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Le LMD enflamme les campus universitaires

Le ministère de l'Enseignement supérieur prend au sérieux ces tensions et promet d'agir rapidement. Le spectre d'une année blanche plane sur certains instituts, dont celui des langues étrangères de l'université d'Alger. L'application du système LMD (Licence-Master-Doctorat) dans les universités algériennes continue de faire des mécontents parmi les étudiants, qui tiennent «à s'en sortir avec le moins de dommages collatéraux possible», pour reprendre l'expression d'un de leurs représentants. Des mouvements de protestation ont perturbé le déroulement des cours et des examens dans plusieurs universités depuis le début de l'année. Les revendications brandies ont trait à la révision des méthodes d'application du système LMD, qui attise la colère des étudiants qui se sentent «victimes de ce système». Un vaste mouvement de protestation est en train d'ébranler la faculté des langues étrangères de l'université d'Alger 2. Les étudiants ont même essayé de sortir dans la rue pour exprimer leur «ras-le-bol» d'être ignorés par la tutelle qui «excelle dans la menace au lieu d'engager des mesures concrètes pour pallier aux insuffisances». La police a empêché, avant-hier soir, les étudiants de sortir de l'enceinte universitaire, où ils organisaient un sit-in pour dénoncer «la situation de pourrissement». L'institut des langues étrangères, situé à Beni Messous, est paralysé depuis le 18 février dernier. Une grève illimitée a été initiée par les étudiants des langues allemande, russe, italienne et espagnole ; ils ont décidé de poursuivre leur action jusqu'à l'aboutissement de leurs principales revendications pédagogiques, dont l'accès généralisé au master. Pour les étudiants dans l'enceinte universitaire, «il s'agit de remédier à une des dispositions floues de l'application du LMD» au niveau de ce département. Diplômes «bidon» Comment se fait-il que pour certaines filières suivant le même système d'études, l'accès est généralisé au master pour tous les étudiants en fin du premier cycle, c'est-à-dire en troisième année de licence, alors que pour les licenciés des quatre langues précitées, l'administration a fixé le nombre de postes à 25 pour chaque spécialité, qui sont ouverts à tous les étudiants de la même spécialité de tout le territoire national, y compris ceux de l'ancien système. «C'est une aberration», estime un délégué des étudiants. Aussi, la limitation de la licence à trois ans d'études au lieu de quatre, comme c'était le cas au temps du système dit classique, crée une véritable cacophonie parmi les étudiants qui se voient, une fois titulaires de cette licence, rejetés du recrutement au niveau de la Fonction publique qui exige, pour les postes de travail disponibles, bac + 4 ans d'études à l'université. «Cela n'a aucun sens. Pourquoi les pouvoirs publics s'efforcent-ils à appliquer un nouveau système d'études s'il n'aboutit à pas à des débouchés de travail ?», s'interrogent les étudiants, qui ont introduit des points relatifs à cette «anomalie» dans leur plateforme de revendications. Ils appellent ainsi à la levée de ces équivoques au niveau des employeurs et revendiquent «une refonte urgente de la nomenclature des postes de travail de la Fonction publique, qui devrait suivre, avec effet sur le terrain, de tous les amendements introduits au niveau des formations universitaires». Une réforme qui s'éternise Les étudiants réclament aussi une bibliothèque au niveau de leur institut : «Nous l'avons réclamée l'année dernière, malgré les engagements des responsables de l'institut, rien n'indique que c'est pour bientôt. Nous continuons d'évoluer dans des conditions lamentables entre des chantiers bruyants qui s'éternisent.» Il faut savoir que la direction de la faculté des langues étrangères avait donné un délai - qui a expiré hier - à tous les étudiants pour la reprise des cours sous peine d'être exclus définitivement, «quel que soit le nombre des étudiants concernés», peut-on lire dans la note affichée au niveau de l'institut. Une menace qui n'a pas été prise au sérieux par les étudiants, qui ont décidé de continuer à boycotter les cours «jusqu'à l'obtention de réponses satisfaisantes». Mardi soir, les protestataires ont tenté d'organiser un sit-in devant leur établissement, qui a été réprimé par les services de l'ordre qui ont empêché les étudiants de sortir groupés. A rappeler que les examens du premier semestre n'ont pas encore eu lieu. Le spectre d'une année blanche plane sur l'institut, si les deux parties en conflit continuent à camper chacune sur ses positions. Il y a lieu de rappeler qu'une réunion a été tenue à la mi-mars entre le ministre de l'Enseignement supérieur et les recteurs des universités pour l'évaluation de l'application du LMD. Selon un responsable du ministère, qui s'est exprimé sur cette question, «il s'agit de cerner toutes les difficultés exprimées dans les différentes facultés et les examiner dans le but de trouver les mécanismes pour y remédier».  Plusieurs instituts et écoles supérieures ont connu des perturbations pour les mêmes revendications depuis le début de l'année, à l'exemple de l'Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme (EPAU), où les étudiants ont un semestre non validé pour cause de  grève. Nombre de départements à l'université des sciences et de la technologie Houari Boumediène (USTHB) ont également connu le même type de perturbations.   

El Watan

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