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Session printanière : Un Round-up sous haute tension

Le coup d'envoi de la session de printemps de la deuxième année législative a été donné vendredi dernier, conformément à l’article 65 de la Constitution. De l'avis de presque tous les observateurs, cette session sera certainement agitée et houleuse. Le contexte politique et socio-économique actuelle y est certainement pour beaucoup. Le gouvernement Benkirane est attendu au tournant par tous…y compris par certains de ses «amis» de la majorité !

Politiquement d'abord, les partis de l'USFP, du PAM, du RNI et de l'UC le clament sans aucune ambiguïté. ''Pas question de se laisser faire par un gouvernement qui veut tout passer sans aucun respect des règles démocratiques'', dit-on auprès des partis de l'opposition, tout en pointant du doigt “l’unilatéralisme” caractérisant le processus de préparation de ce plan par l’exécutif, promettant “de ne pas rester les bras croisés” face à cette tentative visant à “priver” le Parlement de son rôle législatif. Mais ce qui pourrait toutefois rendre la tâche encore plus difficile à Benkirane est cette incohérence entre les composantes de la majorité qui donne d’ores et déjà des signes visibles de graves divergences. Alors que normalement, des situations politiques pareilles  nécessitent au préalable une coalition gouvernementale solide, forte et cohérente.

Outre le plan législatif, présenté par le gouvernement comme une feuille de route de son mandat, cette session intervient dans une conjoncture marquée par un volume important de propositions de loi présentées par les divers groupes parlementaires, des propositions dont la priorité respective fait l’objet de grandes divergences entre majorité et opposition.

Et ce n’est pas fini ! En effet, la décision du gouvernement portant sur l’arrêt de l’exécution de 15 milliards de Dhs du budget d’investissement au titre de l’année 2013 ne va pas rester sans suite. En attestent les positions exprimées contre cette mesure par différents acteurs politiques aussi bien de l’opposition que de la majorité.

Pour l’USFP, il s’agit “d’une violation de la Constitution et une marginalisation du rôle de l’institution législative”, d’autant qu’en principe tout amendement au budget public doit recevoir l’aval du Parlement. De son côté, le Parti Istiqlal accuse le gouvernement de “manquer d’une vision économique claire susceptible de permettre à l’économie nationale de faire face aux répercussions de la crise mondiale”.

La session de printemps du Parlement s’ouvre donc sur fond d’un débat qui s’annonce chaud autour du plan législatif présenté. Il est à rappeler dans ce cadre que l'ouverture de la dernière session extraordinaire a été marquée par une intervention virulente de l’opposition. Cette dernière jugeait en effet que la session avait été décidée de manière unilatérale. Voilà qui donne un avant-gout de l’atmosphère tendue qui règnera pendant la session printanière.

Dès lors, on comprend que le gouvernement Benkirane aura à beaucoup travailler pour faire passer une série de lois contenue dans le plan législatif dont, entre autres, les projets de lois relatifs à la langue amazighe et aux collectivités locales…Il en est de même pour la question de la constitutionalité de la deuxième Chambre qui requiert “l’organisation d'élections communales” dans les plus brefs délais.

H.Z

Encadré : 

L’avis des Présidents 

 

Pour le président de la Chambre des Conseillers, M. Mohamed Cheikh Biadillah, cette session se tient dans une conjoncture régionale et internationale cruciale sur les plans politique et économique. Et pour le président de la Chambre des Représentants, Karim Ghellab, il est important de poursuivre le travail de mise en application des dispositions de la nouvelle Constitution : ”Les responsabilités et les défis auxquels doivent faire face les députés en vue d’activer les chantiers ouverts au Maroc et de satisfaire aux besoins des citoyens requièrent que toutes les composantes politiques de la Chambre, ainsi que le gouvernement, intensifient leurs efforts afin d’accélérer le rythme du rendement législatif ». L’Istiqlalien Ghellab a émis l’espoir de voir le parachèvement du chantier du règlement intérieur de la Chambre, et l’intensification des consultations et des débats entres les groupes parlementaires afin de statuer sur des questions en suspens. Il s’agit, notamment, de l’élaboration d’une charte de déontologie énonçant les grandes missions nationales dévolues à cette institution.

 

La Nouvelle Tribune

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