la Base 100 de l'armée de l'air, nous avons vu ces cercueils transportés par des compagnons d'armes de l'armée de l'air, de l'armée de terre, des unités parachutistes et de la garde nationale. Ce symbole ne devait échapper à personne.

Comme si pertinemment souligné par le président de la République par Intérim, lors des obsèques, ils nous ont montré la voie de « l'union sacrée pour conforter que le projet de présence du Mali n'est pas négociable ». Et puisque des « plus jeunes » sont morts pour ce projet, comme le prouvent ces funérailles, « leur sacrifice doit nous parler à tous et à toutes ». Le Colonel Abdoulaye Diallo et ses compagnons d'infortune ont sans doute scellé l'unité de l'armée malienne à jamais ! Du moins, on l'espère !

Du destin de mortel à la barbarie inqualifiable

Si, sans être fataliste, nous mettons le crash d'hélicoptère sur le compte du destin du mortel que nous sommes, il n'en saurait être de même pour les attentats qui, ce 15 avril, ont transformé une fête sportive en une effroyable tragédie. Une fois de plus, la haine a changé le cours de la passion, du bien-être..., de la vie !

« Les coureurs venaient de terminer et ils n'ont plus de jambes à présent », raconte un policier et ancien Marine de 35 ans au New York Times. Se surpasser pour aller au bout de sa passion et finalement se retrouver handicapé à vie. Il n'y a que la haine et l'intolérance qui peuvent infliger cela aux humains.

« Il y a tellement de personnes sans jambes. Du sang, du sang partout. Des os, des fragments, c'est dégoûtant », poursuit le jeune homme. « C'était choquant, il y avait du sang et des éclats de verre partout », a confié sur CNN une passante. « Peut-être à cause de ce qui s'était déjà passé avant, je n'ai pas eu le moindre doute sur le fait qu'il s'agissait d'un attentat, ce qui vous donne une idée de ce qu'est devenu ce pays », a-t-elle ajouté. De ce qu'est en train de devenir notre monde ! Depuis, les télévisions ne cessent d'afficher en boucle des images de chaos, des rues jonchées de débris et des véhicules de secours. En un mot, l'horreur !

Oui, l'horreur a frappé la ligne d’arrivée du marathon de Boston (Massachusetts, Etats-Unis), après deux explosions qui ont fait au moins trois morts et une centaine de blessés ce lundi 15 avril 2013. Parmi les victimes, un enfant de 8 ans ! Un innocent parmi tant d'autres.

Des scènes terrifiantes que la défense d'aucune cause ne saurait justifier. Des images atroces qui nous renvoient aussi le calvaire vécu par les populations du nord-Mali, des attentats de ces derniers jours à Kidal et Tombouctou. Et nous ne pouvons nous empêcher de nous poser la question : qu'avons-nous en commun avec les auteurs de ces actes lâches et barbares ?

Sont-ils des humains comme nous ? Quelle est leur véritable motivation ? Et comme me rappelle aussi un internaute, ils ne sont pas non plus des animaux parce que « les animaux ne font pas ce genre de choses ».

L'humanité joue son existence face à des monstres atteints de folie meurtrière ! Des sanguinaires qui se servent de la foi ou d'autres causes farfelues comme bouclier pour essayer de ramener la race humaine aux méandres de l'obscurantisme.

Nous avons en face des montres qui ne cessent de nous prouver que le terrorisme, sous toutes ses formes, est une plaie mondiale ! Une plaie qu'il faut soigner au-delà de toutes considérations raciales, religieuses, sociales, culturelles... Quel être humain pourrait-il se reconnaître dans ces actes d'une autre époque ?

Tous vulnérables, sous-développés ou puissants

Il n’y a pas un pays ou l’on soit à l’abri de tels actes et il faut s’habituer à vivre avec, même si ce n’est pas normal et doit beaucoup préoccuper ! Quels que soient les auteurs (groupes ou autres illuminés), il faut lutter et punir avec une extrême rigueur et ne faire aucune économie de moyen pour éradiquer ce qui peut être apparenté à un virus endémique qui se repend !

Face à cette minorité grandissante de fanatiques qui frappe partout où elle veut et quand elle veut, il faut une solidarité à toute épreuve, au-delà des divergences idéologiques, spirituelles, politiques voire culturelles. Aucune idéologie ne saurait justifier le sacrifice des vies, surtout innocentes. Dans la plus grande solidarité internationale, nous devons nous défendre en attaquant le mal à la racine et sans état d’âmes !

