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Venezuela: la crise se poursuit malgré l’appel au dialogue de l’opposition

La crise politique déclenchée par l’élection à la présidence de Nicolas Maduro se poursuivait mercredi au Venezuela malgré l’appel au dialogue du chef de l’opposition Henrique Capriles, après une nouvelle nuit de manifestations opposant les partisans des deux camps.

Battu d’une courte tête lors du scrutin, M. Capriles, qui exige toujours un nouveau comptage des bulletins de vote, a annulé le rassemblement prévu devant le Conseil national électoral (CNE), craignant que le pouvoir n’en profite pour “semer la violence”.

Après les manifestations émaillées d’incidents qui ont fait lundi soir sept morts et une soixantaine de blessés, le gouverneur de l’Etat de Miranda (nord) a exhorté M. Maduro à “ouvrir un dialogue”, assurant que “la crise pouvait être réglée dans les prochaines heures”.

Jusqu’à présent, le président élu, convaincu d’être la cible d’une “tentative de coup d’Etat”, campe sur ses positions et a appelé ses fidèles à renforcer la mobilisation, accusant la “droite fasciste” de vouloir provoquer une “guerre civile comme en Libye ou en Syrie”.

“Tout le peuple révolutionnaire est dans la rue”, n’a de cesse de répéter l’héritier du défunt dirigeant charismatique de la gauche Hugo Chavez, qui s’engage à poursuivre sa “révolution” socialiste lancée il y a quatorze ans à la tête de ce riche pays pétrolier.

Si aucun grand mouvement n’est attendu ce mercredi, un groupe chaviste a annoncé son intention d’aller manifester devant la résidence du gouverneur Capriles, à Los Teques, dans l’Etat de Miranda.

Sur Twitter, M. Capriles a accusé “l’illégitime” (surnom qu’il a donné à M. Maduro) d’envoyer des partisans “attaquer” sa résidence officielle. “Quoi qu’il m’arrive à la résidence officielle à Los Teques sera de la responsabilité de Nicolas Maduro !”, a-t-il ajouté.

Immédiatement, le président élu a répondu par le même canal, affirmant que “la droite montait des groupes avec des chemises rouges (la couleur des chavistes) pour simuler des attaques” et a dit avoir “alerté tous les services de sécurité”.

Le point d’orgue de la mobilisation “chaviste” doit intervenir vendredi au cours de l’investiture du nouveau président à Caracas. Le ministre de la Communication, Enrique Villegas, a annoncé qu’au moins quinze pays enverraient une délégation de “haut niveau”, même si seul le dirigeant bolivien, Evo Morales, a confirmé sa venue.

L’élection de M. Maduro a déjà été saluée par la plupart des pays latino-américains, mais les Etats-Unis ont appuyé la demande d’un nouveau comptage des suffrages.

Nouveau soutien de taille, mardi soir, l’Espagne a également reconnu son élection, via un communiqué du ministère des Affaires étrangères, après quelques jours de tensions diplomatiques.

De son côté, l’Organisation des Etats Américains (OEA) a fait état de sa “profonde inquiétude” pour les violences dont l’opposition et le pouvoir s’accusent mutuellement.

Depuis le début de la crise, les autorités vénézuéliennes ont annoncé avoir procédé à l’arrestation de plus de 130 personnes, ainsi qu’un groupe restreint de militaires, soupçonnés de comploter avec l’opposition.

Le gouvernement n’a pas exclu que M. Capriles soit lui-même l’objet d’une enquête, le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello, l’un des piliers du régime, s’étant engagé en faveur de l’ouverture d’une “enquête pénale” à son encontre, à la suite de la mort de manifestants.

Pendant la nuit de mardi à mercredi, dans un tonnerre de décibels, de multiples feux d’artifice, lancés à l’appel de M. Maduro ont répondu aux concerts de casseroles, devenus le signe de ralliement des “caprilistes”.

Beaucoup d’habitants ont suivi la consigne du candidat de l’opposition en évitant de descendre dans la rue, faisant tinter leurs casseroles depuis la fenêtre de leur appartement.

“Nous voulons une vérification des votes et toutes les nuits la lutte va continuer jusqu’à ce que le CNE nous garantisse le nouveau comptage des bulletins”, a assuré à l’AFP Rafael Marin, un étudiant en droit de 27 ans, dans le quartier d’affaires de Palos Grandes.

A une dizaine de kilomètres de là, dans le secteur populaire de La Pastora, Dario Gutierrez, un chauffeur de taxi de 29 ans, fervent “maduriste”, n’a pas hésité à dépenser 200 bolivars (environ 30 dollars au taux de change officiel) pour acheter une vingtaine de pétards, qu’il a lancés fièrement près sa maison.

“C’est faux de dire qu’il y a eu de la tricherie pendant les élections, ils doivent assumer leur défaite et attendre six ans avant de poser une nouvelle candidature”, a-t-il déclaré à l’AFP.

LNT 

Crédits AFP 

La Nouvelle Tribune

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