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EVANOUISSEMENT AU LYCÉE MUNICIPAL DE KAYA : 52 filles victimes, la seule journée du lundi

La crise d'hystérie, suivie d'évanouissement qui sévit au lycée municipal de Kaya prend de l'ampleur. De 2 ou 3 cas signalés en janvier, le nombre de filles victimes de ce phénomène depuis le retour des congés du 2e trimestre, est inquiétant. Chaque jour de classe, avec son cortège de filles tombées, évanouies ! Pour la seule journée du lundi 15 avril 2013, 52 filles ont été victimes de ce phénomène mystérieux.

Que se passe-t-il au Lycée municipal de Kaya (LMK) ? C'est la question que les élèves, parents, enseignants, autorités politico-administratives, coutumières et religieuses, bref, la population de Kaya... se posent, sans trouver de réponse. En effet, cela fait plus de deux semaines que les filles du LMK sont victimes de crise d'hystérie, suivie d'évanouissement, chaque jour de classe. Le phénomène, selon la directrice régionale du Ministère des enseignements secondaire et supérieur du Centre-Nord, Bernadette Yougo, a été signalé au mois de janvier, avec 2 ou 3 cas enregistrés. « Mais depuis le 8 avril passé, le phénomène a pris de l'ampleur », soutient-elle. Malgré les arrêts de cours, les prières et les rites, le phénomène ne semble pas être endigué. La preuve, le lundi 15 avril 2013, plus de 52 filles ont été victimes de ce phénomène qui ne trouve pas d'explication, du côté du personnel soignant. « On ne sait pas de quoi elles souffrent. Le diagnostic ne révèle rien », explique Rasmané Tassembédo, chef de service de l'inspection médico-scolaire du district sanitaire de Kaya et responsable de l'équipe mobile d'infirmiers, installée au Lycée municipal de Kaya, depuis le déclenchement du phénomène. Il précise que les filles, lorsqu'elles sont touchées par la crise, tombent, s'agitent, s'évanouissent et perdent automatiquement, connaissance. Les cas jugés critiques sont évacués aux urgences médicales du Centre hospitalier régional de Kaya où elles reçoivent des calmants, notamment des tranquillisants, selon M. Tassembédo. Après une période d'observation, la situation s'améliore et elles sont libérées. A entendre l'infirmier soignant, les filles remises de leur crise affirment qu'elles ne souffrent d'aucun mal. Dès qu'elles sont délivrées du phénomène dont elles ont été victimes, elles ne sont plus en mesure d'expliquer ce qui leur est arrivé. Certaines ne se rappellent même plus des paroles prononcées au temps fort des agitations.

Face à la situation qui perdure, les cours ont été suspendus à plusieurs reprises, selon Léonard Kiéma, proviseur du LMK, afin de juguler le phénomène. Il a indiqué que des solutions qui ne sont pas pour le moment, définitives, ont été envisagées et d'ajouter qu'il y a des signes palpants d'amélioration, toute chose qui va permettre aux cours de se poursuivre. Il reconnaît que le moral des élèves est touché. Dans ce sens, la directrice régionale du MESS du Centre-Nord a invité les élèves et les parents à rester calmes. « Le 3e trimestre étant court, nous allons entreprendre une sensibilisation dans les salles de classe pour que les cours se poursuivent normalement », a laissé entendre MmeYougo.

Depuis le déclenchement de ces crises, les autorités locales se sont impliquées pour juguler le phénomène. Des véhicules sont mis à la disposition de l'établissement , dès qu'une se déclenche pour faciliter l'évacuation des cas jugés critiques vers les urgences médicales du CHR de Kaya. Aussi une équipe permanente d'infirmiers a-t-elle été installée au sein du lycée.

Les autorités coutumières et religieuses, les parents d'élèves ne sont pas restés les bras croisés. Des prières, ainsi que des rites ont été faits. « Le samedi, les coutumiers ont fait des sacrifices. C'est pour cela qu'ils sont revenus », a confié un élève visiblement, inquiet du phénomène.

Timothée SOME

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Sidwaya

Le Faso

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