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Centrafrique : le président Djotodia annonce des mesures contre l'insécurité

BANGUI (AFP) - (AFP)

Le nouveau président centrafricain et ex-chef rebelle Michel Djotodia a annoncé mardi des mesures pour lutter contre l'insécurité à Bangui, du fait notamment d'éléments incontrôlés de l'ex-rébellion du Séléka, et évoqué la possibilité de demander de l'aide au Tchad voisin.

"Nous devons débarrasser la ville des intrus, de ceux de Bozizé (le président déchu) et du Séléka", a déclaré M. Djotodia, annonçant un renfort de 500 hommes à la police et 500 autres à la gendarmerie, ainsi que le casernement des combattants du Séléka, dont certains sont accusés de participer aux pillages qui se poursuivent dans certains quartiers de Bangui.

"Nous sommes en train de voir la possibilité de demander à nos frères tchadiens de nous aider avec des éléments pour nous appuyer", a ajouté le nouveau chef de l'Etat, désigné samedi par un Conseil de transition pour diriger le pays pendant 18 mois.

A Bangui, "1.000 hommes" (du Séléka) seront casernés, "et ceux là n'auront pas droit de faire ce qu'ils veulent.Ils seront surveillés, et seront là pour des opérations ponctuelles", a souligné M. Djotodia.

Les hommes du Séléka seront également cantonnés dans 15 des 16 préfectures que compte le pays "pour assurer la sécurité des biens et des personnes".

La préfecture du Haut Mbomou (est) déjà protégée par "des forces ougandaises, des forces américaines et les éléments de l'Union africaine", en opération de lutte contre l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, rébellion ougandaise), a-t-il précisé à ce propos.

Pendant le week-end, une vingtaine de personnes ont trouvé la mort dans des heurts entre anciens rebelles du Séléka et des habitants de deux quartiers de la capitale, selon des témoins.Un combattant du Séléka accusé de pillages a également été lynché par la foule.

Boy-Rabé, quartier populaire au nord de la ville et ancien fief électoral du président Bozizé, a été presque entièrement pillé par des hommes du Séléka ou des bandits se faisant passer pour des rebelles, obligeant de nombreux habitants à fuir.

Le Séléka peine à établir l'ordre dans Bangui depuis sa prise de la ville le 24 mars et la fuite de François Bozizé.De nombreux habitants y vivent dans la peur des pillages et de l'insécurité.

Mardi, le porte-parole du gouvernement, Crépin Mboli-Goumba a demandé aux pays d'Afrique centrale d'envoyer 1.000 soldats pour aider au rétablissement de l'ordre dans le pays.Le sujet devrait être débattu au sommet extraordinaire de N'Djamena jeudi consacré à la Centrafrique.

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