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M.Marzouki dans tous ses éclats

Par Ridha Ben Kacem

J'ai toujours rêvé de voir à la tête de notre pays, une personne ayant le courage de ses opinions à condition, bien entendu, que ses opinions et les miennes coïncident exactement. Hé, ne me regardez pas comme ça. J'ai, seulement, parlé de rêve. Alors ne me cherchez pas noise, pour si peu. Oui, je sais bien que nous avons hérité de l'encombrant M. Marzouki, à la tête de l'Etat. Déjà, bien avant lui, je faisais le même rêve et depuis qu'il est là, mon rêve tourne à l'obsession, sinon, au cauchemar. En fait, tout cela est de la faute de feu matin Luther King et de son fameux « I have a dream ».Obama a concrétisé son rêve, malheureusement, après son assassinat, et Marzouki a détruit le mien et je suis, encore, vivant. Pauvre de moi !

Mais je suis solide et tenace et je ne désespère pas de voir, un jour, à la tête de l'Etat, la personne idoine. Tout est question de temps et tout finit par arriver. Voyez ce M. Marzouki. Qui aurait pu imaginer, un jour, voir un tel résidu de l'humanité, perché au poste où il se trouve, actuellement ? Même un pois chiche n'aurait pas parié un sou dessus. Ni dessous, du reste, tellement il est tombé bas !

Mais pour revenir à mon rêve obsessionnel, je vais essayer de vous en toucher un mot. Voyez-vous, sous Zaba, nous vivions dans la crainte permanente que l'on fasse intrusion dans notre vie privée. Non pas en forçant nos portes, cela restait, tout de même, une pratique peu courante, mais en nous suivant à la trace, lorsque l'on se connecte à Internet. C'est fou ce que l'Etat peut récolter comme données sur la vie privée de ses « citoyens », dès qu'ils se connectent à la toile. D'ailleurs, c'est idiot de l'avoir appelée ainsi, car c'est probablement, ce qui a inspiré l'Etat. La toile est, en effet, le piège parfait, tendu par l'araignée à ses proies préférées. Il faut aussi savoir que l'homme ne s'est civilisé qu'à partir du moment où il avait décidé d'abandonner l'économie de prédation au profit de l'économie de production. Vous ne voyez pas le rapport ? C'est simple, un Etat qui conserve la mentalité de prédation, à travers la toile, n'est pas très versé dans l'économie de production.

Sur ce point, donc, mon rêve était que l'Etat soit dirigé par une personne ayant, déjà, réalisé des travaux sur les relations entre technologies de l'information et de la communication (TIC), politiques publiques et espace public, suivant une approche pluridisciplinaire. Ces travaux auraient porté, bien évidemment, sur la gouvernance d'Internet et les transformations de la démocratie et de l'État de droit, occasionnées par l'usage des TIC, dans les politiques publiques et dans l'espace public, notamment, dans le domaine de la vie privée et de la protection des données personnelles.

Plus généralement, je rêvais et je continue à le faire, d'ailleurs, de voir, à la tête de l'Etat, une personne ayant milité, activement, pour la promotion des droits de l'homme dans la société de l'information. Imaginons un réseau Internet solidaire tourné, uniquement, vers la société civile avec pour objectif, premier, la protection des droits de l'homme, quel qu'il soit. Bien entendu, il ne suffit pas que cette personne proclame qu'elle a bien fait tout cela, car, on ne se fera plus gruger par le premier débarqué du courrier de Paris. Promis. La preuve est de mise et doit être exigée comme visa sur le passeport. Un visa autrichien de préférence, car à ma connaissance, c'est dans ce pays que l'on récompense ce genre d'activité. Pour être portée à la tête de l'Etat, cette personne doit avoir reçu le prix « Defensor Libertatis », pour sa contribution à la défense des droits des citoyens dans la société numérique, décerné par le jury des éditions des Big Brother Awards qui se réunit à Vienne, en Autriche.

