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SNC-Lavalin veut tourner la page d’un «malheureux chapitre»

Se «racheter» une conduite en Algérie, redorer un blason centenaire terni par les scandales en série de malversations et de grosse corruption. Les dirigeants du géant mondial en ingénierie et construction, SNC-Lavalin, se disent «résolus» à tourner la page de ce qu'ils considèrent comme un «malheureux chapitre dans les 102 ans d'histoire de cette grande entreprise, sans toutefois oublier les leçons apprises, et à se concentrer sur la conception, la construction et la gestion de projets d'infrastructures essentiels pour la collectivité partout dans le monde». Dans leur «lettre ouverte» remise à la presse nationale, Robert G. Card et Charles Schebl, respectivement président et chef de la direction Groupe SNC-Lavalin INC et vice-président-directeur général du groupe affirment que «l'engagement de Lavalin envers Algérie demeure constant», dans le respect de «ses nouvelles règles d'éthique et de conformité». Présent dans une foultitude de secteurs (eau, énergie, pétrole, gaz, infrastructures routières, ferroviaires et sociales), Lavalin se présente comme un «partenaire-clé» ayant créé en dix ans, sur ses différents sites de projets, «plus de 10 000 emplois», et qui «depuis plus de 40 ans (est) un contributeur fidèle à la croissance économique, culturelle et sociale». Objet de plusieurs enquêtes en Algérie (mais aussi au Canada, en Libye, etc.) pour corruption et malversations dans la passation de gros marchés publics, la société réaffirme sa disponibilité à «collaborer pleinement» dans ce cadre et «encourage ses employés à faire de même». «Nous comprenons que certaines enquêtes puissent aboutir à des conclusions difficiles, préviennent les managers de la société, mais celles-ci sont nécessaires afin de repérer les problèmes et de s'assurer que les responsables rendent compte de leurs actes». Le conseil d'administration et la direction de SNC-Lavalin se disent par ailleurs «résolus à faire en sorte que les personnes impliquées dans des actes illicites soient traduites en justice et répondent de leurs actes», soulignant qu'ils se réservaient le droit «d'intenter des poursuites contre les personnes en cause, y compris en vue de recouvrer des fonds». Parmi ces «fonds» figurent sans doute ceux présumés engrangés par l'agent de Lavalin, Farid Bedjaoui, un pactole de près de 800 millions de dollars, dont une grande partie aurait été investie dans l'immobilier en France, en Espagne et à Dubaï, en biens au Canada d'une valeur de 3,7 millions de dollars. Farid Bedjaoui et ses parrains à Alger auraient «sécurisé» nombre de contrats au profit de Lavalin, dont celui de la construction et gestion de la centrale électrique de Hadjret Ennous (Tipasa). Montant du marché conclu avec Sonelgaz : 826 millions de dollars. «Si malversation il y a, ce sera, à ce moment-là, le fait d'individus. (...) SNC-Lavalin a sous-traité des contrats de certains marchés à des entreprises dont M. Bedjaoui était actionnaire. (...) C'est tout ce qu'on sait sur lui», a répondu le 10 avril  (interview Liberté) Charles Schebl, le vice-président du groupe. Lavalin pilote actuellement sept projets. Il s'agit de la réalisation de l'usine de GPL à Rhoude Ennous, de l'exploitation de deux centrales thermiques à Hadjret Ennous et Skikda, de l'exploitation de l'usine de traitement d'eau potable du barrage de Taksebt (Tizi Ouzou), de l'entretien de l'usine de dessalement de l'eau à Fouka ainsi que le marché de la supervision de la conception et de la construction de l'autoroute Est-Ouest. En dix ans, Lavalin a ainsi obtenu pour pas moins de 6 milliards de dollars en contrats algériens.  

El Watan

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