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Mali : le chef des forces ouest-africaines sur la défensive

«Nous avons un certain nombre d’insuffisances, reconnaît du bout des lèvres le chef de la Misma, mais nous faisons en sorte que notre capacité opérationnelle s’améliore».

Pierre Buyoya, le patron de la Misma, répond aux critiques sur les lacunes des troupes qui vont relayer les soldats français.

 

«Ce qui est essentiel, ce n’est pas de se mesurer aux troupes françaises.» Pierre Buyoya, représentant spécial de l’Union africaine et chef de la Misma (Mission internationale de soutien pour le Mali), peine à défendre ses hommes. Depuis plusieurs mois, les critiques sont nombreuses, qui pointent le sous-équipement, l’amateu­risme ou le manque de discipline des soldats ouest-africains. Dernière en date, la cinglante sortie de Michael Sheehan, un conseiller du secrétaire américain à la Défense, qui a tout simplement jugé la Misma «capable de rien».

Les forces françaises ont commencé cette semaine leur désengagement, et ce sont les troupes ouest-africaines qui doivent, aux côtés des Maliens, prendre progressivement le relais. D’où les nombreuses et cruciales interrogations sur leurs capacités réelles. «Nous avons décidé de venir au Mali avant même que les Français ne le décident, plaide Pierre Buyoya. Les événements ont fait qu’ils sont venus avant nous, avec plus de moyens, mais nous sommes arrivés dans la foulée et nous continuons notre montée en puissance.» Les troupes de la Misma comptent aujourd’hui 6300 soldats déployés dans tout le Mali, plus de 80 % de l’effectif total prévu. Jusqu’ici, l’essentiel de ces hommes était cantonné aux villes du sud du pays, où il s’agissait davantage de sécuriser des points stratégiques et des villes libérées que de combattre l’ennemi. Seuls les Nigériens et les Tchadiens participaient aux missions à risque.

Sécuriser les élections

Depuis quelques jours, les choses évoluent. «Les Tchadiens sont à Kidal depuis longtemps, rappelle Pierre Buyoya, mais aujourd’hui il y a aussi les contingents nigérien et sénégalais à Gao, et les soldats du Burkina Faso à Tombouctou.» Outre les personnels civils et militaires, des forces de police sont aussi censées être fournies par la Misma. Sur les quatre unités prévues, seule celle des Sénégalais est en place à Bamako.

«Nous avons un certain nombre d’insuffisances, reconnaît du bout des lèvres le chef de la Misma, mais nous faisons en sorte que notre capacité opérationnelle s’améliore. Nous travaillons dans les réalités qui sont les nôtres, affirme encore Pierre Buyoya, et personne ne peut douter de notre utilité au Mali.» De fait, les Maliens sont aussi nombreux à craindre la passation de pouvoir entre Français et soldats ouest-africains, qu’à être reconnaissants aux nations voisines de se mobiliser pour eux.

Si la Misma est une force principalement militaire, Pierre Buyoya rappelle qu’elle a aussi en charge le suivi du processus politique malien. «Nous allons continuer à soutenir le gouvernement dans sa démarche politique, assure Pierre Buyoya avec, en ligne de mire, la tenue des élections présidentielle et législatives du mois de juillet. «Il faudra des observateurs: nous serons là pour le faire. Il faudra sécuriser les élections: nous les sécuriserons. Il y aura aussi probablement, à un moment donné, des contentieux entre les acteurs maliens, ajoute enfin Pierre Buyoya, l’air de rien. Nous serons là pour faire la médiation.»

 

lefigaro.fr/2013/04/15/

 

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