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Les quais de la gare du Nord, paris, septembre 2006 / REUTERS
Les quais de la gare du Nord, paris, septembre 2006 / REUTERS

La SNCF au centre d'un scandale raciste en gare du Nord?

Selon Sud-Rail, des employés noirs et maghrébins auraient été empêchés de travailler, lors de la visite du président israélien à Paris.

Des noirs et des arabes travaillant à la Gare du Nord ont-ils été priés de rester chez eux lors de la visite du président israélien à Paris, le 8 mars dernier? C’est  en tout cas ce qu’affirme le syndicat SUD-Rail, dans un communiqué publié sur son site, le 10 avril et que reprennent dans son intégralité les sites d’information LeMag et Saphir News.

Le communiqué de SUD-Rail met directement en cause la SNCF dont il dénonce «la discrimination et le racisme».

Mais que ce serait-il passé exactement? Le syndicat fournit de nombreux détails:

«Pour son arrivée en gare du Nord, la SNCF a commandé trois porteurs à sa filiale ITIREMIA, afin de s’occuper des bagages de la délégation israélienne. La veille, le responsable de site s’était lancé dans un étrange “marché” au sein du personnel, excluant les noirs et les arabes, car il ne fallait “pas de salariés musulmans pour accueillir le chef de l’Etat israélien”.»

Des indications que semble confirmer un responsable d’Itiremia, une filiale de la SNCF chargée des voyages collectifs, du transport des bagages et de la sécurisation des voies.

«Pour cette mission, les consignes ont été très claires: il ne fallait ni noirs ni arabes», fait savoir Zachée Lapée, représentant du personnel au Conseil d'administration de cette filiale de la SNCF, sur le site de l’hebdomadaire Le Point.

De son côté, la SNCF contactée par SlateAfrique «dément fortement ces allégations» et fait savoir qu’«une enquête interne est en cours» pour dénoncer les responsabilités dans le cas où il y aurait eu des discriminations dans le cadre de cette mission, lors de l’arrivée de Shimon Peres à Paris.

«La SNCF n’a reçu aucune demande des services de […] Shimon Peres ni du ministère français des Affaires  étrangères  relative aux personnels concourant à ce déplacement, et n’a, en aucun cas, émis de telles instructions auprès de son prestataire bagagiste, la société Itirémia», nous a répondu la direction de la communication de la SNCF.

Pourtant, affirme encore Le Point, «le management de la filiale de la SNCF a opéré dès le 6 mars un changement de planning, afin qu'aucun salarié musulman ne se retrouve au contact de la délégation israélienne en provenance de Bruxelles à 10h35 [le 8 mars].»

Difficile donc, avant la coclusion des enquêtes ouvertes de part et d’autre, de savoir ce qui s’est exactement passé et qui aurait ordonné quoi. Ce d’autant plus que, selon Le Point, l’ambassade d’Israël en Frane soutient n’avoir pas eu besoin de faire appel à une société de bagages, car ils ont été acheminés depuis Bruxelles par camion.

Lu sur SUD-Rail, Le Point, SaphirNews

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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