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Plafonnement des Baux et Loyers d'habitation : Tiao va-t-il échouer ?

C'était l'une des mesures annoncées par Luc Adolphe Tiao après sa reconduction à la Primature : A savoir le plafonnement des baux et loyers d'habitation, dont le coût est de plus en plus élevé pour la population. Plus de trois mois après, la mesure n'a toujours pas eu une suite. Mieux, le chef du gouvernement adopte désormais un profil et bas et dit se refuser à prendre des engagements qu'il ne pourra pas tenir.

En marge de sa visite effectuée dans les locaux de Radiotélévision du Burkina (RTB) le jeudi 11 avril 2013, Luc Adolphe Tiao n'a pas souhaité s'engager sur des pistes qu'il ne maîtrise pas. C'est en tout cas la réponse apportée à certaines préoccupations posées par ses interlocuteurs.

Une réponse qui tire sans aucun doute ses origines dans les nombreuses promesses faites par le Chef du gouvernement à l'endroit des populations. Et qui, malheureusement, dans la pratique n'ont pas connu une mise en ½uvre satisfaisante, occasionnant du même coup, la colère des populations.

C'est le cas sur le dossier du plafonnement des prix des loyers à usage d'habitation qui ont connu ces dernières années, une hausse importante. De 20 à 30% en moyenne selon les zones.

Crise pour les uns, ''tout bénef'' pour les autres

A Ouagadougou, mais également dans les provinces, la surenchère est perceptible. A contrario, le pouvoir d'achat des citoyens, lui, affiche une courbe nettement décroissante. Chez les travailleurs c'est d'ailleurs la grogne en ce moment.

Malheureusement, depuis l'annonce de cette mesure ''spectaculaire'' et dont l'opinion attendait la mise en ½uvre concrète, plus rien d'autre n'a filtré sur le sujet. Par endroit, les prix ont même grimpé à nouveau, renforçant ainsi la course à la spéculation dans un secteur libéralisé et où la demande dépasse largement l'offre.

Les propriétaires à l'unisson

Du reste, la sortie médiatique du chef du gouvernement, au lendemain de sa reconduction, a poussé les acteurs du domaine à resserrer rapidement les rangs, à travers la création et/ou le renforcement de leurs structures associatives. Lesquelles regroupent les entrepreneurs du domaine.

Une action qui risque sans aucun doute de compliquer encore plus la tâche au gouvernement, si ce n'est l'objectif recherché en fin de compte.

Ce d'autant plus que sur la question des logements sociaux et de leur accessibilité, le problème reste entier.

L'Etat en location

L'un des problèmes qui se pose selon un juriste, c'est que « l'Etat lui-même ne construit plus ». Il se plait, ajoute-t-il, dans sa situation de locataire.

En effet plusieurs services de l'administration publique sont logés dans des bâtiments appartenant à des particuliers. Et le plus souvent payés au prix fort du marché !

Il y a également ajoute un autre, le fait que selon lui, une majorité d'acteurs politiques qui sont devenus par la force des choses des ''bailleurs''. Une double casquette qui dans le contexte actuel, fait leur bonheur.

Dans ces conditions, l'on voit mal comment ces acteurs pourraient agir contre leurs propres intérêts. A moins de vouloir scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Juvénal SOME

Lefaso.net

Le Faso

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