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Libye: la rébellion revendique une attaque à Tripoli, pertes à Zliten


Des Libyens crient des slogans au cours des funérailles de rebelles à Benghazi le 22 juillet 2011 AFP Gianluigi Guercia

Les rebelles ont reconnu vendredi de lourdes pertes dans leur progression vers Zliten (150 km à l'est de Tripoli), mais affirmé avoir réussi une attaque - démentie par le gouvernement - contre des dignitaires du régime du colonel Mouammar Kadhafi dans la capitale.

Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins sept puissantes explosions ont secoué le centre de Tripoli, a constaté un journaliste de l'AFP, notamment le secteur de la résidence du colonel Kadhafi, déjà la cible de dizaines de raids de l'Otan depuis le début de l'opération militaire internationale en Libye.

Vendredi, lors d'une conférence de presse conjointe à Rome avec le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, le vice-président du Conseil national de transition (CNT), Ali al-Isawi, a affirmé que "hier (jeudi) à Tripoli, il y a eu une attaque contre un centre opérationnel de hauts fonctionnaires du régime, parmi lesquels Seif al-Islam Kadhafi", fils de Mouammar Kadhafi.

Certains ont été "grièvement blessés", a-t-il ajouté, assurant de plus que des rebelles étaient "en train de se déplacer des montagnes occidentales vers Tripoli".

Selon M. Frattini, l'opération était une "attaque à la roquette contre un centre opérationnel qui se trouvait probablement dissimulé dans un hôtel de Tripoli". L'annonce de cette attaque montre "que même à Tripoli, il y a une capacité de réaction forte et un signal très clair", selon le ministre.

 Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a démenti toute attaque à Tripoli: "Il n'y a pas eu d'attaque", a déclaré M. Ibrahim selon qui les insurgés tentent de "booster leur moral avec des mensonges sur des petites victoires".

Jeudi, les insurgés avaient affirmé avoir réussi à faire entrer des rebelles infiltrés dans la capitale et des rumeurs d'attaques sur des dirigeants avaient circulé.

En revanche, au moins 16 rebelles ont été tués et 126 blessés dans les dernières 48 heures dans des combats contre les forces pro-Kadhafi à Zliten (ouest), ont annoncé vendredi les insurgés dans un communiqué.

Parallèlement, l'Otan a accentué ses attaques sur cette zone ces derniers jours. Selon ses communiqués quotidiens, l'Alliance atlantique a touché 13 cibles à Zliten mercredi et 11 autres jeudi, essentiellement des véhicules militaires et des dépôts.

Sur le front du sud-ouest, les opérations militaires sont gênées depuis jeudi soir par un fort vent, a rapporté vendredi une journaliste de l'AFP à Bir Ayad (70 km au sud de Tripoli).

Ce vendredi, "il n'y a pas de mouvements de l'armée de Kadhafi à cause du vent", a déclaré à l'AFP le commandant d'un poste rebelle de Bir Ayad, Nasser Al-Aaib.

"Les soldats de Kadhafi ne peuvent pas bouger parce qu'ils ne connaissent pas la zone. Ils ont peur d'une attaque surprise des rebelles qui connaissent chaque pouce de terrain", a-t-il dit, expliquant que de leur côté, les rebelles ne bougeaient pas car ils n'en avaient "pas reçu l'ordre".

Les rebelles ont par ailleurs indiqué qu'un "pont aérien" entre Benghazi (est), "capitale" des rebelles, et le Djebel Nefoussa (ouest) avait été établi. Il permet le passage d'avions civils avec l'autorisation de l'Otan malgré l'interdiction de survol du pays.

Selon le régime, six personnes ont été tuées vendredi dans des raids de l'Otan sur une usine de fabrication de pipelines pour le projet de "rivière artificielle", au sud du site pétrolier de Brega.

Le colonel Kadhafi a réaffirmé jeudi soir qu'il était hors de question qu'il quitte le pouvoir à Tripoli, alors que se multiplient les contacts diplomatiques à son sujet.

Mais à Moscou, où s'était rendu mercredi son ministre des Affaires étrangères Abdelati Obeidi, le ton est paru sensiblement différent.

"Le thème du départ de Kadhafi du pouvoir a été discuté lors de cette rencontre, et il a été discuté assez concrètement", a déclaré vendredi une source diplomatique russe, citée par l'agence Interfax.

Le départ du dirigeant libyen a été évoqué "y compris à la lumière des contacts déjà établis par des représentants de Tripoli avec les Américains et les Français", a ajouté cette source.

Les ministres français et britannique des Affaires étrangères, Alain Juppé et William Hague, évoqueront lundi à Londres le dossier libyen, a indiqué vendredi la diplomatie française. Cette semaine, M. Juppé avait évoqué la possibilité que Mouammar Kadhafi reste en Libye après son départ du pouvoir.

A Madrid, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a reçu pour la première fois vendredi le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, et l'a assuré du soutien de son pays, tout en appelant la rébellion à se préparer pour "aborder avec succès" la prochaine étape.