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Film de l’arrestation de Karim

Me Ciré Clédor Ly a raconté dans les moindres détails le film de l'arrestation. Visiblement très amèr, l'avocat parle d'acte déloyal et révèle que les gendarmes ont tenté d'humilier Karim Wade.
« J'avoue que j'ai frissonné. Parce que je pense qu'il devrait y avoir un minimum de décence dans l'exécution des missions. Lorsque je les ai reconnus, je leur ai demandé d'attendre afin que j'avertisse Karim Wade parce qu'il pouvait refuser d'ouvrir sa porte. Ils auraient pu prendre d'assaut son domicile. S'il avait été tué, on aurait dit qu'il se serait rebellé. Je remercie, le lieutenant , qui avait la courtoisie d'attendre. J'ai informé le gardien de ma présence et ceux de la Section de recherches sur les lieux. La porte a été ouverte. Karim aurait pu chercher à fuir. Il a toujours était chez lui avec son short, il attendait tranquillement, parce qu'il était serein. Ce n'était pas après la mise en demeure qu'il allait fuir. Quand les gendarmes sont entrés, il les a reçus. "L'objet de votre visite", leur a-t-il dit. "Nous avons reçu mandat de vous amener", a répondu le lieutenant. Je suis alors intervenu pour leur qui avait donné cet ordre. Il m'a répondu : "C'est le Procureur spécial ». Où ? Il m'a dit : "Me vous posez trop de questions. C'est Karim Wade qui nous intéresse". L'un d'eux a alors lancé : "Karim on y va!". Karim a répondu : "Donnez-moi 15 minutes, afin que je m'habille". Refus catégorique ! Parce que le pauvre (Karim) dormait avant leur arrivée. Il a travaillé durant toute la nuit avec nous. C'est lui qui a fait les dernières retouches alors que nous étions claqués. "Laissez-moi me débarbouiller et m'habiller", a-t-il dit aux gendarmes. "Non, non, non ! C'est une instruction", ont-ils encore répondu. Je suis intervenu pour leur demander s'il ne s'agissait pas d'une convocation. Parce qu'il a le droit de refuser de répondre à cette convocation. "Ah non Maître ce que vous dites ne nous intéresse pas. Convocation, dès réception il faut répondre", m'ont-ils dit. Je leur ai dit d'accord, mais cela ne veut pas dire que nous avons l'obligation de vous suivre. Il y a dans le groupe des personnes qui se sont échauffées et j'ai senti qu'ils allaient utiliser la violence, malgré que le jeune lieutenant essaie de dire écouter : "On lui donne 10 minutes". "Ah non ! Dix minutes c'est trop. 5 minutes pas plus", lance un autre. Et le lieutenant est intervenu pour dire que "10 minutes, c'est décent". Ils ont failli prendre d'assaut la chambre de Karim Wade. Alors je suis allé dire à Karim : "dépêches toi, sinon ils n'hésiteront à mettre à sac ta chambre. Même si tu n'es pas prêt il faut partir". Parce qu'il fallait empêcher au moins qu'il soit brutalisé, le pauvre ! Alors Karim est ressorti, mais dans ses précipitations, il s'est rendu compte qu'il n'avait même pas ses chaussures. Il est reparti. Ils ont voulu le suivre. Je leur ai dit : "il prend juste ses chaussures". C'est dans ces conditions que cela c'est passé. Ce qui arrive à Karim peut arriver à d'autres voilà pourquoi, nous nous indignons", a narré l'avocat.

REWMI.COM/MSD

Rewmi

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