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Tentative d'immolation à Sofitex /Dédougou : « L'acte posé par Banazaro est bien déplorable »

Samedi 13 avril, un occasionnel de la Société des fibres textiles du Burkina a tenté de s'immoler parce qu'il n'est pas déclaré à la Caisse nationale de sécurité sociale après 13 ans de service. Pour mieux éclairer l'opinion publique sur la situation, la direction des ressources humaines et des affaires administratives a rencontré lundi 15 avril 2013 la presse bobolaise.

"C'est le dossier Banazaro Abdoulaye, aide semencier ", a indiqué sur une chemise aux journalistes, Jean Adama Traoré, Directeur des ressources humaines et des affaires administratives de la SOFITEX. Puis le chargé des relations avec la presse, Gilbert Kaboré, expose l'objet de la rencontre qui est naturellement en rapport avec l'acte de tentative d'immolation qu'a voulu poser un occasionnel de l'entreprise.

Jean Adama Traoré reprend la parole et explique la structure des emplois à la Sofitex. Il existe donc dans cette entreprise des emplois permanents, des saisonniers et enfin des occasionnels. Chaque statut est lié à la durée de l'activité au cours d'une campagne. " Si l'emploi en question est permanent sur douze mois, l'employé porte le statut de ce poste. Nous avons des emplois à caractère saisonnier, industriel ou agricole. Les saisonniers industriels travaillent du démarrage des usines jusqu'à leur arrêt. En ce qui concerne les saisonniers agricoles, leur activité est liée à la durée des opérations se rapportant à la culture du coton ", explique le DRHAF. En dehors donc de ces emplois " à temps plein " et les saisonniers, il y a maintenant des emplois occasionnels, encore appelés " journaliers " ou " temporaires ". Les travailleurs relevant de ce dernier statut sont des employés à la tâche. Ils ne font pas partie des effectifs permanents, encore moins des saisonniers de l'entreprise. Par exemple, justifie-t-il : " Pour décharger un camion, l'effectif raisonnable est d'une douzaine de personnes. On leur fait appel et après le déchargement, l'entreprise rompt le contrat et ils doivent en principe quitter l'enceinte de l'usine ".

De l'occasionnel au saisonnier, une irrégularité

"Lorsqu'il arrive que vous soyez appelé à une tâche de saisonnier pendant que vous êtes occasionnel, c'est une situation irrégulière", indique Jean Adama Traoré, qui ajoute que la direction s'était donnée le temps de régulariser cette situation. A titre indicatif, des postes de saisonniers peuvent être vacants du fait des départs à la retraite, des décès ou de sanctions... de leurs occupants. " Alors une fois le poste libéré, nous faisons appel à un occasionnel qui est le plus proche possible de la tâche, c'est-à-dire qui a une connaissance de l'outil ", dit-il. Banazaro était dans cette situation et il le sait très bien. En mars 2012, un recensement a indiqué un effectif de 1124 travailleurs occupant un emploi précaire que l'entreprise a décidé de régulariser "Nous nous sommes donnés le temps de relever tous les cas de figure des personnes occupant les postes de "saisonniers" sans avoir été déclarés. Et Monsieur Banazaro fait partie des effectifs en instance de déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale", précise Jean Adama Traoré. Les concernés étaient bien informés de l'évolution de leur dossier puisque nous étions en train de voir dans quelle mesure nous pourrions régulariser ces personnes ".

A la question de savoir pourquoi l'on traîne avec le dossier, Jean Adama Traoré se justifie par les différentes crises financières qui ont " secoué " l'entreprise et ont posé la question du maintien ou de la fermeture de la Sofitex. " Il a fallu une restructuration financière pour que les choses soient ce qu'elles sont aujourd'hui ", a-t-il déclaré. Avant d'ajouter : " Si dans un tel contexte alors qu'il y a déjà 2878 saisonniers, je dois présenter à la hiérarchie 1124 nouvelles situations, cela demande beaucoup plus de disponibilités financières ", a indiqué M. Traoré.

700 millions de FCFA pour l'intégration des 1124 personnes

La régularisation de la situation de ces personnes devra mobiliser coûter à l'entreprise 400 millions de FCFA en plus de ce qu'elle paie à ces occasionnels-là en ce moement. Quant à l'acte posé par Banazaro la Sofitex, par la voix de son DRHAF l'a déploré. "Les occasionnels savent très bien que leur emploi est un emploi précaire. Nous ne savons pas si c'est du chantage ou autre chose ; mais nous pensons que la méthode est déplorable. En tout cas, c'est un acte à déconseiller ", explique le DRHAF. Au niveau de la direction centrale, on ne comprend pas ce comportement. "Nous saisissons l'occasion pour inviter tous les travailleurs à se départir de ce mode opératoire. Nous avons tellement de voies de recours qu'on ne doit pas se permettre certains actes de nature à troubler l'ordre public ".

Bassératou KINDO

L'Express du Faso

Le Faso

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