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Fait divers : Encore un orphelin de plus !

Une erreur ! Une erreur très grave, mais une erreur de qui ? Personne. Puisque l'on ne se pose pas la question. Certainement une ½uvre du Ciel. Comme on a coutume de le dire après une perte en vie humaine.

Julie aurait 23 ans en octobre prochain. Elle a désiré un enfant et l'a finalement eu de son copain. La grossesse a eu une évolution « normale », mais la date d'accouchement prévue par le gynécologue a été dépassée. Cela commençait à inquiéter. Elle s'est alors rendue dans une structure de santé de la place à Ouagadougou et, à la suite d'une césarienne, elle a donnée naissance à un petit garçon adorable d'environ 2 kilos. Mais ce petit garçon, elle ne l'allaitera que 12 jours seulement. Puisque Sali va passer de vie à trépas. Laissant le « bout'chou » orphelin. Encore donc, une mère qui perd la vie en donnant la vie. Cependant, après un suivi normal de l'évolution de cette grossesse, l'on se demande si les agents de santé ne devraient pas se rendre compte de quelques choses. Puisqu'après l'intervention, soit environ une semaine après, elle s'est évanouie. Conduite à l'hôpital, rien ne sera concrètement fait. Son p'tit ami affirme qu'il n'y a pas eu de consultation en tant que tel, encore moins de délivrance d'ordonnance.

Elle a été libérée le même jour. Tout semblait normal jusqu'au 12ème jour où elle est repartie à l'hôpital pour enlever les fils de sutures. Etait-ce trop tôt ? Le soir, alors qu'elle était devant son domicile, elle héla un vendeur d'habits qui passait par là, pour en acheter pour son petit. Mais, elle ne pourra pas en acheter. Une crise la faucha subitement. Le vendeur d'habit de même que les voisins du quartier l'entraineront dans sa maison. Elle avait mal car cette crise paraissait plus grave que la première. Elle rendra l'âme les instants suivants avant qu'on ait le temps de la conduire dans une formation sanitaire.

Oui, Julie est morte, laissant derrière elle, le bébé qu'elle a tant cherchée. Est-ce la césarienne qui n'a pas bien marché ? Les fils de sutures n'ont-ils pas été bien enlevés ? Sa famille et son copain sont-ils responsables, puisqu'à 22 ans, première couche et par césarienne, personne ne l'a assistée et accompagnée. Elle lavait elle-même son bébé avec l'aide d'une voisine, qui ne pouvait pas le faire à tout moment. Elle continuait à faire les travaux ménagers (La cuisine, puiser de l'eau, charger la bouteille de gaz...). A qui la faute donc ? Une question qui ne peut certainement pas avoir de réponse vu les circonstances controversées qui ont précédé ce décès. Les efforts pour la réduction de la mortalité maternelle devront être redoublés, car ses causes sont bien divergentes.

Bassératou KINDO

L'Express du Faso