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Élection présidentielle du 7 juillet 2013 : La gouvernance d’ATT sera au cœur de la campagne électorale

L’élection présidentielle du 7 juillet 2013 donnera, à coup sûr, l’occasion pour les différents candidats de se prononcer sur la gouvernance du Mali pendant les dix dernières années. Quelles ont été les négligences coupables, les compromissions condamnables, les concurrents politiques fautifs dans divers domaines de la gestion des affaires publiques ? Des critiques acerbes meubleront le discours des candidats comme IBK du RPM, Modibo Sidibé des FARE Anka wili, Soumaïla Cissé de l’URD, Dramane Dembélé de l’ADEMA-PASJ, Mountaga Tall du CNID Faso Yiriwa Ton, Tiébilé Dramé du PARENA, Jeamille Bittar de l’UMAM, Housseini Amion Guindo de la CODEM. La conduite de cette campagne électorale impactera de façon significative le choix de l’électorat.

Modibo Sidibé – Soumaila Cissé

La prochaine élection présidentielle intervient dans un contexte post-crise au Mali. La double crise sécuritaire et institutionnelle a mis les nerfs à fleur de peau. Elle a exacerbé les antagonismes entre certains acteurs politiques et contribué à une recomposition de la classe politique malienne. Aux plates-formes et alliances politico-électorales qui existaient avant le coup d’Etat du 22 mars 2012 sont venus s’ajouter des regroupements politiques fondés sur certaines affinités. Si les alliés de l’ex-junte se sont donné une main circonstancielle à travers la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM) et le Mouvement populaire du 22 mars (MP 22), les adversaires des putschistes se sont, eux, rassemblés dans le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR). Entre ces deux bords, les  » centristes  » de la Convergence pour sauver le Mali (CSM) ont trouvé du grain à moudre ... Histoire de rapprocher les uns et les autres  » autour de l’essentiel, le Mali « .

Ces différents regroupements ont connu des fortunes diverses au fil de l’évolution de la crise. Ainsi, les diatribes pour entrer au gouvernement d’union nationale ont laissé des séquelles de déchirements au sein de la COPAM, qui s’est finalement divisée en deux entités : COPAM originelle d’Hamadoun Amion Guindo et COPAM-Forces vives du Pr Younouss Hamèye Dicko. Seul le véritable leader de ce groupe de soutien à l’ex-junte, Dr Oumar Mariko du parti SADI, a su garder une certaine intransigeance et une opposition farouche au gouvernement. Dr Mariko, qui tire un certain leadership au sein du regroupement des pro-putschistes, sera le véritable porte-drapeau de cette mouvance à la prochaine élection présidentielle. Son discours est connu : l’échec total de la gouvernance durant les dix dernières années. Il vilipende tout ce qui a été fait sous le régime ATT. Pour lui, IBK, Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé sont tous des collaborateurs du président déchu, dont il se veut le plus grand pourfendeur. Même s’il faut reconnaître que le parti du député élu à Kolondiéba a pris une part active à la gouvernance du président Amadou Toumani Touré au cours de son premier quinquennat , le président de SADI, le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, ayant été ministre de la Culture.

Par ailleurs, si les candidats issus du FDR seront plus ou moins enclins à  » assumer le bilan d’ATT « , comme le proclamait récemment Iba N’Diaye de l’ADEMA à la Conférence des cadres du PDES, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé sera, lui, très attendu dans cette campagne électorale. Des piques lui seront certainement lancées par des concurrents dans la course à la magistrature suprême, notamment sur des thèmes comme la crise sécuritaire, la sécurité alimentaire, la corruption, etc. L’initiative riz, dont Modibo Sidibé a été le maître d’½uvre sous l’inspiration d’ATT, sera passée au peigne fin par ses challengers. Idem pour l’interrogation selon laquelle le pays, qui était dirigé un moment par un trio d’hommes en kaki (un Général, ATT, avec un Premier ministre, inspecteur général de police, un ministre de l’intérieur, un autre Général, Kafougouna Koné) a pu sombrer dans la pire crise sécuritaire de son histoire. Plusieurs candidats chercheront à se démolir les uns les autres comme pour dire que ce sont les autres qui ont précipité le pays dans le gouffre duquel il peine encore à sortir.

Si IBK ne manquera pas de brandir son « intégrité «  en matière de gestion des ressources publiques, le porte-drapeau de la coalition IBK-Mali-2012 ne ratera pas en outre l’occasion de rappeler qu’il était le seul à dénoncer l’Accord d’Alger de juillet 2006. Comme pour dire : « si j’avais été écouté, le pays n’aurait pas connu cette crise ».

Certains candidats, Soumaïla Cissé de l’URD, Mountaga Tall du CNID, Tiébilé Dramé du PARENA, Dramane Dembélé de l’ADEMA, Housséini Amion Guindo de la CODEM mettront un point d’honneur à occulter subtilement la gouvernance ATT pour ne pas se sentir mal à l’aise. Leurs partis respectifs ayant pris part à la gouvernance. En revanche, presque tous chercheront à surfer sur le besoin de changement sur lequel tout le monde s’accorde. En clair, c’est la gouvernance sous ATT qui sera pesée et soupesée par la quasi-totalité des candidats à la prochaine élection présidentielle. Le soldat de la démocratie, depuis son exil dakarois, sera pleinement au c½ur de la campagne électorale.

Bruno D SEGBEDJI

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