SlateAfrique

mis à jour le

Un Tunisien 74e personnalité la plus influente du monde

Comme chaque année depuis 2004, le magazine américain Time établit une liste des 100 personnes les plus influentes dans le monde. Ce classement, commenté par les médias internationaux, n'a évidemment rien d'officiel, reste arbitraire, mais sert de référence quant à l'impact de ces figures sur «les grands événements de notre époque».

Bien que ces personnalités ne sont en aucune façon classées, le Time les fait apparaître selon un ordre croissant.

Le premier nom que présente la liste de 2011 est celui de Wael Ghonim, le jeune Egyptien informaticien et cyberdissident, cadre de Google au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui, durant la révolution, utilisa le pouvoir des médias et surtout de Facebook, pour combattre et provoquer la fuite d'Hosni Moubarak.

Juste après lui, d'autres personnalités célèbres, comme Mark Zuckerberg (6e), créateur de Facebook, Julian Assange (9e), fondateur de Wikileaks, Angela Merkel (8e), la chancelière allemande, ou encore Aung San Suu Kyi (18e), figure de l'opposition birmane et prix nobel de la paix en 1991, caracolent en tête du «classement».

Plus loin dans la liste, le président français, Nicolas Sarkozy, est à la 32e place, après la première dame américaine, Michelle Obama, qui tient la 22e place. Le président américain, Barack Obama arrive en fin de classement (86e) tandis que le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, n'y figure pas.

Un peu plus loin dans ce panorama plein de surprises, l'arrivée de certaines personnalités en étonne plus d'un. Parmi les 100 personnes les plus influentes du monde, on retrouve la candidate du Front national, Marine Le Pen (71e), forte des récents sondages qui la propulsent au second tour de la présidentielle prévue en 2012. Une «performance» qui lui assure une visibilité internationale et une relative reconnaissance de sa campagne politique.

Un rappeur Tunisien plus influent qu'Obama

A quelques personnalités de là, pour la première fois, un Tunisien entre dans ce classement si fermé et de réputation américanocentrique (tendance, consciente ou non, à valoriser la culture américaine).

Hamada Ben Amor, 21 ans, connu sous le surnom d'El Général, avait mis en ligne, fin décembre 2010, un titre intitulé «Raïs Lebled» (le chef du pays), qui visait directement l'ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, sur la misère sociale du pays, la violence du régime et le chômage des jeunes. Sa chanson a été par la suite reprise par les manifestants égyptiens de la place Tahrir.

Arrêté début janvier à Sfax, le rappeur, dont certains morceaux sont devenus des hymnes de la jeunesse tunisienne, avait finalement été libéré. Ses célèbres textes, ont alimenté la révolte et accéléré la chute du régime.

Le jeune homme, inconnu six mois auparavant si ce n'est par ses amis de son quartier, est aujourd'hui un rappeur tunisien devenu internationalement célèbre, dont l'influence a dépassé dans la même catégorie, celle du chanteur Sting, et dans d'autres, celles de Benjamin Netanyahu ou encore, de Barack Obama.

Lu sur Kapitalis, Tunis Tribune