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Pourquoi le Bon Marché reste-t-il fermé depuis si longtemps ?

Qui ne connaît pas le «Bon Marché» à Alger ? Jadis fleuron des locaux commerciaux de la rue Larbi Ben M'hidi, il est depuis de nombreuses années fermé et présente aujourd'hui aux passants une image extérieure totalement délabrée. Sachant qu'il appartient à Djillali Mehri, nous avons tenté de le joindre. En son absence, sa fille Nadjet a bien voulu répondre à nos interrogations.   - Ce local est-il toujours la propriété de votre père, Mehri Djillali ?   Mon père a bien acquis dans les années 1970 le fonds de commerce appelé «Au Bon Marché». Ce fonds occupe les trois premiers niveaux d'un immeuble de 9 niveaux. Les six autres sont occupés principalement par le Crédit Populaire d'Algérie (CPA).   - Pourquoi l'activité a-t-elle cessé ?   Le fonds de commerce a  été exploité depuis les années 1970, mais en 1978,  l'administration y a installé unilatéralement  la Société Nationale des Nouvelles Galeries Algériennes (SNNGA). Bien entendu, cette violation de la propriété commerciale a été dénoncée  par  la SARL  «Au Bon Marché» auprès de l'administration d'abord et ensuite auprès de la justice. Après un contentieux qui a duré plus de 16 ans, la Cour Suprême a finalement ordonné la restitution à la SARL «Au Bon Marché» du fonds de commerce.   - Votre père a-t-il récupéré ce local ?   Mon père a en effet récupéré ce local en 1999 et a ensuite conclu  un nouveau bail de location des murs avec l'OPGI. La SARL «Au Bon Marché» occupe effectivement les lieux depuis cette date et jusqu'à ce jour.   - On dit que votre père a ensuite acheté les murs ?   Dans le cadre de la loi de 1981 relative à la cession des biens de l'Etat qui autorise la cession des murs à tout propriétaire d'un fonds de commerce, la SARL «Au Bon Marché» a constitué un dossier auprès de l'OPGI. Après évaluation de la valeur des murs abritant le fonds de commerce, le prix fixé conformément au barème a été intégralement payé et un acte notarié a été établi, enregistré et publié. Mais contre toute attente, l'administration s'est rétractée, laissant croire à l'opinion publique que ce prix était infime par rapport à la valeur de tout l'immeuble de 9 étages, alors qu'il s'agissait seulement de la cession des murs qui abritent les 3 étages du fonds de commerce. Elle a maintenu cet amalgame et a tenté d'annuler la vente sans pour autant opérer à un redressement du prix de cession.   - Votre père a-t-il exercé des recours ?   La SARL «Au Bon Marché» a saisi la justice qui lui a donné raison dans un premier temps, mais sur appel, le Conseil d'Etat a confirmé, en 2005,  l'annulation de  la  cession  des  murs  et non  du fonds de commerce et a ainsi renvoyé les parties à leur état antérieur. La SARL «Au Bon Marché» est donc restée propriétaire du fonds de commerce et locataire des murs sans que l'administration ne lui rembourse le prix de cession des murs qui lui a été payé.   - Puisque cette société est demeurée propriétaire du fonds de commerce, pourquoi n'en a-t-elle pas repris l'exploitation ?   Mon père a en effet demandé à l'APC une autorisation de voirie pour le ravalement extérieur des murs et la suppression des risques extérieurs pour les passants pour entamer les travaux de rénovation, mais contre toute attente, l'APC a refusé de nous notifier pour cela une simple autorisation. L'administration s'est murée dans un silence inexplicable, faisant ainsi obstacle à toute exploitation de ce fonds de commerce.   - Pourquoi cet acharnement de la part de l'administration, alors que votre père est honorablement connu pour ses nombreuses qualités ?   En effet, l'acharnement de l'administration n'est pas compréhensible. Il s'agit d'une discrimination qui relève d'un abus de droit manifeste contre un citoyen qui a toujours ½uvré pour le bien de son pays, à travers une multitude d'actions et de projets. L'administration entend empêcher l'exploitation de ce local pour des motifs inavoués, quitte à offrir aux citoyens l'image frustrante d'un local délabré extérieurement et fermé inutilement dans l'une des rues les plus prestigieuses de la ville d'Alger. Elle ne lui a peut-être pas pardonné d'avoir recouvré judiciairement ses droits. Elle en porte l'entière responsabilité devant l'opinion publique.   - Que va faire votre père contre ce blocage ?   Mon père a réussi dans la vie par sa ténacité. Dans cette affaire, il est dans son droit, c'est pourquoi il mène un combat contre le refus obstiné de l'administration depuis 1978 et il n'est pas question pour lui de baisser les bras. Il a, en effet, des projets nobles et utiles pour ce local commercial.   - Et si l'entêtement de l'administration persiste ?   Mon père va continuer à se battre pour réaliser ses projets. Mais si l'administration persiste dans son obstination, il prendra  à témoin l'opinion publique et remettra à cette dernière les clés si elle s'engage à destiner ce local à un projet effectif d'intérêt public.   - Et vous Nadjet Mehri, quel est votre rôle au sein du Groupe Mehri et quels sont vos projets ?   J'assiste mon père dans les actions humanitaires et culturelles qu'il continue de déployer dans notre pays : - à travers l'association Daouia qui a pris en charge, comme vous le savez, des centaines de nos compatriotes pour des soins à l'étranger. - à travers la fourniture de scanners et d'équipements médicaux à plusieurs hôpitaux publics et privés de notre pays. Le prochain projet, qui me tient beaucoup à c½ur et que je prépare activement, est la création d'une caravane médicale avec des médecins femmes et des équipements spécifiques pour sillonner le désert algérien et participer à la campagne de prévention et de dépistage du cancer  du  sein chez  la femme  qui vit dans des sites isolés et qui, par pudeur, refuse de se rendre en consultation médicale.    L'autre projet en cours concerne la création d'une galerie d'art. Mon père a toujours ½uvré inlassablement et d'une façon tenace à récupérer et à constituer une collection de toiles d'Etienne Dinet. Il a réussi ce miracle après un effort soutenu pendant plus de 50 ans. En 1989, mon père m'avait confié la gestion d'une galerie d'art consacrée à Etienne Dinet, rue de Lisbonne à Paris, et nous avions bénévolement parrainé, à cette occasion, des talents algériens et maghrébins pour les faire connaître du grand public. En 2003, à l'occasion de l'Année de l'Algérie en France, mon père m'avait déjà donné l'occasion de présenter cette collection dans le prestigieux hôtel particulier du Groupe Dassault situé au rond-point des Champs Elysées, à Paris. Cette collection d'une valeur inestimable, qui constitue à ses yeux un patrimoine national, il compte la préserver dans sa totalité et envisage d'en faire don à une fondation qu'il dédiera  à sa mère «Daouia». Cette collection résidera et sera ainsi exposée  définitivement en Algérie. Il espère réaliser ce v½u, qui lui tient à c½ur, avant son départ -- que Dieu lui préserve longue vie --  et en faire bénéficier ses compatriotes et tous les étrangers qui visitent notre pays.   - Pensez-vous continuer l'½uvre de votre père ?   Mon père est encore plein de vigueur et j'espère qu'il continuera encore longtemps à assurer la gestion de ses affaires. Il a toujours  été un capitaine d'industrie et une véritable  école de réussite dans les domaines économique, social et familial. Son ½uvre doit lui survivre pour témoigner du parcours d'un grand bâtisseur.  

El Watan

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