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L’offre du pouvoir ne trouve pas écho

L'installation de la commission dite des «experts», qui se penche sur la révision de la Constitution, n'a pas emballé grand monde. Bien au contraire. Elle a suscité scepticisme et opposition d'une bonne partie des acteurs politiques et sociaux, y compris dans le camp bienveillant à l'égard du pouvoir. Signe d'une incertitude régnante.   Le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune exprime des doutes. Après avoir appelé à l'ajournement de la révision de la Loi fondamentale à l'après-présidentielle, le PT parle d'une «confusion» sur la mission de la commission des «experts». Le MSP, qui a fait un long chemin dans les travées du pouvoir en soutenant toutes ses options politiques et économiques avant de «se faire éjecter», appelle lui aussi à «différer» la modification de la Constitution à l'après-élection présidentielle afin «d'élargir le cercle de débat pour permettre un large consensus politique sur la question». La position du parti de Bouguerra Soltani est largement partagée par les autres formations de la mouvance islamiste. Pour El Islah, la commission installée par le chef de l'Etat est «folklorique  et, de ce fait, elle ne concerne pas le peuple algérien». D'autres, comme le FFS et le RCD, ne sont pas en reste. Tout en s'exprimant vaguement sur le sujet, les deux partis préfèrent se concentrer sur leurs propres initiatives. La classe politique désemparée Le FLN et le RND les deux formations du pouvoir en raison des crises chroniques dans lesquelles ils sont englués, sont devenus aphones. Ils ne savent pas à quel saint se «donner». Les remous qui les ébranlent ne sont-ils pas, au demeurant, l'une des manifestations de la crise dans laquelle s'enferre le pouvoir ? Sans doute. Ainsi, la classe politique, dans son ensemble pratiquement et malgré ses contradictions profondes, reste pour le moins circonspecte sur l'utilité d'une révision de la Constitution dont les motivations et les enjeux ne sont pas clairement assumés, encore moins débattus. Au sein de l'opinion publique, le sujet, c'est peu dire, ne capte pas l'attention. Un non-événement. Assommés par une avalanche de scandales de corruption qui minent le sommet de l'Etat, les Algériens accordent peu de crédit à une démarche à laquelle ils ne sont pas associés. Tout compte fait, le projet portant révision de la Loi fondamentale - la troisième sous l'ère Bouteflika - n'est portée ni par la classe politique ni par une opinion publique désabusée par un climat social peu rassurant et une situation politique des plus opaques et des plus incertaines. Cette distance observée par la classe politique vis-à-vis du projet du chef de l'Etat est doublée d'une opposition franche et de plus en plus large à un quatrième mandat présidentiel pour Bouteflika. Ce dernier, qui se barricade dans le silence, entretient le mystère quant à ses intentions du moment, alors que le pays s'enfonce dans une impasse politique globale. Climat délétère La corruption, devenue, au fil des ans, un composant essentiel de l'ADN du système au pouvoir, pollue dangereusement l'atmosphère nationale. Elle est un indice de la dégénérescence très avancée des institutions de l'Etat. L'agitation sociale qui monte en cadence montre dramatiquement que la mobilisation de faramineuses sommes d'argent pour «acheter» la paix sociale ne suffit pas à endiguer une précarité sociale structurelle et qui appelle des solutions autrement plus sérieuses que la distribution populiste de la rente. Des mouvements de grève dans différents secteurs de la Fonction publique, des mobilisations permanentes de contingents de chômeurs maintenus dans une situation d'exclusion sociale rythment la chronique nationale. En somme, en raison de sa nature autoritaire, le pouvoir en place ne peut offrir de solutions fiables aux multiples maux qui encerclent le pays. S'obstiner à ignorer le caractère politique de la crise nationale, c'est exposer le pays à des dangers encore plus dévastateurs.

El Watan

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