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Kordofan: Khartoum prêt à des discussions avec les rebelles, malgré l'attaque

Le Soudan s'est dit toujours prêt à des négociations avec les rebelles du Kordofan-Sud, malgré le bombardement meurtrier mené vendredi par les insurgés contre la capitale de cet Etat en proie à des combats depuis juin 2011.

Les rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) ont indiqué dimanche à l'AFP avoir mené ce bombardement sur Kadougli après avoir été "provoqués" par le gouvernement.

L'attaque s'est produite alors que le président soudanais Omar el-Béchir était au Soudan du Sud pour une visite de quelques heures, en signe d'apaisement entre les deux pays, qui se sont mutuellement accusés de soutenir les mouvements rebelles actifs dans les régions frontalières.

"Nous sommes prêts à parler" au SPLM-N, a indiqué Ibrahim Ghandour, à la tête de l'équipe de négociation du gouvernement soudanais, selon des propos rapportés par l'agence officielle Suna. "Nous attendons le moment de la négociation".

Il a précisé que le Soudan avait pris contact avec les médiateurs de l'Union africaine et "affirmé sa disponibilité totale pour le lancement d'un dialogue qui, nous l'espérons, mènera à la paix".

Le gouvernement a longtemps refusé toute discussion avec le SPLM-N qu'il combat depuis près de deux ans au Kordofan-Sud, ainsi que dans l'Etat du Nil-Bleu, également frontalier du Soudan du Sud.

Mais le 1er avril, le président Béchir a annoncé que son administration était prête au dialogue, "y compris avec ceux qui sont armés".

Il a aussi annoncé une amnistie pour tous les prisonniers, même si seulement 11 ont depuis été libérés, aucun n'appartenant au SPLM-N.

Les rebelles ont dit être prêts à discuter sur la base d'une résolution de l'ONU votée l'an passé, mais le gouvernement souhaite utiliser un autre cadre.

Le porte-parole des rebelles Arnu Ngutulu Lodi a contesté que le bombardement ait été mené de manière à coïncider avec la visite de M. Béchir à Juba, expliquant qu'il s'agissait de représailles après notamment des raids aériens menés par le régime contre quatre villages aux alentours de Kadougli la veille, qui avaient blessé une femme.

Trois civils ont été tués dans le bombardement rebelle de vendredi, selon le gouvernement. "Nous doutons que (les tués) soient des civils, car les militaires sont "dans chaque coin" de Kadougli, a déclaré M. Lodi.

Interrogé sur d'éventuels nouveaux bombardements, il a affirmé: "nous prévoyons maintenant d'attaquer Kadougli en elle-même", conseillant à la population de quitter la ville.

Le SPLM-N déclare lutter contre le régime arabe de M. Béchir afin de mettre en place un régime plus respectueux des diversités ethniques et des droits de l'Homme.

Après des mois de tensions qui ont failli dégénérer en conflit ouvert au printemps 2012, les deux Soudans ont conclu en mars à Addis Abeba un accord sur la mise en place d'une zone tampon à la frontière, dont Khartoum espère qu'elle permettra de couper le SPLM-N de ses soutiens sudistes.

Les Sudistes ont armé et entraîné les membres du SPLM-N pendant la guerre civile, mais Juba assure avoir rompu ses liens avec le mouvement lors de la sécession, ce que diplomates et experts jugent peu probable.

Bien que les relations avec Juba se normalisent, le ministère soudanais des Affaires étrangères a affirmé dimanche que d'"autres pays", qu'il n'a pas nommés, encourageaient les rebelles, posant une menace à la stabilité régionale.

AFP

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