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Centrafrique: sommet régional à N'Djamena pour tenter de ramener le calme

Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat d'Afrique centrale sur la Centrafrique jeudi tentera de trouver des solutions à la situation critique dans lequel se trouve ce pays en proie à l'anarchie et aux violences après la prise du pouvoir par la coalition Séléka le mois dernier.

Le sommet, qui réunira l'ensemble des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ainsi que le président sud-africain Jacob Zuma, doit "faire le bilan de l'évolution de la situation en Centrafrique" depuis les décisions prises lors du précédent sommet du 3 avril.

Ce sommet avait permis de trouver "l'habillage institutionnel" pour légitimer le nouveau président Michel Djotodia, chef du Séléka, tout en lui imposant de quitter le pouvoir à la fin d'une période de transition de 18 mois.

Il avait ouvert la voie à la reconnaissance du nouveau régime par la communauté internationale et à la reprise des aides économiques pour ce pays de 5 millions d'habitants parmi les plus pauvres de la planète.

Le sommet de jeudi doit aussi adopter une "déclaration dite de N'Djamena définissant la feuille de route de la transition avec les différentes étapes", selon une source tchadienne. Toutefois, si la question politique semble éclaircie, la situation du pays s'est considérablement dégradée depuis le 3 avril.

Les pillages n'ont pas cessé et des heurts ont eu lieu entre des hommes du Séléka et des habitants excédés par l'insécurité, ainsi qu'avec des milices partisanes de l'ancien régime du président François Bozizé. Une vingtaine de personnes sont mortes le week-end dernier et sept hommes du Séléka ont été tués en début de semaine.

 Une source diplomatique craint même "une guerre civile" si l'actuelle anarchie perdure.

La position du Tchad, clé du sommet

Mardi, Michel Djotodia avait annoncé un renfort de 500 hommes à la police et 500 autres à la gendarmerie, ainsi que le casernement des combattants du Séléka. Ce casernement vise à retirer des rues les anciens rebelles, dont beaucoup n'hésitent pas à piller ou à se servir de leur force pour commettre des exactions. Il doit aussi permettre d'arrêter les individus armés se faisant passer pour des combattants du Séléka.

Mais les mesures de cantonnement des troupes ne sont pas suivies d'effet et le gouvernement a transmis à la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) une demande de renfort de 1.000 hommes pour assurer la sécurité. Le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'ancienne opposition, a aussi demandé le renfort de soldats français pour pacifier la capitale et l'arrière-pays.

Ces renforts devraient être débattus au sommet. De nombreux acteurs de la région se montrent sceptiques: "Qui a les hommes? Qui va payer? Qui va les entretenir?", s'interroge une source diplomatique d'Afrique centrale "lassée de toujours devoir aider le même pays".

La Fomac compte actuellement 500 militaires (120 Gabonais, 120 Camerounais, 120 Congolais, plus un contingent tchadien). Exception faite du Tchad, il n'est pas évident que les autres pays aient les moyens militaires de répondre favorablement à des renforts supplémentaires.

De même, il n'est pas sûr que la France, qui est en train de retirer ses troupes du Mali, ait la volonté d'engager plus que son contingent actuel d'environ 500 hommes en Centrafrique pour des opérations de police. Même si le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déclaré mercredi que la France était "disponible" pour aider au "retour de la stabilité". Sous réserve toutefois de "mettre en place des autorités légitimement reconnues, ce qui n'est pas le cas du président actuel".

Tous les regards sont tournés vers le Tchad et le président Idriss Deby Itno sans qui rien ne se fait en Centrafrique. Toutefois, la présence de l'armée tchadienne n'est pas forcément rassurante pour la population. Une partie des Centrafricains assimile les Tchadiens au Séléka et les accuse de participer aux exactions.

Il faudra aussi trouver une solution économique pour le pays ravagé par les pillages et où une partie du faible tissu économique a été détruit par les anciens rebelles. "La conjoncture économique mondiale n'est pas favorable", soulignait récemment un diplomate occidental, "mais sans argent rien n'est possible".

AFP

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