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Karim, le gendarme et les gris-gris

Placé en garde à vue, le lundi 15 avril, Karim Wade aurait eu la surprise de sa vie, une fois dans les locaux de la gendarmerie de Colobane

Lorsque les gendarmes en charge de l'enquête lui ont demandé d'enlever ceinture bijoux et autres gris-gris avant d'entrer dans le violon, il aurait posé des questions pour le moins inattendues pour quelqu'un que l'on a toujours présenté comme un déraciné.

La scène a quelque chose de cocasse, de burlesque. Alors qu'on s'apprêtait à le placer en garde a vu avant hier à la section de recherche de la gendarmerie de Colobane, l'ancien ministre des infrastructures, de la coopération internationale, des transports aériens et de l'énergie s'est illustré par une scène plutôt insolite. En total déphasage avec l'image de l'homme fin et totalement occidentalisé qu'il avait l'habitude d'afficher. Avant-hier, le « masque blanc » est tombé pour céder la place à la « peau noire ». Tandis qu'il sacrifiait aux formalités d'usage d'avant la garde à vue, Karim Wade, qui s'attendait certainement à bénéficier d'un traitement de faveur est tombé des nues quand les gendarmes lui ont demandé d'enlever tout objet qui pourrait servir à provoquer un acte malheureux. Offusqué, l'ancien homme fort de la génération du Concret se serait tourné vers l'un des gendarmes pour lui servir un « Mais je n'ai pas de ceinture ! » Fourré dans un grand boubou demi-saison marron Karim pensait qu'on lui laisserait son « nior » (ceinture en tissu de son pantalon). Mais c'était sans compter avec l'intransigeance des pandores, qui lui ont demandé fermement de la retirer. La mort dans l'âme, le fils de... Wade s'exécutera. Sans broncher. Mais le plus surprenant restait à venir. Etant un des hommes politiques les plus critiqués sous nos cieux, pour sa double nationalité ou encore sa « non compréhension de la langue nationale la plus parlée, le wolof », le « prince héritier » de Wade serait revenu à la charge pour lancer : « Et mes gris-gris ? », Si, si. Vous avez bien lu ! Rimka est bien sénégalais et comme tout sénégalais bon teint, il a ses « xarfaxufa », comprenez gris-gris. Et aux enquêteurs de lui répondre : « Il faut tout enlever, M. Wade. Ils seront gardé en lieu sûr ». Beaucoup moins sûr de lui, il aurait enlevé comme la loi le veut, tout ce qui pourrait servir à un acte malencontreux dans la cellule de garde à vue. Et aussi singulièrement que cela puisse paraitre, Karim Meissa Wade qui il y'a tout juste moins de deux ans, était le « tout puissant Karim », a passé sa première nuit au violon de la gendarmerie de Colobane sur un matelas. Sans ses gris-gris porte bonheur...

L'Observateur

Rewmi

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