Il y a un point sur lequel je suis sûr d'avoir votre accord. C'est la question des pouvoirs occultes des fournisseurs d'accès à internet. Non contents de nous fournir un médiocre service comparativement aux pays limitrophes, ils ½uvrent, de surcroit, dans le manque de transparence, absolu. C'est très grave, je vous dis, car ces opérateurs ont accès à notre vie privée. Ils savent tout, ou presque, sur nos moindres faits et gestes, sur Internet. Si l'envie prenait à l'un de vous, en panne de ce que vous savez, et en l'absence de la pilule bleue réservée aux plus aisés, si vous faites mine d'aller chercher, sur la toile, une solution à votre manque de rigidité, non seulement, ils sont, immédiatement, alertés, mais ils vous y précèdent pour vous baliser le terrain, histoire de vous avoir, à la main (bien salvatrice, dans bien des cas).

Mon rêve sur ce point, en particulier, est que mon champion à la tête de l'Etat, ait contribué, de façon significative, au débat public concernant Internet, notamment, à travers la question de la responsabilité des intermédiaires techniques. Cette question nous intéresse, comme je l'ai dit, en ce qu’elle est déterminante pour l’exercice des libertés et des droits fondamentaux des citoyens, puisque ceux-ci utilisent Internet par l’intermédiaire de fournisseurs de services. D’un point de vue procédural, le citoyen/internaute, devra avoir la possibilité d'être assisté par des experts auprès des tribunaux. Des observatoires neutres et des associations de sauvegarde des intérêts des citoyens doivent pouvoir être cités devant les tribunaux, pour équilibrer le rapport de force entre les fournisseurs d'accès et de services internet, et les citoyens. La personne que j'aimerais voir à la tête de l'Etat devrait avoir, bien entendu, travaillé beaucoup, sur cette question. Ce débat est feutré, sinon, tout simplement, occulté alors qu’il gagnerait à être tenu, plus largement, sur la place publique. J'aimerai que celui qui serait porté à la tête de L'Etat ait réellement contribué à le faire.

J'ai toujours considéré qu’Internet ne doit pas constituer une « zone de non-droit ». En théorie, le droit commun s’y applique, tout autant, que sur d’autres supports et d'autres médias. Encore faut-il déterminer à quoi le droit commun s’applique, réellement. Internet est autant domestique qu'international. Les intermédiaires techniques d’hébergement des sites ont leur rôle déjà précisé par la loi. Mais leur responsabilité ne peut être engagée que s’ils ne se sont pas conformés à une injonction judiciaire de suppression d’un contenu litigieux qu’ils hébergeraient. En tant que telle, la loi n'est pas mauvaise du tout. Le problème viendrait du fait que, le respect de la vie privée, ainsi que le respect de la propriété intellectuelle deviendraient de la sorte otages des décisions judiciaires, dont les délais se mesurent par mois ou années. Internet est le seul média où l'intérêt privé se mêle à l'intérêt général. Une législation adéquate, pour faire, notamment, la part des choses entre liberté d'infirmer et de publier, et la nécessité de respecter la vie privée. Mon candidat à la présidence de l'Etat, devra avoir, suffisamment, réfléchi à cette question.

Mais attention, il ne s'agit nullement de la technique du filtrage. Il s’agit, là encore, d’un enjeu de démocratie. Le procédé de filtrage, exercé par les fournisseurs d’accès, revient, non pas à réprimer, comme le veut la loi, l’incitation à la haine raciale, l’apologie des crimes, ou la contestation de crimes contre l’humanité, mais à rediriger, par un glissement subtil, la surveillance, le contrôle, et, in fine, la culpabilité, sur le citoyen qui serait, ainsi, soumis à l’expression publique de tels propos. Doit-on tout se permettre, au mépris des libertés et des droits fondamentaux, dès lors qu’il s’agit d’Internet ? Veut-on réellement en faire une « zone de non-droit » pour le citoyen ? Si là est le but recherché, le filtrage de l’accès est, effectivement, le meilleur moyen de l’atteindre. Mon futur chef d'Etat doit pouvoir, pour l'avoir comprise, se prononcer, aisément, sur la question, toujours, dans le cadre de l'équilibre dans l'exercice de la Liberté.

