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Le drame des familles maliennes à Ghardaïa

La guerre au Mali s'est répercutée d'une manière ou d'une autre sur l'Algérie. Des ressortissants maliens, fuyant le conflit armé, ont trouvé refuge dans quelques villes du pays, comme Ghardaïa. Des familles maliennes se sont installées à même le sol, au-delà du mur qui sépare la gare routière de la ville, dans une ruelle menant vers une petite palmeraie visiblement abandonnée. Des enfants de tous âges, des femmes, vieilles et jeunes, quelques vieux ont pris place sur les trottoirs avec le peu de bagages ramenés du Mali ou offerts par les habitants de la localité. Les familles se servent d'eau remplie dans des bouteilles pour laver leurs enfants ou pour préparer des «repas» dont l'hygiène n'est pas garantie. Il faut dire que les habitants de Ghardaïa, Ibadites comme Chaâmbas, aident ces familles dans la mesure du possible ; ils leur amènent des fruits et légumes, de la semoule et notamment des dattes, que transforment les femmes maliennes en une sorte de pâte. Sur les mêmes lieux, des couvertures et des couettes, des draps et des matelas sont éparpillés sur le sol. Les Maliennes, habillées pour la plupart de vêtements traditionnels, sont fatiguées. La tristesse se lit sur leur visage. Le moindre passant est perçu comme un potentiel donateur. Les enfants jouent entre eux mais ne mesurent pas encore la dure réalité que vivent leurs parents.Ces exilés, qui ne jouissent pas du statut de réfugié, demandent l'aumône. Ils ne peuvent prétendre à un travail faute de papiers. Leur seule possibilité est de travailler clandestinement, tombant ainsi dans le piège d'entrepreneurs qui ne les payent pas selon leur rendement, dénonce un acteur associatif.  Dans le lit de l'oued M'zab se tient, chaque vendredi, un marché «aux puces» (souk el khourda en arabe). Les habitants de la ville de Ghardaïa viennent acheter ou vendre toutes sortes de produits, dont des bêtes d'élevage (moutons, chèvres, pigeons, poulets...). Ils demandent de l'argent. «Monsieur, pouvez-vous nous donner 500 DA pour prendre le bus qui va à Zelfana (67 km à l'est de Ghardaïa) ?», nous interpellent soudain Ali et Mamadou. «Nous avons un contact là-bas qui nous a promis un travail dans un atelier. Mais nous n'avons pas de sous pour y aller», affirme pour sa part Mamadou, la trentaine, originaire de Gao (Nord-Mali). Son ami, également de la même ville, raconte le vécu des familles maliennes présentes à Ghardaïa : «Nous dormons dans la rue. Nous ne pouvons pas nous payer un gîte à 300 DA la journée. Nous n'avons pas encore le statut de réfugié. Nous vivons au jour le jour. Notre seul souci est d'apporter de la nourriture à nos familles. Les habitants de Ghardaïa sont gentils avec nous. Ils nous apportent à manger, parfois ils nous donnent quelques dinars. Les Algériens sont généreux.» Les deux jeunes Maliens racontent leur voyage et leur désir de rester en Algérie : «Les Maliens déjà présents ici à Ghardaïa nous ont dit que la ville est sécurisée et que les gens sont tolérants. Nous avons fait le voyage depuis la frontière. Nous n'avons rencontré aucune difficulté. A la frontière, comme il n'y a pas de visa entre les deux pays, ils ont seulement cacheté nos passeports. A partir de la frontière, nous nous sommes rendus à Tamanrasset, puis à In Salah, pour enfin arriver à Ghardaïa. En tout, quatre jours de voyage en bus.» Mais le plus important, pour nos interlocuteurs, était de fuir la guerre au Nord-Mali. Originaires de Gao, ville qui avait été prise par les intégristes djihadistes, Mamadou et Ali ne voulaient pas être pris entre deux feux : «Nous avons quitté la ville pour ne pas être tués par les bombardements de l'armée française. C'est le même sentiment pour tous les Maliens qui ont déserté la ville.» Pour quelques jeunes de Ghardaïa, rencontrés à la sortie de la gare routière, «il serait très facile d'héberger ces réfugiés dans une des petites maisons que possède la wilaya, et ce, pour dire au monde entier que l'Algérie peut prendre en charge des exilés qui ont fui leur pays dans des circonstances de guerre».

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