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Les syndicats autonomes mènent la contestation

Les revendications socioprofessionnelles sont défendues avec une assiduité et une hargne qui appellent des réponses «sérieuses» du gouvernement. Les tensions sociales s'attisent dans un contexte politique délétère. Il y a partout des poches de protestation. Education, santé, administration publique, formation professionnelle, ministères, entreprises économiques... le pays est au bord de l'explosion. Les travailleurs, quel que soit leur secteur d'activité, se disent lésés, marginalisés et injustement rémunérés. Et ils refusent d'être mis devant le fait accompli. Bien structurés et organisés, les syndicats autonomes frappent fort, dans l'espoir d'obtenir un maximum d'avantages socioprofessionnels. Des grèves en série sont annoncées. Elles ont déjà commencé dans certains secteurs. Inédit, les proviseurs et les censeurs rejoignent cette nouvelle vague de protestation sociale. Cette catégorie de fonctionnaires (censés être des cadres de l'éducation) se trouve, en vertu des nouveaux statuts particuliers, comme dernière roue de la charrue. Ils dénoncent une entreprise de dévalorisation du poste de proviseur. Les traditionnels syndicats de l'éducation nationale, à savoir le Snapest, le Cnapest et le CLA, mènent une nouvelle bataille pour requinquer le statut particulier, jugé insuffisant et très perfectible. «dialogue de sourds» Bien qu'ils aient des divergences de vue sur le sujet, ces syndicats veulent aller de l'avant pour secouer le cocotier et faire avancer leur cause commune, qui est de servir la corporation qu'ils représentent. Pour ces syndicats et les travailleurs de l'éducation, les statuts particuliers que l'administration commence à mettre en application consacrent des divisions au sein d'un même corps. Il s'agit donc, à leur yeux, d'une tentative de les affaiblir en les divisant. Ainsi donc, la principale pomme de discorde est actuellement ces statuts particuliers qui, apparemment, n'arrangent aucune corporation. Au contraire, ils sont vivement décriés par les fonctionnaires, qui les qualifient d'«injustes» et d'«incohérents». Au sein du secteur de la santé, c'est le dialogue de sourds qui s'installe depuis des mois. La trêve observée par les syndicats du secteur vient en effet d'être rompue. La raison est que le mécontentement des travailleurs est tel que les syndicats doivent traduire ce sentiment à travers des actions sur le terrain pour lancer des avertissements aux pouvoirs publics, qui feignent ignorer les problèmes de cette corporation. Cela même si les doléances des différents corps de la santé ne datent pas d'aujourd'hui. Elles sont même antérieures à l'arrivée de ce nouveau ministre qui semble s'inscrire dans la même logique que son prédécesseur : celle du refus de tout dialogue ou de vaines promesses sans lendemain. Les choses s'enveniment de jour en jour, de semaine en semaine. Et les travailleurs, qui ne voient rien venir, ne trouvent d'autre moyen pour s'exprimer que de recourir à des débrayages qui, parfois, ne garantissent même pas le service minimum. Hier, la Fédération nationale du secteur de la santé a annoncé un préavis de grève de trois jours à partir du 6 mai prochain. Les problèmes soulevés datent de plusieurs années. Grâce à la multiplication de syndicats autonomes, ces revendications socioprofessionnelles sont remises sur la table et défendues énergiquement par les corporations concernées. Jamais le monde du travail n'a connu autant de tensions et de problèmes qu'aujourd'hui. Il y a bien péril en la demeure.  

El Watan

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