Je pourrais continuer à vous parler, longtemps de ce rêve de Président. N'est présidentiable, à mes yeux que la personne qui a un potentiel réel au regard de ces questions, touchant l'internet, et des objectifs à atteindre pour en faire un lieu de respect des droits fondamentaux des citoyens. L'enjeu est de taille, en effet. Faire de l'internet un lieu de liberté assumée, rendrait, facile et aisée, toute démarche similaire, de même sens et portée, dans les espaces réels, publics et privés. De tels objectifs, peuvent sembler, pour l’instant, utopiques. Ils le demeureront, assurément, tant que ceux que nous portons aux affaires de l'Etat continueront de se tromper de cible. Si Internet continue à être un espace virtuel de non droit, il constituera, à terme, une atteinte à la conscience des tunisiens. Mon candidat, au poste de chef de l'Etat, doit pouvoir jongler, facilement, avec toutes ces notions, sans se faire prendre les pieds ou les méninges, dedans, avant de s'affaler sur le sol.

Croyez-vous, maintenant, qu'il soit urgent d'aller chercher, vite fait, en prévision du prochain scrutin, un candidat Président, répondant aux normes de mon rêve récurrent ? Oui ? Alors suivez-moi, et puisque c'est de l'Internet qu'il s'agit, allons y naviguer pour voir si un profil correspondait au portrait robot du candidat Président. Chic alors. En voilà justement un qui correspond, mot pour mot, au cahier des charges de la charge de futur candidat Président. Voyons voir son identité. Oh mon Dieu !!! C'est M. Marzouki ! Oui, c'est bien ça. Je ne me trompe pas. Je lis bien. M. Marzouki ! Ainsi, donc, pendant tout ce temps, l'on s'est, totalement, trompé sur le compte de ce pauvre Moncef Marzouki ? Nous ne lui avons pas rendu justice et de la justice, il ne demandait que cela. Ce cher Moncef Marzouki. Tiens, pour faire amende honorable, je vais affiner ma recherche, pour mieux connaitre les grands apports, de notre cher Président, en matière de démocratie, dans les relations entre technologies de l'information et de la communication et la bonne gouvernance de l'Internet.

Tiens c'est bizarre, ça ! comment se fait-il que je n'obtiens que le message « aucun objet ne correspond à votre requête » ? Pourtant j'ai repris le même message qui m'a été livré, tout à l'heure. Oui, bon, j'ai remplacé le « M » de « M. Marzouki » par « Moncef Marzouki ». Serait-ce là que se situe l'erreur ? Bon, recommençons la recherche avec, seulement, « M Moncef ». Oui, c'est bien cela, voilà que je recommence à obtenir des résultats. On me précise, même, que M. Marzouki est la personne la plus active, la plus pertinente, la plus reconnue mondialement, la plus experte, quoi, en la matière. Merde alors. Excusez-moi, je perds patience, car je ne comprends plus. Ah tiens, voilà un lien qui semble conduire quelque part. Je clique dessus et je suis sur le CV de M. Marzouki. Mon Dieu, vous n'allez pas me croire, mais M. Marzouki, c'est, en fait, Meryem Marzouki, chargée de recherche au CNRS français !

Vite, vite suivez-moi. Nous allons faire le chemin inverse de ce clown de Moncef Marzouki. Nous allons remonter sur Paris, là d'où il nous est dégringolé dessus, un certain 17 janvier 2011. Préparez vos grandes pancartes et votre salive, car, on va faire la siège du CNRS et crier jusqu'à perdre la voix : « Meryem Marzouki, Présidente... Maryem Marzouki, Présidente... Meryem Marzouki, Présidente... » Rassurez-vous, elle n'héritera pas de sa débilité génétique, elle ne le connait même pas. Oui, oui, je sais que l'une de ses deux filles s'appelle, également, Meryem Marzouki. Mais la sienne de fille est une ancienne élève de l'École normale supérieure, en France, et agrégée de philosophie. Elle est, actuellement, metteur en scène et directrice artistique d'une compagnie théâtrale, en France. Je me demande, même, si ce n'est pas elle qui lui a appris toutes ces simagrées que l'on voit sur toutes ses photos ! À moins que ce ne soit l'inverse. Je veux dire, qu'est-ce qui peut bien pousser une normalienne, agrégée de philosophie, à préférer le théâtre, à l'exercice de la philosophie ? Cela pourrait bien être les dons innés de son père, pour la comédie.

Par Ridha Ben Kacem 17 avril 2013

I have a dream...

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