Nous ne devons laisser aucun répit à ces monstres qui ½uvrent à rendre notre quotidien invivable et insupportable. La preuve, c'est qu'ils viennent de nous atteindre dans un secteur représentant à nos yeux tous les symboles de paix, de justice et d'unité.

Le marathon de Boston, endeuillé par la mort de trois personnes, est le plus vieux du monde. Cette année, il fêtait son 117e anniversaire car sa première édition été courue en 1897, par moins d’une vingtaine de concurrents. Traditionnellement disputée le 3e lundi d’avril dans la capitale du Massachusetts, cette course fait partie des six Marathons mondiaux majeurs, avec les 42,195 km de New York, Chicago, Berlin, Londres et Tokyo. Elle n’a jamais connu d’interruption depuis sa première édition, même si elle n’est disputée sur la distance olympique officielle que depuis 1924.

Il est vrai qu'on est pour le moment le bilan de Boston est loin du drame qui a eu lieu à Port-Saïd (Egypte) le 1er février 2012 suite à un match de football entre Al-Masry et Al-Ahly (17e journée du championnat national). Le dernier bilan de ce massacre faisait état de près de 80 morts et d’un millier de blessés.

Le décompte macabre n'a pas non plus l'ampleur de la tragédie du Hessel survenu le 29 mai 1985 à Bruxelles (Belgique). Il s'agit de l’une des tragédies les plus marquantes liées à une manifestation sportive et due au hooliganisme, donc à la haine et à la bêtise humaines.

C'était à l’occasion de la finale de la coupe d'Europe des clubs champions (aujourd'hui Ligue des Champions) entre Liverpool (Angleterre) et Juventus (Italie). Des grilles de séparation et un muret s'étaient effondrés sous la pression et le poids de supporters, faisant 39 morts et plus de 600 blessés.

On se rappelle aussi que, le 5 septembre 2012, huit membres lourdement armés du groupe terroriste Septembre Noir (une faction de l’OLP), arrivèrent dans la banlieue de Munich (Allemagne) et escaladèrent la barrière protégeant les milliers d’athlètes dormant dans le Village olympique.

Armés de fusils d’assaut et des grenades, ils se ruèrent jusqu’au bâtiment hébergeant la délégation israélienne aux « Jeux de la Paix et de la Joie ». Ce jour sombre, comme ce lundi 15 avril douloureusement vécu à Boston, le sommeil sombra soudain dans l’horreur lorsque des criminels firent irruption à l’intérieur et capturèrent les Israéliens.

L'arène sportive n'est un pas un théâtre de violence

Mais, une arène sportive ne doit jamais être le théâtre de l'expression de la violence, de quelle naturelle qu'elle soit ! Le sport développe des valeurs essentielles (solidarité, fraternité, intégration, Fair-play...) pour qu'on sen sert pour exprimer ou défendre une cause violente, sanglante.

Le sport rassemble toujours par la passion et au-delà des races, des convictions religieuses ou sociopolitiques. Malgré les drames cités plus haut, il demeurait encore presque le dernier refuge sûr contre la violence de ce monde. Mais, le restera-t-il longtemps après les attentats de Boston ?

Il doit le rester car renoncer, c'est offrir la victoire au terrorisme et à ses apôtres. Annuler les événements sportifs à venir à cause de ce que le monde entier a vécu en direct le 15 avril 2013, c'est courber l'échine devant des monstres.

Il ne fait pas de doute que l'objectif rechercher par cette terreur planifiée, c'est imposer la psychose ! Que les humains ne se sentent plus en sécurité nulle part, même pas dans un stade ou sur le parcours d'un marathon !

Une concession que nous ne devons jamais faire à personne. Certes il faut redoubler de prudence et de vigilance en renforçant les mesures de sécurité, mais, rien ne doit nous éloigner de notre passion, de notre conviction que le sport est le meilleur lien pour rapprocher les peuples, les populations d'une même nation, quelles que soient leurs différences et divisions.

Comme le dit si bien un directeur d'école de Boston, « c'est effrayant, mais cela ne va pas m'empêcher de faire ce que je fais tous les jours...» ! Certainement, la meilleure attitude à observer face au terrorisme, pour exorciser ce mal démoniaque qui espère avoir bientôt l'humanité à ses pieds !

Moussa Bolly

Mali Web

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Boston

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